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La Grille 2013

La grille 2011
La grille 2012
La grille Annecy 2013
La grille Cannes 2013

Barème :

0 : Rien à sauver
1 : Mauvais
2 : Passable
3 : Pas mal
4 : Bon
5 : Excellent
6 : « Chef-d’oeuvre »

Janvier

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

7 psychopathes

0 Du sous-Guy Ritchie qui démarre de façon space pour virer ensuite en portnawak absurde, le tout supervisé par un réalisateur largué qui se focalise sur des cinglés qui brassent du vide pendant 1h50. Quant au scénario, on cherche encore les preuves de son existence.

0 Encore un « documentaire sur son tournage » : une interminable recherche de quelque chose à raconter.

3 En intégrant l’écriture du script au sein même du long-métrage, McDonagh met en avant tout ce que ce processus a de foutraque. Cela dit, son film le devient également.

Alceste à bicyclette

1 Deux acteurs qui s’entraînent à interpréter Le Misanthrope tout en se chamaillant à propos de motifs sans intérêt : pas de doute, c’est bien un film bobo. On a beau adorer le texte de Molière et le cynisme de Luchini, c’est quand même difficile de ne pas se tourner les pouces.

Amitiés sincères

1 L’amitié comme seul sujet, deux réalisateurs aux commandes, des acteurs populaires pour faire péter une affiche : non, ce n’est pas Intouchables, mais on jurerait que la seule raison d’être de ce film se résumait à tenter de reproduire un succès similaire… et de finir en plat de résistance pour le prime-time de TF1.

Aujourd’hui

4 Histoire d’un homme qui sait que, ce soir, il va mourir. A partir d’une légende ancestrale, Alain Gomis livre une balade existentielle fascinante autant qu’un très beau voyage sensoriel…
>>> Lire la critique au retour de la Berlinale

Blancanieves

3 On pouvait se demander si le syndrome The Artist était à l’origine d’un tel projet, mais peu importe : outre de beaux plans qui ne sidèrent pas pour autant, la semi-réussite du projet ne tient ici qu’à une magnifique bande-son qui tend à supplanter la mise en scène et le montage pour susciter la moindre émotion. Léché, mais terne.

3 On pourrait être long sur les qualités formelles de l’objet, parmi les plus léchés qu’on ait vus en plusieurs mois, mais on fera court sur ce par quoi il pèche : un manque de relief (c’est pourtant bien essayé), un manque d’émotion réellement saisissante autrement que par des artifices.

Cookie

1 Le sujet était idéal pour un épisode moyen de Joséphine Ange Gardien, et allez savoir pourquoi, ils ont sorti ça au cinéma… Rien de honteux là-dedans, mais il n’y a juste rien à dire.

Dans la brume

2 Des plans-séquences très maîtrisés dans des paysages forestiers et rugueux : on pourrait croire que Tarkovski aurait trouvé son fils spirituel, mais non. Malgré une grande maîtrise du cadre, le réalisateur du très inégal My joy étire son récit jusqu’à l’ennui absolu et rend son propos nihiliste aussi flou que le titre ne le laissait craindre.

1 Et un représentant de plus d’un certain cinéma d’auteur qui se complaît dans le glauque jusqu’à la nausée ! La vague réflexion sur le trouble dans lequel la guerre plonge l’Homme ne s’incarne jamais avec la puissance qu’on serait en droit d’attendre.
>>> Lire la critique express

The day

1 De la part de l’ancien chef opérateur de Robert Rodriguez (et coupable d’Highlander Endgame), on n’attendait rien de ce film. On ne se trompait pas : l’univers post-apo est pompé sur La route, le scénario rappelle celui du récent Hell, aucune idée nouvelle n’aide à contrebalancer le manque de moyens, et la mise en scène est banale. Dispensable.

4 Aarniokoski et son scénariste se permettent une mise à jour du genre abordé en se jouant volontiers de nos attentes, tant visuellement qu’au gré de l’évolution de ses archétypes. Que The day n’ait pas été distribué en salles est une honte, tout simplement.

Deep water

0 Producteur émérite, Brian Yuzna n’a toutefois jamais été un grand réalisateur. Avec ce DTV tourné sans personne derrière la caméra, il ne risque pas de remonter dans notre estime : casting aux fraises, personnages caricaturaux, trucages pourris, scénario sans intérêt et pas un seul frisson au menu. Pas mieux qu’une production Asylum.

Le dernier rempart

3 Deux nouvelles au programme. La mauvaise, c’est que Schwarzie a pris un vilain coup de vieux. La (très) bonne, c’est que même aux commandes d’un énième revival du cinoche bourrin des 80’s entre western moderne et pur actionner, Kim Jee-woon déballe une mise en scène immersive qui fait mouche et offre même quelques bonnes idées. Plutôt cool.

2 Le côté profondément rétrograde fait beaucoup de mal (de sacrées longueurs dues à la mise en place bateau de l’intrigue) mais aussi un peu de bien. La dernière demi-heure, décomplexée et pleinement ironique, est jouissive !

3 Si les nombreuses justifications de cette résurrection des codes westerniens plombent le récit, leur accomplissement est un pur bonheur à suivre.
>>> Lire la critique

Django Unchained

6 Mais jusqu’où s’arrêtera-t-il ? Libre et audacieux à l’image de son héros vengeur et quasi mythologique, Tarantino réinvestit l’Histoire pour organiser à nouveau la revanche des opprimés, bouscule les genres et les attentes, torpille l’esclavagisme avec une violence inouïe, sublime sa mise en scène, révèle une dimension humaine inédite chez lui, et cloue le bec à tous ses détracteurs. Pigé ?
>>> Lire la critique

4 Quelques scories demeurent pour agacer quiconque n’adhère pas vraiment au cinéma du bonhomme. Mais on ne va quand même pas cracher sur ce panache, ce sens de la gestion de l’émotion (y compris le rire et le malaise terrible) et, parfois, cette ampleur qui fait du film un vrai équivalent des spectacles d’antan.

5 Inglourious Basterds parlait du racisme, Django Unchained dissèque lui le rapport à la soumission. Mais la forme épurée et dérangeante mute pour donner lieu à un magistral western suintant le meilleur du cinéma.

4 Tout ce qui m’emmerdait royalement dans Inglourious Basterds ne se fait « que » joliment captivant dans le premier tiers. Avant de s’élever au stade du jouissif dans la foulée.

Foxfire, confessions d’un gang de filles

2 Au lieu d’être un film animé de rage, Foxfire est juste un film rageant : comment se fait-il qu’avec un sujet pareil et un casting féminin absolument grandiose (Raven Adamson, retenez bien ce nom !), Laurent Cantet ne livre qu’un film aussi banal, filmé sans génie et à la narration gavée de passages obligés ? Assez moyen, et plus frustrant qu’autre chose…
>>> Lire la critique express

2 Prétendant adopter la même posture quasi-documentaire que pour Entre les Murs, Cantet se fourvoie dans des schémas narratifs bateaux. Reste que sa bande d’actrices débutantes crève l’écran et donne au groupe une dynamique assez prenante…
>>> Lire l’entretien avec Laurent Cantet

3 Cantet joue toujours les théroriciens brillants en réfléchissant sur les notions d’indivu et de groupe. On l’a connu plus inspiré quand même.

Le grand retournement

0 La crise des subprimes massacrée en alexandrins par des acteurs qui surjouent comme s’ils étaient au théâtre : comme toute notion de cinéma est ici inexistante, on s’interroge sur la présence de ce non-film dans une salle obscure. En plus, avec une mise en scène sous pilotage automatique et des procédés scéniques d’une pauvreté inouïe, ces 80 minutes ressemblent à un calvaire.

Happiness therapy

4 Comme chaque année, la comédie-rigolote-dramatique-indépendante-américaine-qui-va-aller-aux-Oscars se fixe sur des Américains moyens en pleine crise existentielle. Mais le cinéaste de Fighter sait transcender un sujet basique, combiner folie et émotion pure, et diriger ses acteurs comme personne (Jennifer Lawrence ne mérite que des éloges).

2 Ça ne fonctionne finalement que quand ça arrête de jouer les originaux pour revenir aux bases de la rom com convenue. Bof quoi.

4 O’Russell ressert le propos de Fighter sur la quête de soi et la difficulté de se (re)construire. Rien de bien folichon donc si ce n’est qu’il sait toujours parfaitement doser les composantes de son fort plaisant spectacle.

1 Tout le paradoxe du film réside dans son incapacité à rendre intéressants des sujets et des personnages qui, fondamentalement, le sont. Quelque chose me dit que l’hystérie ambiante n’y est pas étrangère…

The hike

1 A force de repérer trop de ressemblances avec Eden Lake et The descent, le manque total d’originalité (et de point de vue) constitue un sacré frein pour que ce petit survival anglais soit un tant soit peu intéressant à regarder. D’autant qu’une progression assez sidérante dans la sauvagerie dérape plus d’une fois vers la gratuité.

Une histoire d’amour

3 Une seconde vision est nécessaire pour mieux cerner la spécificité de ce premier film, où Hélène Fillières évoque l’affaire Stern sous un angle purement sensitif. Sa réalisation, stylisée à tous les niveaux, reflète une certaine idée du vertige de cette relation amour/haine en même temps qu’elle contribue à laisser le mystère s’infuser.

L’homme aux poings de fer

2 D’un côté, on imagine que RZA a supplié Tarantino de lui apporter une valise de brousoufs pour donner vie à son grand caprice de gosse. Et d’un autre côté, à force de le voir abuser de la coolitude au sein d’un gros portnawak qui enchaîne les références à la vitesse d’un TGV, on peut se taper une petite mise en bouche avant Django Unchained.
>>> Lire la critique express

Intersections

1 Du thriller désertique qui mixe Sueurs avec Le Vol du Phoenix, le tout gavé de twists improbables et torché par le scénariste de Die Hard 4. Comme d’habitude, EuropaCorp carbure aux analogies plus ou moins assumées et laisse donc l’originalité crever d’une insolation fatale.

L’ivresse de l’argent

4 Moins quelconque que The housemaid, le nouveau Im Sang-soo laisse vite de côté son discours lambda sur l’avidité pour créer un pur jeu de manipulation, à la fois sarcastique et sexy, au cœur d’un univers glacé, pour ne pas dire glaçant. La mise en scène s’avère même si épatante qu’elle évapore toute crainte de n’y voir qu’un exercice de style.
>>> Lire la critique express

2 Les apparences étaient donc vraies : voilà un film qui ne joue que sur les apparences, précisément, sans fournir de fond à la hauteur de son joli emballage ultra-maîtrisé. Certes Im a élaboré un cinéma qui lui est propre, mais il s’agirait d’avancer maintenant…

4 « L’argent c’est pourri, voyez ». Comme quoi, qu’importe la nullité du message quand l’histoire est prenante et la réalisation magnifique.

Lincoln

1 Sur l’une des pages les plus fondamentales de l’Histoire américaine, Spielberg bâtit un film ampoulé, académique, interminable et atrocement bavard. A tel point qu’hormis la prestation d’un Daniel Day-Lewis criant de ressemblance, on se croirait bloqué dans des salons mal éclairés en compagnie de quelques vieillards qui causent politique en fumant leur pipe. Un comble !

4 Ceci n’est pas un biopic, pas plus qu’une épopée guerrière. Mieux vaut avoir cela en tête pour ne pas s’étonner de voir Spielberg orchestrer ce qui est avant tout une immense joute oratoire, parfois d’une belle puissance, qui multiplie les seconds rôles pour montrer autant un système entier que l’un de ceux qui l’a le mieux porté.

4 Ford a filmé Lincoln allant vers sa destinée. Spielberg en filme l’accomplissement au gré d’un savant décryptage des jeux de la politique.
>>> Lire la critique

Machine Gun

2 En lieu et place du film d’action bourrin annoncé par la jaquette (mensongère), Marc Forster tente en réalité un drame humaniste où un yakayo musclé tente de venir en aide aux jeunes enfants du Soudan. Le résultat est schizo : de bonnes intentions parasitées par un ton parfois pompeux, et un traitement mal servi par une mise en scène sans relief.

Malcolm

0 Admirer les exactions d’un petit con d’intello qui s’amuse à pomper sans vergogne C’est arrivé près de chez vous et qui ose nous dire en plus “Ayez du respect pour le cinéma” est un outrage que l’on n’aurait jamais pensé subir. Méprisable, ni plus ni moins.

Maniac

5 C’est si hardcore qu’on peine à croire que l’expérience proposée (suivre l’errance d’un psycho-killer en caméra subjective) puisse faire l’unanimité. Il n’empêche que ce procédé à la De Palma décuple l’horreur des situations, annihile toute distanciation et perturbe lourdement nos sens, offrant ainsi à ce remake redouté l’occasion de surpasser le film culte de William Lustig. Terrible.
>>> Lire la critique

3 L’utilisation de la vue subjective est pertinente et offre de très belles idées à ce remake. Mais le défi n’est pas complètement relevé et le découpage revient trop souvent à une forme « traditionnelle ».

Mariage à Mendoza

1 Des frères qui tentent de retrouver le goût à la vie lors d’une aventure en pays exotique : on n’avait pas vu ça depuis Pas si grave de Bernard Rapp. Hélas, la narration sous Prozac, la pauvreté des enjeux et l’effarante laideur du cadre laissent croire à un film atone, branché sur respirateur artificiel.

The Master

1 Que raconte réellement The Master ? On se le demande encore, tant la multiplicité des pistes narratives abordées les fait s’annuler une par une, tout au long de scènes vides et ennuyeuses. De son côté, PTA a beau maîtriser sa réalisation, il s’est à nouveau trop fixé sur sa photo (chiadée pour rien) et sur ses acteurs (Joaquin Phoenix en fait des tonnes). Une belle coquille vide.

5 Le film est si rétif à une approche ou à une autre, si peu réductible à une trajectoire linéaire qu’on sort sonné. Et pourtant, sur le moment, c’est d’une limpidité incroyable qui tient à une forme souveraine. Voilà déjà, pour 2013, une œuvre complexe et fascinante comme on les aime. On en reparlera assurément en fin d’année!

4 La PTA Airlines s’est désormais équipée de pilotage automatique. C’est devenu mortellement trop tranquille mais ça a le mérite d’être toujours très confortable.

Max

1 Pas facile de faire un film simple : à force de vouloir rester à la lisière des choses, le scénario de Max vire au simplisme pour s’achever sur une fin artificielle qui le rend définitivement simplet. Vu que le film réussit à diffuser (un peu malgré lui) des émotions sincères, c’est dommage.

Le monde de Charlie

4 Fans de John Hughes, réjouissez-vous : voici l’un des films les plus justes qu’on ait vus sur l’adolescence depuis longtemps ! Sensible et mélancolique, jamais lourd et dénué du moindre cliché, ce Monde de Charlie ne peut qu’inciter ceux qui le visionnent à ne plus vouloir le quitter. Et ce n’est pas là sa seule qualité…

3 Un teen-movie typique des années 2000, misant tout sur une galerie de personnages que l’on commence un peu à connaître par coeur, et manquant de substance tout en surlignant sans arrêt la mélancolie qui l’imprègne.

Paradis : Amour

0 Ulrich Seidl ne sait donc rien faire d’autre que forcer le trait dans sa peinture dégueulasse de l’humanité : ici, en s’inscrivant dans l’univers du tourisme sexuel, sa misanthropie torpille les limites du tolérable à force de tirer vers le racisme, le racolage et la stigmatisation. Le genre de navet qui ne mérite rien d’autre que le mépris.
>>> Lire la critique express

Pas très normales activités

3 Comme tourner une vidéo YouTube constitue un très bon plan marketing, Barthélémy s’en est allé tourner la sienne avec Norman dans un coin de la Creuse, sans scénario ni enjeux artistiques. Et si on s’interroge sur l’utilité de sortir ça au cinéma, force est de constater que cette persistance à meubler du néant par une énergie verbale assez démente aboutit à quelque chose de… pas très normal, en effet…
>>> Lire la critique express

Un prince (presque) charmant

2 Au bout d’une demi-heure, vu que Renault a participé au financement du film, on croit être en face de la pub la plus chère jamais faite pour les voitures électriques. Faut-il en déduire que Luc Besson manquait d’idées et de moyens pour torcher un scénario aussi basique ? Dommage, parce que cette comédie romantique ne manque jamais de charme. Et puis, il y a Vahinaaaaa…

Renoir

2 Sur la forme, c’est aussi sublime qu’une toile aux multiples variations de couleur. Sur le fond, c’est aussi plat et ennuyeux qu’un long téléfilm de luxe sans audace. Mêmes qualités et mêmes reproches que pour le Van Gogh de Pialat.

2 Le visuel, entre hommages (au Renoir de fin de vie, aux autochromes Lumière) et création de ses propres tableaux, séduit largement. Mais le fond ne suit pas : on aurait voulu une histoire de filiation artistique, on n’a qu’une romance contrariée, une de plus…
>>> Lire le dossier Lumière 2012

Sang plomb

0 L’idée de départ était amusante, mais avec les plus mauvais acteurs du système solaire et trois centimes de budget pour crédibiliser un futur où l’essence coûte trop cher, le résultat est juste irregardable. Mieux vaut se rabattre sur une production Troma : ils ont beau être tout aussi fauchés, ils ont surtout dix fois plus d’idées !

La stratégie de la poussette

1 L’excellent pré-générique et une scénographie pas mauvaise prouvent bien qu’il y a un réalisateur derrière la caméra. Cela dit, avec un scénario moins convenu et une compilation moins forte des clichés les plus éculés de la comédie-bébé, nul doute que le film aurait pu être très bon.

Universal Soldier : Le jour du jugement

5 Comment transcender une franchise d’action moribonde ? La réponse de John Hyams fait figure de traitement de choc : une série B cérébrale et nihiliste dont la mise en scène, à la fois maîtrisée et expérimentale, étoffe une quête identitaire aux allures de marche funèbre, le tout sous un amas de violence extrême et de références digérées avec brio. On n’en attendait rien, on avait tort.
>>> Lire la critique

3 Grâce à sa mise en scène irréprochable de l’action, John Hyams parvient à faire oublier les multiples longueurs d’un récit auquel il est bien difficile d’accorder le moindre intérêt.

Un week-end en famille

1 C’est à la fois une caricature du drame familial intimiste (répliques édifiantes, antagonismes sursignifiés, révélations prévisibles) et du film d’auteur dont la froideur appuyée résonne comme l’aveu par le réalisateur d’une absence de regard sur ce qu’il filme.
>>> Lire la critique au retour de la Berlinale

Zero Dark Thirty

5 Impressionnant à tous les niveaux, ce film prolonge l’approche réflexive et immersive du cinéma de Kathryn Bigelow : une traque qui vire à l’obsession, et une mise en scène physique et complexe qui, scène après scène, utilise l’action et le montage comme révélateurs de la psyché d’une nation vengeresse à double visage.
>>> Lire la critique

3 La facture est indéniablement bonne, mais entre deux moments réellement tendus, ça vous laisse plutôt indifférent. Il s’agirait d’étoffer le récit factuel de davantage de résonnance (intéressant mais insuffisant personnage de Chastain), de prendre davantage de risques…

4 Bigelow est un peu écrasée par son opulente documentation mais fait constamment valoir son regard de cinéaste pour livrer un film somme sur la lutte contre le terrorisme et surtout ses répercussions.

4 Quand Kathryn Bigelow montre ses couilles, elle ne le fait jamais à moitié. Et elle impressionne d’autant plus qu’elle parviendrait presque à rendre excitante la totalité d’une oeuvre dont le seul sujet suffirait à me faire fuir une salle de cinéma.
Presque.

Février

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

Antiviral

1 Tout comme le héros de son premier film s’injecte des virus contractés par des stars, le fiston Cronenberg a tenté de s’injecter les chromosomes de papa afin de se forger une identité de cinéaste. Mais voilà, la greffe ne prend jamais, le ridicule s’installe et, plus grave encore, l’influence du père rend le film franchement pénible à regarder.
>>> Lire la critique express

Arrêtez-moi

0 Le déroulé du face-à-face est invraisemblable, les actrices sont nulles, la caméra subjective ne sert à rien, les dialogues sont à se cogner contre les murs (« Sainte-Marie, faites que je sois reconnue coupable parce que j’étais victime !« ) et le scénario force la caricature misérabiliste jusqu’à l’absurde. On aurait dû être choqué, on est juste mort de rire pendant 1h39 !

Bestiaire

3 On s’étonnerait presque que ce drôle d’objet filmique ait trouvé un distributeur ! Ce livre d’images d’animaux, dénué de tout autre but que celui de nous mettre face à ces bêtes comme face à d’étranges divinités (voir l’idée hindoue du darshan), parvient sans mal à fasciner.
>>> Lire la critique au retour de la Berlinale 2012

Les chevaux de Dieu

4 Nabil Ayouch offre au cinéma marocain une fresque d’une ampleur qu’il n’avait encore jamais connue. Le sujet n’est pas surprenant en soi mais le traitement dramaturgique et visuel est opulent et offre un drame familial beau et haletant.
>>> Lire la critique

Die Hard 5

5 A la réflexion, le traitement de John Moore sur la saga initiée par McTiernan fait figure de rupture radicale : le film d’action old school passe le flambeau à une série B couillue, sale et énervée, emballée dans un visuel crépusculaire, où John McClane s’incarne en figure d’expendable larguée entre lassitude décontractée et je-m’en-foutisme dégénéré. Un cocktail forcément polémique.

1 John Moore arriverait presque à te faire croire que Len Wiseman est un bon.
>>> Lire la critique

Dredd

4 Bien plus abouti que le précédent film avec Stallone, ce nouveau Dredd surprend à plus d’un titre : au-delà de l’actionner luxueux et blindé de qualités (casting impeccable, réalisation fluide, ultraviolence fun…), son scénario minimise la teneur subversive du comics original au profit d’un huis clos brutal à la sauce The Raid. On approuve.

4 Dredd sacrifie tout l’aspect fantasque du comic, évitant ainsi les soucis d’adaptation de son prédécesseur. Il en perd aussi son originalité malgré le côté appliqué et réjouissant de ce spectacle bourrin.

3 Derrière sa forme un peu ampoulée se cachent d’honnêtes intentions ayant à cœur de sublimer la simplicité de son récit, à défaut pour celui-ci de se montrer plus ambitieux que le tout-venant. C’est là la principale qualité, mais aussi la limite, de ce Dredd sympathique-mais-c’est-tout.

Du plomb dans la tête

3 Zéro surprise sur toute la ligne, mais une intrigue carrée qui va à l’essentiel, menée façon bulldozer par un Stallone monolithique qui assure en tueur badass, le tout blindé de scènes d’action qui font (très) mal et emballé avec soin par la réalisation sèche de Walter Hill.

3 Des scènes d’action lisibles n’auraient pas fait de mal à ce qui demeure un réjouissant spectacle viril, bourrin et joliment barjo sur les bords.
>>> Lire la critique express

Elefante Blanco

3 A contrario des précédents films de Trapero, il manque à Elefante Blanco une réelle ambiguïté et une faculté d’immersion plus affirmée afin de ressembler à autre chose qu’un thriller social sans audace. Difficile d’accrocher pleinement au sujet, malgré un irréprochable trio d’acteurs et quelques jolis plans-séquences.

4 Trapero n’investit pas seulement un environnement social complexe où s’affrontent les représentants de grandes institutions (criminelle, religieuse, policière). Il en restituent les dynamiques et en soulève les problématiques sans fausse pudeur, osant la stylisation et atteignant ainsi un vrai souffle, s’éloignant des clichés auteurisants.

La fille de nulle part

3 Brisseau se met en scène en tant que vieil ermite dont la cohabitation avec une jeune blonde devient le signe d’un retour à la vie. Un home movie très inégal mais stimulant, non dénué d’humour et doté d’une vraie fibre testamentaire, où l’on sent le cinéaste désireux de faire le bilan de son œuvre.

Flight

3 Tandis que Denzel trouve le rôle le plus riche de sa carrière, Zemeckis déroule le récit de personnages désaxés, pris au piège d’une société procédurière qui en fait ses pigeons. Hélas, après une première heure assez géniale qui émeut autant qu’elle impressionne, le reste s’enlise dans le pathos et s’achève dans le puritanisme.

4 L’emphase de certains effets, qu’elle amène une « coolitude » ou de l’émotion pure, est toujours là pour épouser la trajectoire émotionnelle du personnage. Qu’on soit un badass fini ou un homme de principes, mieux vaut se connaître que de céder à des impératifs qui nous dépassent et nous écrasent…

3 Zemeckis s’est rarement montré aussi poussif. Entre l’époustouflant crash et le poignant témoignage final, son questionnement sur le choix et le destin n’entraîne guère de remous, à quelques exceptions près.

4 Attention, hurlement au prosélytisme religieux dans 3, 2, 1…

The forest

0 On espérait un survival en pleine forêt, on a surtout droit à 1h34 de disputes conjugales dont on se fiche royalement. Si l’on ajoute à cela que c’est très mal joué et très mal fichu, on peut presque croire qu’Uwe Boll a réalisé le film en sous-marin.

0 What has been seen can not be unseen.

Gambit, arnaque à l’anglaise

1 Vieillot dans son sujet, vieillot dans son rythme, vieillot dans son humour… Pour faire simple, c’est le genre de film de vieux fait par un vieux qui considère une salve de gros mots comme le summum de la transgression. Pire encore : Cameron Diaz semble avoir déjà atteint la soixantaine !

Gangster squad

4 Exactement tout ce que Des hommes sans loi devrait être : un polar badass à l’ancienne qui assume avec joie sa dimension parodique, qui ose le second degré comme la surstylisation du cadre, qui enfile les trognes à la Dick Tracy comme des perles, et qui offre sa dose de fusillades ultra-fun. En l’état, c’est juste jouissif.

2 Fleischer est plus inspiré lorsqu’il s’amuse avec les codes du genre que lorsqu’il tente de les assumer. Rien de motivant donc dans ce Public Enemies version light.

Hitchcock

4 Sacha Gervasi ne fait pas que retracer le processus de création de Psychose, il tente de révéler Hitchcock comme homme-orchestre sarcastique et manipulateur, si attaché au contrôle de son œuvre qu’il en arrive à s’égarer entre réalité et fantasmes. Un double pari casse-gueule, mais relevé avec un sacré brio.
>>> Lire la critique

3 Gervasi rate tout ce que Spielberg réussissait avec Lincoln mais ça reste un agréable making-of de luxe.

3 C’est à la fois insupportablement didactique (jusqu’à la mise en scène d’anecdotes connues de tous) et pénible dans ses rares tentatives de point de vue. Heureusement, cette manie de vouloir parler de cinéma sans faire de cinéma trouve dans son casting un réjouissant point d’ancrage pour le spectateur frustré.

Hôtel Transylvanie

3 Vu que l’intrigue n’a pas le moindre intérêt, on se concentre sur une accumulation non-stop d’idées visuelles et de gags parfois très drôles, le tout avec un découpage dynamique qui donne au film l’allure d’une sitcom foutraque. Parfait pour le pilote d’une série télévisée, mais sur un écran de cinéma, on en reste au stade du divertissement sympa.

3 Dans une main, il y a un script inintéressant avec des gags pipi-caca absolument misérables. Dans l’autre main, il y a une réalisation de pur malade mental accumulant cinquante idées à la seconde.

3 Etant donné tous les éloges lus et entendus à propos de Tartakovsky, je vais m’arrêter au statut de commande de ce Shrek-like, certes autrement moins opportuniste et plus inventif que la saga de l’ogre-qui-pète-dans-la-boue, et partir découvrir ses séries.

Iron sky

3 Il est clair qu’au vu d’un budget aussi limité, la qualité de la production design et des effets spéciaux a de quoi surprendre. Après, le résultat a beau faire le grand écart entre le premier degré et le délire assumé, il n’en reste pas moins blindé d’idées marrantes qui font leur effet. On aurait juste aimé que ce soit plus subversif.

1 Entre un sérieux qu’atteste la qualité étonnante des effets spéciaux (au vu de la petitesse du budget réuni en partie via un financement participatif) et l’ironie voire le délire, le film ne tranche jamais et se contente d’alterner lourdement.

2 Il manque avant tout un point de vue de mise en scène à ce portnawak qui se rêve délirant quand il n’a finalement qu’un gros balai dans le cul. Demeurent des effets spéciaux d’autant plus somptueux que le film a coûté deux fois moins que Boule & Bill. #LeSaviezTu

La maison au bout de la rue

1 Quand elle ne tourne pas dans des films à Oscars ou des franchises à succès, Jennifer Lawrence est comme toutes les grandes actrices : elle fait parfois des choix absurdes. Comme celui de tourner dans un petit thriller horrifique sans suspense ni horreur ni intérêt.

1 La sublime Jennifer Lawrence est bien la seule composante du film que l’on a pas l’impression d’avoir déjà vue en mieux 356 fois ailleurs.

Les Misérables

1 Précision importante : ce n’est pas le roman de Victor Hugo qui est ici adapté, mais la version musicale de Broadway. Donc, pour résumer, ça chante, ça danse, ça gueule, ça chiale, ça gesticule comme au théâtre, et surtout, les acteurs en font tous des kilotonnes. Les fans de Luc Plamondon vont mouiller leur caleçon. Les autres…

1 Tourner un film intégralement en gros plans : Pitof en rêvait, Tom Hooper l’a fait.
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Möbius

4 Il aura fallu vingt ans pour que l’échec injuste des Patriotes soit vengé, et qu’Eric Rochant revienne au thriller d’espionnage avec une virtuosité narrative et technique qui ridiculise à peu près toute la production française, le tout épaulé par un duo d’acteurs irréprochable. Reste que le spectre de la redite se fait sentir au détour de quelques scènes.
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1 On voit à quel point Rochant cherche à livrer une œuvre incarnée, mais c’est simplement raté. Chaque tentative d’enflammer l’écran est si ostentatoire que le tout n’en a que l’air plus glacé et poseur.

4 Une intrigue simple mais brillament menée, des personnages attachants, de la mise en scène… Eric Rochant, un réalisateur français qui sait faire plaisir.

Motorway

2 Produit par Johnnie To, ce Fast & Furious à la sauce chinoise ne vaut que pour une série de poursuites filmées au cordeau. Le reste n’est pas folichon, entre une esthétique dark plutôt inadaptée et un scénario lambda qui manque de consistance. On attendait beaucoup mieux de la part du réalisateur de Dog bite dog.

1 Soi Cheang n’est pas un manche avec sa caméra mais elle ne peut guère contrebalancer un scénario d’une affligeante banalité.

3 Si la première partie copie fadement le film de Corneau, la seconde devient plus tordue et permet à Brian de Palma de retrouver une partie de la maestria qui parcourait ses meilleurs films. Reste que si la satisfaction l’emporte grâce au jeu des deux actrices et à une mise en scène virtuose, on s’attriste de voir un tel cinéaste tourner en rond et se livrer à l’auto-citation.
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2 S’il atteint sur la fin un semblant de vertige baroque lié à une bonne gestion du temps et du montage d’images surchargées d’éléments, le film propose un peu trop souvent des soubresauts ridicules en guise de narration ou une caméra penchée et des ombres de stores partout en guise de mise en scène. C’est un peu triste…

2 Du film mineur d’Alain Corneau, Brian De Palma fait… un film mineur. Oh ben alors ça je ne m’y attendais pas !

Le quatrième pouvoir

3 Gansel réussit une mise en tension qui fonctionne sans trop de soucis, mais rate toute la partition dramatique, assez bancale et convenue. Du thriller politique nerveux et plutôt bien ficelé, mais qui ne va jamais au-delà de la pure illustration de son récit, malgré des pistes narratives très intéressantes.

Shadow dancer

2 Que le scénario sente un peu le déjà-vu se révèle moins gênant que la timidité avec laquelle James Marsh le met en scène : à cause de plans fixes qui ne dégagent qu’une froideur sans affect et d’acteurs (pourtant très doués) qui se contiennent avec une insistance agaçante, aucune tension ne parvient à s’installer et toute émotion est alors verrouillée.

4 Le télescopage qu’offre James Marsh entre thriller politique et drame intimiste est d’une rigueur et d’une efficacité admirables. Il justifie toute l’échelle de plans et décuple les enjeux de l’itinéraire du personnage servi par l’impeccable Andrea Riseborough.
>>> Lire la critique au retour de la Berlinale 2012

4 Marsh a beau utiliser le mutisme à l’excès, il n’en fait que plus ressortir le brio d’une mise en scène rachetant sans mal un script déjà vu.

Sublimes créatures

3 Anti-Twilight totalement inattendu, cette histoire fantastique déploie un charme cul-cul qui fait vraiment effet, grâce à des personnages attachants, un scénario très correct, quelques idées de mise en scène et une émotion tout sauf artificielle. Et comme, en plus, le puritanisme s’en prend ici plein la gueule… Plaisant.

2 Des longueurs et de véritables pétages de plomb graphiques parsèment le film mais la romance ressemble un tantinet à quelque chose. Mouais enfin, le premier Twilight aussi paraissait potable.

Syngué Sabour – Pierre de patience

3 Le travail d’adaptation du roman est parfois trahi par un texte un peu pompier, mais cette histoire d’émancipation féminine, qui lève le voile des carcans religieux sur un monde de chair et de désir, s’impose comme une œuvre sensible et sensuelle.
>>> Lire l’entretien avec Atiq Rahimi et Jean-Claude Carrière
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Turf

2 On craignait une énième daube à la française, et par chance, on récolte une petite comédie ni géniale ni honteuse, sans aucune prétention, basée sur des ressorts prévisibles et un quatuor d’acteurs sympas. Au moins, Onteniente trouve un bel équilibre entre comédie sociale et cinéma populaire.

Vive la France

2 Le bon point, c’est que Youn continue de progresser sur le scénario : les situations sont bien trouvées et inscrites dans un récit cohérent qui fait preuve d’une vraie fluidité. Le mauvais point, c’est qu’on n’y retrouve jamais l’hilarité et l’inventivité visuelle de Fatal. Tout ça reste un peu trop sage…

2 Le personnage de Fatal était consistant en à peine cinq minutes. Le duo de Vive la France, lui, n’existe et n’évolue jamais, aussi bien à cause de sa constante soumission que d’une écriture un brin poussive. Au moins n’est-on pas là à noter les constants emprunts à la comédie US qui plombaient son premier long, Michaël Youn les ayant clairement mieux digérées (à un Borat ou un Superbad près). Le troisième essai sera le bon.

La vraie vie des profs

0 Des gosses très cons font le pari très con de révéler les secrets de leurs profs très cons. C’est si mal fichu sur la forme et si irresponsable sur le fond que le visionnage de cette daube ne vaut pas mieux que deux heures de colle. Une perte de temps que l’on doit pourtant aux réalisateurs de Lascars !

Wadjda

3 Il est réjouissant de voir que le tout premier film saoudien est un hymne à la liberté livré par une femme. Cela ne doit pas nous aveugler pour autant quant aux qualités de l’objet en soi, honorables mais tout de même limitées ; celles d’une jolie petite fable et pas d’un grand film social.

Zaytoun

1 Le réalisateur des Citronniers, cette fois-ci, ne s’est pas fixé de limites pour le tire-larmes et le symbolisme poids lourd. Rien ne parvient à rendre le récit moins creux qu’il ne l’est déjà et, pire encore, la fatalité semble être considérée ici comme seul juge impartial du sort des personnages.

Mars

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

20 ans d’écart

3 David Moreau a beau compiler des scènes qui semblent déjà vues ailleurs (dont un final pompé sur celui de L’étudiante), son scénario est suffisamment bien écrit et le tandem Efira/Niney largement irrésistible pour nous laisser sur une bonne impression. C’est drôle, sexy et touchant.

A la Merveille

6 Ode à l’amour universel, éloge de l’étreinte, symphonie des éléments, ballade flottante entre le ciel et la terre : on pourrait tartiner des pages entières sur les sensations que Malick fait naître comme à son habitude. Face à un tel bienfait qui prolonge le zénith de The Tree of Life, on s’incline : c’est juste beau à en pleurer.
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5 Les personnages évoluent sur la terre dont The Tree of Life nous montrait la genèse et le ciel. On suit leurs constants questionnements et ballottements entre nature et grâce. C’est un gros zoom dans l’intime qu’offre Malick d’un film à l’autre. Et c’est toujours aussi beau.

3 C’est peut-être une bonne chose que Malick prenne son temps pour faire ses films. Parce que là ça a beau être fabuleusement exécuté, ça ne transmet pas grand chose au corps et à l’esprit.

Alps

2 Lanthimos développe une fois de plus un postulat bien barré tout en larguant les amarres de la clarté et de l’interprétation figée. Reste que l’impact de Canine n’est jamais renouvelé et qu’à cause d’un style trop radicalisé, ce tableau glacial d’une Grèce en crise où s’active le commerce des sentiments nous exclut de tout processus d’implication.

3 Le réalisateur grec de Canine livre une nouvelle œuvre étrange et décalée. Ultra-réglé, progressivement mais jamais entièrement dévoilé, son univers n’en demeure pas moins pénétrable par le spectateur. La place est laissée partout à l’interprétation et c’est assez plaisant.
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Les amants passagers

1 Pedro Almodóvar s’offre une récréation aérienne doublée d’un retour vers la comédie déglinguée. Hélas, au lieu de s’envoyer en l’air, on doit se contenter d’un mauvais courant d’air : pour une scène de danse tordante, le reste s’étire en vain… Allez, Pedro, ça va pour cette fois : on veut bien oublier cette petite parenthèse sans lendemain…

2 Almodóvar plane au point d’oublier de tenir un peu mieux son récit. D’un argument comique minimal mais prometteur, il aurait pu tirer nettement plus, autant en termes de gags que de tension… Reste que c’est tout sauf déplaisant, forcément.
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Au bout du conte

2 La recette Bacri/Jaoui ne varie pas d’un iota (les deux continuent de jouer les éternels râleurs, le scénario s’attache à des portraits de groupes, etc…), mais si tenter la légèreté par l’ajout d’une stylisation et de références issues du conte était une riche idée, elle ne réussit pas tout le temps à s’incarner visuellement. N’est pas Resnais qui veut…

2 Le film devient lourd à force de chercher précisément la légèreté dans une avalanche de références et une stylisation qui sied assez mal à une Jaoui qui s’y frotte pour la première fois. Finalement, c’est lorsqu’il dévoile tout au fait son fond désenchanté que le film sonne enfin un peu moins faux…
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>>> Lire l’entretien avec Jaoui et Bacri

The Bunny Game

2 Au vu de son interdiction au Royaume-Uni, on sentait venir le trip déviant et insoutenable. Sauf qu’on récolte une sorte de bizarrerie arty, doté d’un hallucinant travail visuel et sonore, un peu comme si David Lynch s’était mis en tête de tourner un snuff. Suffisamment singulier pour faire figure de gros uppercut, mais à réserver à un public super averti.

Camille Claudel 1915

1 A force de faire de chaque nouveau rôle une performance où il faut ressortir toute la “palette”, Binoche est en passe de devenir la plus exaspérante des actrices françaises. Le reste, entre un ennui abyssal et l’apparition d’un frère illuminé qui joue les thésards à deux balles, contribue aussi à transformer le film de Dumont en épreuve.

3 L’âpreté du style de Dumont laisse la place qu’elle mérite à l’expressivité d’une Binoche impressionnante. Le film est une longue tentative de sonder une intériorité prise entre pulsion morbide et envie d’élévation. Quand Binoche sort du champ, ça tient moins bien.
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Une chanson pour ma mère

0 Les Ardennes, le terroir, les chansons de Dave, les téléfilms de France 3, le JT de Pernaut, la grisaille du ciel, le silence des enterrements, les acteurs has been, les vieux qui râlent, les rediffusions de Derrick, l’humour franchouillard… Ça fait peur, hein ?

La chute de la Maison-Blanche

0 Dans la lignée des pires navets nationalistes avec Chuck Norris, ce film s’avère tellement abrutissant et facho qu’on croirait le scénario torché par un sympathisant du Tea Party. Pour ne rien arranger, des représailles sanglantes sont à craindre pour les Etats-Unis si jamais un membre du gouvernement nord-coréen visionne cette purge.

1 Roland Emmerich n’a pas besoin qu’on lui file un mode d’emploi pour ses futures conneries.

La cité rose

Cloud Atlas

6 Six intrigues, treize acteurs, soixante personnages, un milliard d’interactions possibles. Et à peu près autant d’émotions diverses parcourues tout au long de ce film-karma, symphonie démentielle des époques et des identités, d’une richesse visuelle et narrative telle qu’il y aurait de quoi nourrir une décennie entière de cinéma.

3 Le film met trop de temps à bomber sa coupole humaniste en s’appuyant sur ses six piliers. Le montage est admirable mais sert souvent une juxtaposition sans assez d’ampleur émotionnelle. Disons que si le tout est honorable, il faut se coltiner la faiblesse de certaines parties.

6 Rien moins que la jonction ultime entre l’art cinématographique et l’art musical dont l’exceptionnelle harmonie de la symphonie obsèdera des jours durant celui qui y posera les yeux.
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Les coquillettes

3 Sophie Letourneur déplace son trip féminin au festival de Locarno avec ce film-guérilla, révélant du même coup le côté parfois snobinard et je-m’en-foutiste de ce genre de décor. Et même si le QI de ces trois nouilles n’excède jamais celui d’un lofteur, le filmage et le punch du dialogue restent d’une énergie démente.

0 Imaginez des critiques ciné et d’apprentis cinéastes dans leurs propres rôles, qui se draguent comme des gamins et échangent des répliques insipides… et dispensez-vous du film.
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Crazy dad

3 Du Adam Sandler pur jus, attachant et qui se fait pardonner de Jack & Jill à défaut de se montrer transcendant.

Dead man talking

1 Il y avait quelque chose de prometteur dans le concept, mais le résultat est à côté de la plaque : le propos est alourdi par un humour inapproprié, le versant mélo du scénario est pachydermique et le récit tente de multiplier les surprises au risque de virer au hors-sujet caricatural.

1 Ce premier film belge surfe sur la vague réalisticto-poétique du sombre Bullhead et la transforme en quelque chose de lourd et glauque. Raté.

Le dernier exorcisme – Part II

1 Le principe de la suite pérave en DTV, c’est justement qu’elle ne mérite pas de sortir en salle.

Djeca

4 La cinéaste filme la Bosnie bloquée dans un présent engourdi par le souvenir de la guerre et par ses conséquences délétères. Chaque instant parvient à renvoyer à cet état de fait terrible : l’éveil à la vie des protagonistes s’est fait dans la guerre.

Ecstasy

1 Une nouvelle adaptation d’Irvine Welsh ? Pourquoi pas, mais Trainspotting reste une référence si indétrônable que ce nouvel essai, sans audace narrative ni inventivité visuelle, ressemble à un pâle ersatz. Du coup, devant une drogue qui ne fait pas le moindre effet, on peut crier à l’arnaque.

Ennemis jurés

4 Ralph Fiennes tente ici une adaptation modernisée du “Coriolan” de Shakespeare. Si l’on n’y retrouve pas la folie visuelle qui dévorait chaque scène du Titus de Julie Taymor, la sécheresse de la mise en scène, l’adaptation brillante des textes et la complexité des enjeux (politiques et intimistes) font de ce premier film une belle réussite.

The Gatekeepers

3 Les révélations de cette suite de confessions sont édifiantes, faisant ainsi toute la lumière sur la lutte antiterroriste menée par le Shin Beth et la gestion désastreuse de la question palestinienne. Après, la diffusion du film sur Arte n’a rien de surprenant, puisque le montage télévisuel d’archives fait ici abdiquer toute notion de cinéma.

G.I Joe : Conspiration

1 Ni pire ni meilleur que son prédécesseur. Ça reste con et débile comme on peut s’y attendre, les scènes d’action assurent le quota de badaboum et de pam-pam-pam-pam, le scénario est consternant et les acteurs sont à peu près aussi expressifs que les figurines Hasbro qu’ils incarnent. Un peu de renouveau ne serait pas de refus.

3 Voilà que les majors se mettent à carburer au Millennium style. N’empêche, c’est très fun à regarder.

Hansel & Gretel

3 Le simple fait de voir des sorcières de série Z se faire rétamer la tronche par un tandem de chasseurs armés jusqu’aux dents et jamais avares en punchlines, ça fait toujours son petit effet. Et comme l’entreprise dégage un vrai capital sympathie et de bonnes idées visuelles, on ne boude en rien son plaisir.

0 A un stade ou à un autre de la production, il devait y avoir un bon film à faire. Puis, il est tombé à la poubelle et personne n’a voulu le récupérer.

Jack le chasseur de géants

1 Quelques velléités de mise en scène sabordées par un emballage d’une laideur effarante, un scénario qui ne va jamais au-delà de son postulat basique, et un cinéaste qui continue de creuser sa tombe artistique. Tout cela ne donne qu’une ombre de blockbuster.

2 Bryan Singer n’est ni Matthew Vaughn, ni Guillermo Del Toro. Mais alors pourquoi il a essayé de se faire passer pour ces deux là ?

Jappeloup

2 Certes, le film n’est que la version longue de son trailer et le cheval joue beaucoup mieux que Guillaume Canet, mais il y a une vraie mise en scène et un vrai sens du découpage qui rendent le résultat un peu moins plan-plan qu’il ne l’est déjà.

2 Duguay offre tout son savoir-faire d’artisan. Sa réalisation carrée, simple et très agréable, est bel et bien la seule chose qui sauve un produit terriblement standard.

Le monde fantastique d’Oz

4 On l’avoue : l’overdose de scénarios campbelliens aura fini par bousiller tout effet de surprise dans ce genre de film. Sauf qu’ici, la mise en scène éblouissante de Sam Raimi est au service d’une magnifique célébration du pouvoir de l’illusion, et ça reste une large compensation. L’émerveillement est quasi total.

4 Spectacle euphorisant pour les petits, méta-film ludique pour les grands, ça oz le kitsch et l’innocence pour rapporter un peu de fraîcheur au spectacle grand public dans une ère d’uniformisation post-Narnia accélérée.

5 Le classique de la MGM ne pouvait pas rêver meilleur hommage. Virtuose, ahurissant, jubilatoire, enchantant et bien sûr magique.

5 Dans la droite lignée de ces films qui élèvent le mensonge cinématographique au rang de facteur ultime d’émerveillement.

Le mur invisible

3 Une femme est coupée du monde de manière inexplicable. Par la radicalité de son dispositif, le film se fait aussi bien intriguant voire fascinant que, finalement, un peu limité…
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>>> Lire l’entretien avec Julian Roman Pölsler

Mystery

4 En tentant une incursion dans le film noir, Lou Ye livre un résultat assez bluffant : son génial puzzle narratif fait le constat d’un pays où le mystère est corollaire du mensonge, et sa réalisation reste discrète, masquée, mystérieuse. Le résultat dégage une force émotionnelle qui prend aux tripes.

3 Lou Ye a tout un tas de choses à nous dire sur le couple, la Chine, la faiblesse de l’Homme… mais peine à les ordonner. Dommage, car la résonance soci(ét)ale puissante de son histoire de mensonges semblait à portée de main.

No

4 Filmé à la manière d’une pub vintage aux couleurs délavées, No rejoint le récent Argo dans sa volonté de vaincre l’injustice par le pouvoir de la fiction. La subtilité vient ici du fait que la ringardise de la publicité offre à Pablo Larrain de cibler comment une dictature voit son système de propagande retourné contre elle.

4 L’idée d’un traitement visuel qui fonde les images tournées avec celles issues d’archives nous immerge complètement dans l’époque. Mais en plus, le film est lucide par rapport à son récit d’une épopée politique : celle-ci crée les conditions d’un nouveau système, dominant jusqu’à aujourd’hui.

The place beyond the pines

5 Dans la droite lignée des films de James Gray, cette tragédie en trois actes, reliant les destins de plusieurs générations qui foncent tête baissée vers le danger, déploie une richesse thématique rare et dépeint des personnages au schéma interne plus complexe qu’il n’y parait. Du très grand cinéma noir.

4 Ç’aurait pu être terrassant et bouleversant, c’est juste surprenant (si on ne lit rien sur le film avant, la bande-annonce est parfaite) et touchant, et c’est déjà très bien. Cianfrance est assurément à suivre.

5 Cianfrance évoque William Wellman par cette capacité à faire évoluer son histoire au travers des personnages et du temps. Et comme son ancêtre, c’est absolument admirable à contempler.

4 La forme flirte parfois avec la caricature mais Cianfrance continue de s’intéresser à d’amples histoires de familles dont il dépeint les tragédies avec brio.

La religieuse

1 Aussi plat, bavard et ennuyeux que d’aller à la messe. Et pire encore, le découpage du film semble totalement charcuté. Le fait de voir Nicloux délaisser un peu ses polars tarabiscotés ne le rend pas plus passionnant pour autant, c’est le moins que l’on puisse dire.

1 C’est littéral (pas dans l’adaptation, mais dans ce qu’il exprime avec une grande transparence), plat et sans risque. Ou comment faire un film long à n’en plus finir à partir d’un monument sulfureux de la littérature.
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Samsara

5 On est à deux doigts de se décrocher la mâchoire devant la nouvelle gifle sensorielle de Ron Fricke : autant Baraka restait au stade de l’expérience méditative, autant Samsara vise la transcendance du spectateur par une suite d’images hallucinantes qui nous font parcourir les quatre coins d’un monde ravagé et mutant. Tout simplement magique.

3 Tableaux humains et tableaux non-humains/inhumains, tableaux éblouissants et tableaux terrassants. Parfois juste des tableaux…

4 C’est magnifique. Mais en ce qui me concerne, ça n’ira malheureusement pas plus loin que ça.

The sessions

1 Comme toujours dans ce genre de cinoche indépendant US, une excellente idée de départ (l’éveil sexuel comme seule interaction possible entre deux êtres fragiles) se voit gâchée par un formatage puant, avec le discours bien moralisateur, le casting à fond dans le contre-emploi et la mise en scène sous pilotage automatique.

Sous le figuier

0 92 minutes de tire-larmes, d’acteurs qui chialent et de clichés terriblement datés, où trois surexcités de la ville retrouvent goût à la vie en accompagnant une vieille femme vers la mort. De quoi se sentir sale en sortant de la projo et nous donner envie de réévaluer Jean Becker.

Spring Breakers

6 Loin du trip porno-trash attendu, Harmony Korine fait le tableau d’une génération sous acide, mutante et autodestructrice, lâchée dans une quête éperdue de jouissance collective. Le tout sous un hallucinant emballage fluo qui fait abdiquer le réel sous le poids de son double fantasmé. Bandant, perturbant, sidérant.
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4 Korine monte ensemble « l’idéal » de débauche d’une jeunesse dopée aux clips et jeux vidéo et son revers. Le tout en un soufflant objet filmique, à peine trop long, qui met du poison dans un emballage Chupa Chups.

3 La finition est faite au bazooka mais Harmony Korine évite l’écueil de la provoc gratuite au profit d’un portrait assez touchant et joliment construit.

2 Confession : j’ai toujours aimé Britney Spears. Fatalement, une chanson entière sur de belles images au ralenti, ça vaut bien le visionnage d’un truc par ailleurs souvent laid, long et redondant.

This is 40

4 Digne successeur des deux John (Hughes et Cassavetes), Judd Apatow lorgne ici du côté de Voyage à deux, explorant l’épuisement d’un couple et les frustrations d’une vie avec un très bel équilibre. Un parfait médicament anti-crise de la quarantaine, avec une Leslie Mann qui s’impose comme la plus belle MILF du cinéma américain.

2 Ce devrait être le film le plus personnel et le plus touchant d’Apatow et c’est pourtant celui où il patine le plus, multipliant les problématiques à l’excès et tirant le tout en longueur. La dynamique globale en prend un coup et certaines scénettes la servent très peu, devenant alors simplement crispantes.

5 Apatow réussit bien un film sur deux. Mais quand il le réussit, ça donne une incroyable claque passant en un clin d’oeil du rire au drame avec un regard pertinent sur les rapports humains.

5 Le film le plus personnel d’Apatow est aussi le moins accessible. Pas de quoi dérouter les habitués du bonhomme pour autant, ses personnages demeurant une nouvelle fois les plus complexes, donc passionnants, d’un genre toujours plus avare dans ce registre là.

Un p’tit gars de Ménilmontant

Vivan las antipodas

1 Filmer des antipodes, c’est bien joli, mais sans des images qui laisseraient émerger un point de vue intéressant et sans une bande-son qui hypnotiserait son audience, ça ne produit aucun effet. Du poème cosmogonique qui semble se suffire à lui-même et qui, du coup, aurait davantage sa place dans une galerie d’art.

Warm Bodies

0 En voilà une bien bonne : un zombie qui pense en voix off et qui s’humanise après un coup de foudre ! Sur cette idée de scénario qui concourt aisément pour la plus conne de l’année, on récolte un ratage ni drôle ni fun qui n’arrive jamais à exploiter correctement sa mythologie zombiesque. A fuir.

2 Un sujet aguicheur et un traitement inerte s’arrêtant là où les idées commencent ? La Jonathan Levine trademark quoi.

4 Lent et froid à l’image d’un zombie et progressivement parcouru d’une chaleur humaine qui fait de son couple phare l’un des plus attachants de ces dernières années, Warm Bodies est un petit miracle en ces temps de cynisme à tout va. Gros coup de coeur pour un film à la mélancolie à fleur de peau.

Avril

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

11.6

1 Cluzet en hors-la-loi erratique, Lanners en nounours au grand cœur, Masiero en barmaid précaire, photo aussi grise que le cadre de l’action, intrigue connue de tous, tension superflue, filmage pauvre… Il ne faut pas plus de 11,6 secondes pour se rendre compte de la vacuité totale de ce menu best-of sans aucune saveur.

1 Stylisation de trop, dialogues sur-écrits, couche bien épaisse de déterminisme social et ambiguïté maladroite : c’est évident, le réalisateur ne sait trop que faire de son sujet, et livre du coup un film vain et indigeste.
>>> Lire l’entretien avec François Cluzet, Philippe Godeau et Bouli Lanners
>>> Lire la critique express

51

1 Réalisé par le propre fils de Sean Connery, ce petit DTV sans grande ambition atteint à peine le relief d’un téléfilm du samedi après-midi en raison d’un découpage tout juste correct et d’un script sans substance. Et dès que les aliens montrent leur gueule à l’écran, on se croirait devant un sketch bien ridicule des Muppets.

Les âmes vagabondes

1 Après Time Out, Andrew Niccol continue de saborder son potentiel en adaptant Stephenie Meyer. Et si l’élégance de sa mise en scène sauve ici (à peine) quelques meubles, il faut tout de même se farcir des enjeux philosophiques noyés dans une mélasse mystico-mentale et, pire que tout, un énième triangle amoureux pour buveurs de lait fraise.

1 Mais merde, c’était enfin terminé Twilight

1 Esquimau euhouard 2013 du scénario écrit par mon cousin Baptiste, 14 ans.

Amour et turbulences

1 Euh… lisez la case à droite.

1 Scénario bien carré, alternance pantouflarde entre répliques doucement « osées », dérapages contrôlés et petits moments d’émotion de rien du tout. Rien de nouveau sous le pâle soleil de la comédie française…
>>> Lire l’entretien avec Nicolas Bedos, Alexandre Castagnetti et Jonathan Cohen

The Baytown Outlaws

0 Pomper le cinéma de QT sans vergogne, c’est pas bien. Le ridiculiser en essayant de cacher qu’on n’y pige rien, c’est juste une belle connerie. Se servir de tout ça pour torcher une série Z tout juste extraite des cabinets, c’est juste inadmissible. Ne pas oublier de tirer la chasse avant de sortir.

La belle endormie

2 L’affrontement perpétuel entre luminosité et obscurité évoque le combat de chacun pour la vie et esquisse des lignes de fuite, une absolution possible, mais l’organisation du récit choral autour de l’euthanasie est trop lâche pour passionner.
>>> Lire la critique express

Berberian Sound Studio

2 Concept excitant que de rendre hommage au pouvoir du son comme vecteur sensoriel agissant sur le cortex du spectateur. Mais l’idée tient à peine sur vingt minutes de métrage, le reste se limitant à un scénario bancal qui s’égare dans la caricature des personnages et une dérive mentale trop influencée pour tenir la route.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

2 On aimerait bien croire que c’est le travail du son qui justifie les deux derniers tiers mollassons du film. Mais non, c’est juste un manque d’idées difficilement masqué par des dehors formalistes…

Berserk, L’âge d’or – Partie 2 – : La bataille de Doldrey

4 Une mise en scène ample et apte à compenser largement certains défauts dont une animation 3D pour le moins critiquable. Vivement le 3.

La cage dorée

3 Pour une comédie sociale, la surprise est plutôt bonne : en plus d’éviter les clichés sur le thème de l’intégration, il s’y dégage une ambiance chaleureuse et quelques très bonnes idées de casting qui emportent l’adhésion. Rien d’extraordinaire en soi, mais on se sent vraiment bien dans cette cage dorée.

Clip

2 La réalisatrice réussit bien à capter le besoin d’exister d’une génération X uniquement à travers le filtre de l’écran de portable. Pour autant, sa mise en scène manque de relief en plus de se prendre pas mal de murs, la complaisance dans la crudité sexuelle et le misérabilisme social en tête.

Cockneys vs Zombies

2 C’est parfois très drôle, mais hélas, ça ne va pas plus loin. Faut dire que les bouffeurs de chair fraîche deviennent un peu chiants à force d’envahir les étagères de DVD toutes les semaines. Et puis, dans la façon d’accommoder les codes du genre à la sauce british, Shaun of the dead est déjà passé par là, alors…

Les Croods

3 DreamWorks fait de jolis progrès avec ce nouveau cartoon qui, pour une fois, ne nous fout jamais la honte. Bon, comme toujours, on anticipe chaque scène avant qu’elle arrive de même qu’on n’évite pas la morale consensuelle, mais il y a de vraies bonnes idées et l’animation 3D est renversante de beauté. Mieux que son trailer.

3 Character design bof au milieu de décors éblouissants, message bateau dans un emballage narratif réjouissant : disons agréablement mitigé.

4 Comme sur Dragons, le spectacle est parfaitement maîtrisé mais un peu trop balisé pour convaincre. La différence se fera sur un dernier acte absolument renversant.

4 S’il n’a pas le même pouvoir d’évocation que Dragons, le dernier Chris Sanders est une merveille de maîtrise technique et narrative. Deux bons Dreamworks d’affilée, espérons que Katzenberg continue sur cette heureuse lancée.

Dead man down

4 Moins thriller dark que romance désespérée entre deux êtres en quête de vengeance, Dead Man Down tient en haleine par une intrigue millimétrée, le tout sous l’égide d’un cinéaste qui sait aussi bien faire parler la poudre que sublimer l’intimité de ses personnages. Colin Farrell et Noomi Rapace y sont fabuleux.

3 Le cœur de l’histoire est touchant mais, entre une photo dégueulasse et une intrigue éludant trop hâtivement ses mystères, le résultat reste un produit gentiment conventionnel.

Derrière la colline

1 Non seulement ce drame familial est inutilement laborieux, brassant les thématiques sans en approfondir une seule, mais il saborde en plus le peu de mystère qu’il aurait pu avoir en quelques répliques lourdement édifiantes. Raté.

L’écume des jours

0 Caméra nauséeuse, grand angle à foison, surdécoupage exaspérant, surréalisme sans finalité, dialogues sans queue ni tête : Gondry en fait tellement des caisses qu’on ne met pas plus d’un quart d’heure pour avoir la gerbe. Pour une fois, son bricolage arty ne nous laisse pas seulement de marbre, il est juste saoulant.

1 Noyant le fond dans la forme, Gondry se Vian-de dans la joliesse de pacotille et l’étrangeté fabriquée. Ça restera certainement la plus dure déception de l’année !

2 Les bricolages made in Gondry maintiennent l’attention durant une heure. Après, c’est ZZZzzzz…

Effets secondaires

5 Soderbergh prolonge le propos de Contagion en se fixant sur la contamination des strates sociales autant par la spirale du mensonge que par un virus impitoyable, celui des rapports de force et du profit par tous les moyens. Les effets secondaires en sont d’autant plus dévastateurs. Peut-être le film le plus pervers de sa carrière.
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4 En plus du plaisir de se perdre dans les méandres d’une intrigue vénéneuse et face à l’ambiguïté du visage de Rooney Mara, il y a une toile de fond plus engagée qu’il n’y paraît, une Amérique post-crise dont les apparences se trouent de toutes parts.

4 Ça s’annonçait comme un Soderbergh pépère sauf que le bonhomme rappelle à mi-parcours qu’il adore investir des registres différents.

Free Angela

3 La capacité d’une seule personne à incarner autant (féminisme, défense des droits des Noirs, idéologie communiste) nous dépasse tout au long de ce documentaire classique dans la forme mais passionnant dans le contenu.

Les gamins

1 Pour un public qui voit la bêtise comme une forme d’épanouissement personnel, difficile d’adhérer à ces Gamins qui font grassement les cons pour finalement ranger leur chambre et rentrer dans le droit chemin. Pas de doute, c’est bien une comédie française, en dépit d’un dernier quart d’heure absolument bidonnant.

Des gens qui s’embrassent

0 Des idiots qui se disputent pour des histoires de cul, de coeur et de cadavres dont on n’a strictement rien à foutre : une bûche dans la gueule pour les faire taire, parce qu’à un tel niveau de vacuité, on a envie de s’acheter une corde. Bilan : chez Danièle Thompson, le décalage horaire est toujours aussi violent, les fauteuils d’orchestre sont réservés à des bobos casse-couilles et le code n’a pas changé.

The Grandmaster

4 Chaque plan est d’une splendeur terrassante, chaque mouvement est d’une grâce à couper le souffle, chaque regard est chargé d’une énergie interne inouïe. Histoire de la Chine, ode à l’art martial et ballet de passions tragiques se mêlent en une symphonie magnifique, malgré un montage un peu bordélique.

5 La droiture et l’honneur chers au kung-fu ne résistent pas aux limbes des passions et des regrets qui hantent les films de WKW. Les personnages errent entre les deux. Ou comment faire complètement sien un genre à priori codé. Magnifique.

3 Wong Kar-Wai écrit ses films au montage… C’est bête qu’il écrive si mal.

Hannah Arendt

2 Après l’infâme téléfilm de Schlöndorff sur Guy Môquet, voici le film non pas mauvais mais juste incroyablement lisse voire pleinement académique de Margarethe Von Trotta sur la philosophe et le procès Eichmann. Voir le style de grands noms allemands d’hier enterré aujourd’hui est un vrai crève-coeur.

Inch’Allah

2 A partir d’une problématique intéressante (un conflit que l’on vit au quotidien peut-il ne pas être le nôtre ?), la réalisatrice québécoise livre un produit trop peu surprenant du world cinema.

Ill Manors

4 Pour son premier film, Ben Drew bâtit un pont très intéressant entre le phrasé énergique du rap et l’hyperréalisme de la chronique socio-chorale, le premier servant ici très bien les fondations délicates du second. Assurément un talent à suivre, malgré un certain nombre d’effets de style clinquants et trop hérités des clips de rap.

Iron Man 3

3 Quand il essaie de se la jouer sérieux, Shane Black rate le coche, et quand il se lâche pleinement dans la décontraction explosive (son truc favori) épaulé par son acteur vedette, il réussit sans difficulté à surpasser les deux opus précédents. Si on fait les comptes, le résultat est plutôt bon. Et Ben Kingsley est un acteur génial.

4 Le cahier des charges Marvel est respecté jusque dans ses débilités… et pourtant Shane Black arrive à traiter son sujet avec pertinence et ingéniosité.
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Kinshasa kids

3 La fiction vient à la rescousse du réel filmé de manière documentaire. Elle le fait sans tapage, jouant sur l’incertitude. Elle vient tirer les regardés et les regardants vers le haut et, sur le tard, leur offrir de belles décharges de bonheur.

The Land of Hope

4 Aborder ici l’exode post-Fukushima sied plutôt bien à Sono Sion : en dépit d’une durée un peu trop étirée, son scénario, centré sur la séparation d’une famille unie, reste focalisé sur l’humain et son torrent de fatalités, le tout avec une réalisation douce et magnifique.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

2 Donner l’impression de ne pas creuser à fond les relations entre ses différences composantes mais aussi ses composantes elles-mêmes, c’est quand même le comble pour un film qui tire autant en longueur ! Quelques jolies choses demeurent.

4 Je ne sais pas ce qui est le plus redoutable : la radioactivité ou le trou béant qu’ouvre Sono Sion sur les émotions humaines.

La maison de la radio

4 Avec l’aisance qu’on lui connaît, Nicolas Philibert capte la parole et le son dans tous leurs états mais aussi l’importance de leur inscription dans l’espace et dans le temps. Ces personnes oubliant parfois leur image pour se concentrer sur ce qu’elles disent, chantent, etc. sont tour à tour drôles et émouvantes, toujours captivantes.
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>>> Lire l’entretien avec Nicolas Philibert

Mariage à l’anglaise

4 Les comédies romantiques en provenance du pays de la sauce à la menthe ont une recette gagnante qui ne varie jamais. Et ici, comme on hurle de rire de la première à la dernière scène sans jamais être gêné par un scénario convenu, on ne s’en plaindra absolument pas.

Dix ans de retard dans ses thématiques, ses archétypes, ses clichés et son humour, tout en étant formellement à la ramasse : I give it a 1.

Oblivion

5 La capacité de Kosinski à favoriser l’immersion par un visuel incroyablement beau et une science du montage assez stupéfiante ne fait clairement plus aucun doute. Si l’on ajoute à cela un scénario à la richesse insoupçonnée et un Tom Cruise habité comme toujours, le résultat crève l’écran : Oblivion est un fabuleux film de SF.

2 Une bonne histoire, des thèmes universels, un visuel magnifique, une BO poignante, un scénario à côté de ses pompes… Cherchez l’erreur.
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Paradis : Espoir

3 Même si Seidl n’enlève rien à son style, il clôt toutefois sa trilogie sur une réussite honorable : sa mise en scène tend beaucoup moins vers l’humiliation pure et simple, grâce à une héroïne attachante et un contexte déchirant qui, il était temps, réussit enfin à lier les notions d’enfer et de paradis dans un même cadre.

Paradis : Foi

1 Par la géométrie de sa mise en scène, Ulrich Seidl continue de filmer l’humanité comme des animaux bizarres, agités dans le vide de leur quotidien. De plus, sa façon d’explorer la folie résultant d’une foi trop extrême ne mène à rien d’autre que du vent (au mieux) ou du poncif (au pire).

Parker

2 On n’en revient pas : non seulement JLo vole la vedette à notre Jason adoré, mais en plus, elle est très convaincante dans son rôle. Pour le reste, ce polar-burger se regarde sans le moindre déplaisir, même si on l’a totalement oublié dès qu’on sort de la salle.

3 Imaginez Payback sans le duo Gibson/Helgeland : c’est timide, pas mal foutu mais fade sur les bords. Statham, lui par contre, déchire (pour changer).

Pieta

4 Kim Ki-duk renoue avec sa veine cruelle à la Bad Guy au travers d’un récit christique, centré sur une ordure totale en quête de rédemption dans une société pourrie par l’argent. Désenchanté, doloriste, parfois insoutenable mais dénué de toute obscénité, Pieta horrifie les sens autant qu’il perturbe l’esprit. Âmes sensibles s’abstenir.

Les profs

1 La BD était super drôle, mais le film n’a pourtant rien à voir avec elle. D’ailleurs, pourquoi l’avoir transformée en remake inavoué des Sous-doués ?!? Vu que le scénario est aussi bâclé qu’insignifiant, on tente de se consoler avec les gags, parfois très drôles, souvent très lourds. Le plus fort ? Clavier est le seul survivant du naufrage.

Promised Land

4 Gus Van Sant traite de la question énergétique sous l’angle d’une pure comédie, aidé par un script légèrement subversif coécrit par les deux acteurs principaux. L’impact politique s’en voit alors renforcé, mais au profit d’un humanisme à fleur de peau, parfaitement reflété par la mise en scène, ici simple et harmonieuse.

4 Van Sant confirme sa veine classique et sert sobrement le remarquable travail d’écriture de ses deux acteurs principaux. Damon et Krasinski mêlent l’humain et le politique pour sublimer la résistance à la morosité et au pragmatisme ambiants.
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Le repenti

2 Pour résumer, Allouache se fait mousser pendant 1h25 en étant allusif et à côté de son sujet, puis conclut sur 2min lourdement sentencieuses. Le cinéaste se débrouille toujours pour faire de sujets intéressants des films lourds.

Survivre

2 Le film aurait gagné à se resserrer sur sa partie survival, ses quelques égarements du côté de la chronique sociale et du documentaire ne faisant que l’alourdir inutilement par des explications convenues. Comme quoi le mixage des tonalités reste une question de tact.

Tad l’explorateur

2 Suffisamment rythmé pour justifier un visionnage, rien d’autre en revanche pour prendre du plaisir outre mesure.

Le temps de l’aventure

3 A partir d’une histoire somme toute banale, Jérôme Bonnell construit une stylisation plus ou moins subtile et inspirée qui sait parfois en enrichir le sens. Il consacre surtout son film à la célébration du talent d’une de nos meilleures actrices : Emmanuelle Devos.
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La tête la première

2 Le premier quart d’heure cale cette drôle d’errance sur une route imprévisible, mais il faudra attendre le dernier quart d’heure pour saisir en quoi ce dispositif assez libre ne menait en fait à pas grand-chose. Quant au filmage façon téléfilm de France 3, inutile de préciser que cela n’a rien de réjouissant. Les deux acteurs sauvent le film.

Mai

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

L’attentat

4 Ce n’est pas le conflit israélo-palestinien que Ziad Doueiri cherche à sonder, mais celui qui reste caché, intime, intérieur, propre à l’humain lorsqu’il se noie dans un océan de perplexité. Pas de polémique ici, juste une combinaison parfaite entre le pur thriller et l’enquête personnelle, réalisée avec une vraie maestria.

The call

1 Déjà que Cellular n’était pas un bon film, on peut se demander à quoi bon reprendre son concept si c’était pour ne pas changer grand-chose. En plus, ça ne vole pas plus haut qu’un vieux Hollywood Night, et on aurait bien envie de revoir Halle Berry dans des rôles plus intéressants.

2 Un thriller plutôt convaincant lorsqu’il exploite son sujet mais il ne le fait pas tout le temps.

Cheba Louisa

1 Du niveau d’un téléfilm fédérateur pour le lundi soir de TF1, cette comédie sociale dégouline de bons sentiments et souffre d’une caractérisation des personnages tout ce qu’il a de plus prévisible. Euh… voilà.

The end

2 Un étrange incident sert de catalyseur à l’implosion d’un groupe d’amis sous tension : alléchant sur le papier, ce concept à la Lost dévoile une mécanique bancale et fait très vite du surplace, la faute à un propos pachydermique sur l’isolement de l’individu et des personnages tout droit sortis d’une mauvaise telenovela.

2 Une belle impression de « tout ça pour ça » émane d’un film un brin con-con sur les bords et qui a bien du mal à faire exister ses personnages.

Enfance clandestine

3 Le film mêle bien mais sans trop de surprise l’évocation de la dictature argentine et la chronique de l’éveil enfantin à la sensualité, la formation de la conscience personnelle. Il a au moins le mérite de pouvoir faire découvrir à un jeune public tout un pan de l’Histoire sud-américaine.

Epic

3 Même sentence que pour Robots. L’univers à fort potentiel offre une réalisation ébouriffante mais aussi une histoire sans intérêt par ses choix narratifs hasardeux.

Evil Dead

4 Pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais aimé le côté cheap et cartoonesque de la saga de Raimi, ce remake sérieux et visuellement superbe fait figure de vengeance. Et même si la trame est toute aussi basique qu’avant, le déferlement insensé de gore graphique génère d’incroyables orgasmes sensitifs. Y a pas à dire, merci Fede !

1 Derrière de belles images, ce remake au sérieux pontifiant propose la galerie de personnages la plus conne vue depuis longtemps.
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3 Hâte de voir le talent de Fede Alvarez être mis au service d’un film d’horreur sans cynisme et sans héros con comme un poney.

Fast & Furious 6

3 La saga customisée lorgne dangereusement du côté de Saw à force de remplir les trous narratifs des opus précédents et d’en creuser d’autres pour ceux qui vont suivre. Mais on s’en fiche un peu, à vrai dire : on est venu pour le fun et le spectacle, et sur ce point, pas de souci, le contrat est rempli.

2 Le scénario révisionniste à la Saw est une pure ineptie mais c’est pas grave. Ça se bastonne à fond, y a de la tôle froissée en veux-tu en voilà et l’annonce finale laisse un grand sourire.

Gatsby le magnifique

1 Toujours aussi défoncé à la coke et au champagne, Baz Luhrmann n’a pas freiné son sens de l’outrance et du bling-bling. Du coup, son Gatsby se noie si vite dans le bruit et l’artifice qu’il en devient creux, et ne parlons pas de la mise en scène, aussi hystérique que focalisée sur un décorum d’une laideur pas possible.

1 Encore un formaliste dont l’esthétique tapageuse noie presque toute émotion. Insupportable catalogue d’images clipesques pour Gaspi le Magnifique !

4 Une adaptation au forceps du classique de Fitzgerald. Luhrmann sacrifie toute l’ambiance d’étrangeté du roman mais arrive au moins à en restituer l’intérêt.
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1 Moche, hystéro et dyslexique. Ah, et c’est chiant aussi.

Ginger & Rosa

1 Amour entre filles, amitié glissante, naissance d’un regard militant, folie paranoïaque, cocon familial éclaté, point de vue contestataire sur l’Angleterre de l’époque : le film accumule tellement les sujets potentiels qu’il finit par ne rien aborder du tout. Tant pis pour Elle Fanning, actrice décidément géniale.

La Grande Bellezza

5 Tableau délirant et fellinien d’une Italie post-Berlusconi bloquée dans ses chimères et son hypocrisie, le nouvel opus de Sorrentino fait figure de grand-huit émotionnel où se pratique l’art de la disjonction aérienne. Quant à sa mise en scène surchauffée d’idées, elle se fait le vecteur d’une rare beauté visuelle. Un très grand film.
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1 « C’est juste un truc ». Le truc pour se faire mousser avec pas grand-chose dans le fond mais beaucoup d’artifices, Sorrentino l’a, c’est sûr !

The Hit Girls

1 On annonçait un nouveau Mes meilleures amies qui mettrait la patate. Au bout d’une demi-heure de cette arnaque qui fait pourtant le quadruple, on veut juste être remboursé. Et surtout, ras-le-bol de ces comédies ricaines qui n’arrêtent pas de citer Breakfast Club juste pour feindre d’être ce qu’elles ne sont pas.

1 Ah mais oui, c’est vrai que ce truc cite Breakfast Club. J’avais oublié.

L’hypnotiseur

2 Après tant d’années à enchaîner les niaiseries hollywoodiennes, Hallström revient dans sa Suède natale pour un thriller sur l’hypnose. Sauf qu’on ne récolte rien d’autre qu’un simili-Millénium ni bon ni mauvais, où tous les passages obligés de ce nouveau genre de polar scandinave s’enchaînent à la queue leu leu.

Infiltré

1 Avant même de voir le film, on sait déjà qu’on l’a vu rien qu’en matant l’affiche. Vu que ça atteint à peine le niveau d’un énième DTV quelconque, difficile de croire que la seule présence de The Rock puisse suffire à justifier une sortie salle… Ah, pour info, Fast & Furious 6 sort à la fin du mois.

2 Le basique film d’action bad-ass annoncé est en réalité un drame policier lambda. On ne gagne pas au change mais ça surprend.

Jurassic Park 3D

4 Difficile de nier l’inintérêt de la 3D ici quand on a vu ce que cela pouvait donner avec Titanic. On se voudra néanmoins plus enthousiastes face à la remasterisation, de toute beauté.

Mama

2 Marre des jump-scares, des mioches qui voient des fantômes ou des créatures dans une baraque, et même des films de genre ibériques qui s’enferment dans le même canevas narratif. Parce qu’au final, la peur et l’émotion ne sont jamais là. Dommage pour la mise en scène, riche en trouvailles stylistiques du plus bel effet.

4 Muschietti sait apparemment comment conter une bonne histoire et construire dessus une mise en scène. Alors pourquoi y a plein de jump-sacres dispensables et un personnage-titre maladroitement mis en valeur ?

3 Une gestion hasardeuse de ses personnages et une recherche trop manifeste de l’effet voulu font que la peur ne s’immisce pas une seule seconde de tout le film. Quand bien même celui-ci se révèle cent fois plus élégant et sincère que la majorité de la prod fantastico-horrifique actuelle.

Modus anomali

2 Très ennuyeux dans sa première moitié, ce survival forestier ne révèle son véritable niveau de lecture qu’au travers d’une nouvelle orientation qui intervient à mi-chemin. Assez intriguant pour rendre le scénario moins creux qu’il n’en avait l’air au départ, même si cela ne suffit pas à réactiver notre intérêt pour le récit.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

Mohamed Dubois

1 Le concept était assez subversif pour aboutir à une comédie brillante sur le choc des cultures. Sauf que c’est aussi poussif et insignifiant que 95% de la production comique hexagonale.

Mud

5 Après deux films déjà très maîtrisés, Jeff Nichols signe enfin le grand film humaniste à la mesure de son talent : à deux ou trois détails près, cette chronique solaire et attachante sur l’entraide et la fin des illusions déploie une rare force émotionnelle tout en laissant planer le spectre bienveillant de Mark Twain. Superbe, voilà tout.

6 A quand remonte le dernier film aussi pleinement, aussi brillamment américain, à la fois profondément ancré dans le paysage étasunien de son époque et sans cesse porté par une universalité du récit, par une dimension mythologique ? Voilà. C’est simple, pur, magnifique : un grand film.
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One piece Z

2 Typique de l’idée que l’on peut se faire d’un film croulant sous le poids de la franchise qui l’a fait naître. Un film One piece de plus, donc.
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Only God forgives

6 Fragments de thématiques œdipiennes, ultraviolence choc et sensorialité planante fusionnent à merveille dans un Bangkok néon et ténébreux. Et dans son art (sans cesse transcendé) d’une mise en scène qui chuchote tout jusqu’à rendre le moindre plan inoubliable, NWR est désormais haut, trop haut, là où plus personne ne peut le surpasser.
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1 Le secret de la composition de la poudre aux yeux est donc détenu par un Danois.

4 En fait, le titre exact est Thailand Rising : La revanche du guerrier silencieux.

Le passé

5 A force de bâtir à chaque fois des intrigues diaboliques où le drame quotidien atteint peu à peu la force d’un thriller insoutenable, Asghar Farhadi pourrait s’imposer comme le meilleur scénariste au monde. Une fois de plus, il émeut durablement et nous laisse avec une énorme boule au fond de la gorge. Avec une Bérénice Bejo absolument prodigieuse.

4 Lorsque la richesse de son écriture se déploie moins sur le sociétal que sur le temporel et l’intime, Farhadi a de suite l’air de jouer davantage les petits malins auto-satisfaits. Mais voilà : entre deux pirouettes, la densité est là, le casting admirable et la tension indéniable.
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Porfirio

2 Ce portrait d’un opprimé handicapé se situe à la frontière trouble en documentaire et fiction, qui fascine parfois. Mais son goût pour les plans fixes sur les détails les plus avilissants du quotidien en fait une œuvre qui s’avère parfois profondément impudique, vainement gênante.
>>> Lire notre dossier Cannes 2011

Post Tenebras Lux

6 Expérience bizarroïde qui sidère autant qu’elle déroute, le nouvel opus de Reygadas construit un puzzle chronologique gorgé de mystère, créant ainsi une étrange valse de souvenirs flous, tout en incrustant un zeste de surréalisme dans des plans d’une beauté inouïe. Presque du Weerasethakul revisité par un disciple de Buñuel. Et c’est juste hallucinant.
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3 C’est à la fois maladroit et fascinant, excessif et électrisant, en tout cas impressionnant. Comme un Malick qui croirait moins en Dieu qu’au Diable comme force vive animant toute chose. Voilà un trip filmique qu’il vaut mieux méditer que condamner…

Le pouvoir

1 D’exercice d’observation un brin facétieux, le film vire publicité politique grand format, qui se cherche quelque chose à filmer lorsqu’elle ne verse pas dans un symbolisme lourd.
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Pusher

1 Décalquer totalement le premier film culte de Nicolas Winding Refn, supprimer tout son naturalisme hardcore au profit d’un enrobage plus soft et le gaver d’une réalisation clippesque digne d’un ersatz de Trainspotting, y a pas à dire, c’était vraiment une idée à la con. Un seul mot d’ordre : retapez-vous l’original.

Shokuzai – Celles qui voulaient se souvenir

3 Comme toujours, Kiyoshi Kurosawa utilise le genre pour poser un regard glaçant sur le Japon d’aujourd’hui. Le souci, c’est qu’avec une structure narrative un peu artificielle de film à sketches et des dialogues pesants qui n’ont de cesse que de surligner ce que le découpage fait déjà ressentir, il se tire parfois une balle dans le pied.

4 Une première partie accrocheuse entre une mise en scène hautement maîtrisée et un côté à la Stephen King dans l’histoire. Vivement la suite !

Sous surveillance

4 Combinant divertissement et réflexion politique, le cinéma engagé de Redford questionne ici l’ambiguïté et la perte des idéaux au sein d’un thriller teinté de mélancolie. Casting et scénario, tous deux irréprochables, ne font aucune ombre à une réalisation dont le classicisme ne sent à aucun moment le renfermé. Du joli boulot.

3 En l’effleurant simplement, A Bout de Course tirait quelque chose de mieux du sujet des ex-terroristes anti-Vietnam. Reste que si l’adresse à la jeunesse est trop hésistante, le casting de vieilles gloires assure l’émotion.

4 Le script de Lem Dobbs est une petite merveille ciselant parfaitement ses personnages et ses thématiques. Redford, lui, fait dans la simplicité.

Stoker

1 Un canevas hitchcokien qui promettait beaucoup sur le papier, mais qui vire ici à la tambouille, la faute à un découpage souvent incompréhensible et à une succession de fausses pistes qui débouchent sur un climax sans effet. Ou comment la montagne accouche d’une souris. Premier plantage pour Park Chan-wook.
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0 Ce n’est pas juste lourdement et intentionnellement laid en surface. C’est également franchement goguenard, stupidement immoral et tristement auto-satisfait dans le fond.

2 Park Chan-Wook s’exporte mais fait toujours dans l’étude perverse de la nature humaine. Sauf que la logique implacable de ses précédents travaux cède la place à un script écrit avec les pieds.

Take this waltz

2 Est-ce un film sur le couple ou sur l’amour impossible ? Difficile à dire, tant Sarah Polley a souvent bien du mal à trancher. Au moins, elle se rattrape sur le traitement des personnages et donne à Michelle Williams, ici en héroïne bordeline toute en intériorité, l’un de ses plus beaux rôles.

Trance

5 Tortueuse à plus d’un titre, l’intrigue de Trance réussit à créer un vertige scénaristique de très haute ampleur. De son côté, Danny Boyle conçoit à nouveau le 7ème Art à la manière d’une séance d’hypnose sensitive, ici épicée d’un zeste d’érotisme et d’un casting magistralement opaque. Bilan : un film pop-corn sacrément stimulant.
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4 Étrangement calme dans son entame, plus Boyle lâche petit à petit les amarres, plus il pénètre les tourments de ses protagonistes. De quoi compenser un récit finalement prévisible.

4 Qu’il est bon de se faire manipuler de la sorte par un cinéaste qui ne prétend à rien d’autre que stimuler son spectateur par la maîtrise totale de sa mise en scène.

Upside Down

2 Projet un tantinet mort-né suite à une postproduction chaotique, Upside Down n’échappe pas à l’échec, la faute à un scénario très peu crédible et une love-story artificielle. On peut se consoler avec l’éblouissant travail graphique de Juan Solanas, lequel développe une multitude de plans à tomber… à la renverse.

2 Le film a été créé à partir d’une image et son intérêt se limite strictement à celle-ci.

Une vie simple

2 Si l’actrice, récompensée à Venise (en 2011 !), est très bien et la facture du film d’une indéniable tenue, le mélodrame ne prend jamais son envol et on en est réduit à l’approbation polie d’une sobriété mollassonne.

V/H/S

1 Détourner le concept du found-footage à travers un film à sketches n’a pour seul atout que d’éviter de meubler du vide pendant une seule intrigue de deux heures. Le reste de cette anthologie portnawak n’a rien d’étonnant : propos inexistant, frissons convenus, shaky-cam irritante et image DV dégueulasse.

Vanishing waves

4 Sur un récit rappelant le très beau Je t’aime je t’aime d’Alain Resnais, cette expérience de SF lituanienne s’incarne autant en fugue mentale propice à la mélancolie qu’en superbe objet formel travaillant la sensualité des matières. Hypnotique à plus d’un titre, le voyage vaut le détour.

Very bad trip 3

1 Après un décalque stupide du premier film, la bande à Todd Phillips tente de tuer le concept pour mieux le revisiter. Hélas, la rigolade est de très courte durée et la lassitude pointe son pif dès le début. Heureusement que c’est le dernier épisode : il était grand temps d’arrêter les conneries.

1 Les meilleurs gags sont dans la bande annonce… et la bande annonce était nulle.

Juin

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

After Earth

1 Non seulement After Earth débarque en salles après le très beau Oblivion, non seulement Will Smith et son rejeton torpillent le film par leur inexpressivité, mais l’étalage de bonnes valeurs au sein d’un récit mou du bulbe fait passer le résultat pour une coquille vide sans intérêt. Cette fois, c’est sûr : on a perdu Shyamalan.

1 Le côté « méta » par lequel Shyamalan fait dialoguer ses opus passés n’y fait rien : c’est pompier, baveux, mal joué et – le comble – ennuyeux.

2 L’esprit de Shyamalan plane sur le film. Sauf qu’un esprit, ça ne peut pas tenir un stylo ou une caméra.
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Arnaque à la carte

1 C’est une sacrée plaie de dire à quel point la comédie américaine est en train de devenir elle-même une sacrée plaie. Ben oui, déjà qu’on s’en cogne deux ou trois par semaine, et qu’en plus, la qualité n’en finit pas de baisser chaque année… Elle est bien loin, l’époque bénie où Judd Apatow faisait figure de révolutionnaire.

2 Cette « comédie » fonctionne bien plus lorsqu’elle se veut dérangeante que quand elle se veut drôle.

L’autre vie de Richard Kemp

1 On sent venir le rythme pépère d’un thriller télévisuel et mou du genou dès les cinq premières minutes, ce qui est tout de même très gênant. Et on repère vite l’aspect totalement artificiel de cette intrigue policière à deux époques, ce qui n’est pas plus réjouissant.

Bait

1 Avant même d’être vu, ça sentait déjà la prod Asylum gavée d’effets spéciaux dégueulasses. Bonne pioche, mais avec Russell Mulcahy au scénario, lequel torche un jeu de massacre avec un squale dans un… supermarché inondé par un tsunami ! T’en veux du pitch qui déchire ? Eh bien, va voir ailleurs…

The bay

1 En s’attaquant à son tour au found-footage, Barry Levinson n’apporte aucun sang neuf à un genre pour lequel on est désormais vacciné. Quant à cette idée d’un film d’horreur teinté de contagion et d’alerte écologique, elle n’aide pas à stopper l’épidémie que constitue ce genre de film pseudo-documentaire.

2 L’utilisation du found footage façon Redacted maintient l’attention mais l’objet atteint rapidement ses limites.

Les beaux jours

1 Ce n’est pas un film sur le phénomène « cougar », ni même un drame mélancolique sur l’esquive du temps qui passe trop vite. C’est juste un film ennuyeux, sans autre relief que celui d’un téléfilm pour France 3 Nord Pas-de-Calais, avec (et qui n’existe que pour) Fanny Ardant.

Before midnight

4 Neuf ans après leurs retrouvailles, c’est l’heure du bilan pour le couple Jesse/Céline… Film crépusculaire sur l’épuisement d’un couple, Before Midnight renouvelle le concept d’origine et clôture la trilogie sur une note à la fois douce et cruelle. Mise en scène précise, émotion intacte et final inoubliable.
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Belle du seigneur

1 Enfermé dans son jeu de bôgoss Hugo Boss schizo depuis The Tudors (en gros, soit il baise, soit il gueule), Jonathan Rhys-Meyers reste le gros point noir de ce truc, tellement mal écrit et à côté de la plaque qu’il ressemble moins à un film qu’à une publicité de luxe pour les vêtements Cerutti.

Blackbird

1 On en est à combien de films sur des ados nord-américains violents ? Celui-ci est particulièrement dénué d’intérêt.

The bling ring

1 Ce que révèle ici Sofia Coppola n’est autre que l’horreur absolue : des pouffiasses friquées, hypocrites et branchouilles, larguées dans une bulle de vacuité bling-bling. Hélas, elle hésite tellement à poser un regard direct sur cette smala horripilante que sa mise en scène à distance fait passer le film pour une torture à répétition.
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1 Parce que Sofia Coppola croit illusoirement que de la chronique placide de cambriolages nunuches émergera un semblant de vision d’une génération et d’une société (en fait, rien que des banalités et des poses clipesques), les décérébrés se trouvent au final célébrés.

2 Dans l’ordre des choses, il faut chercher quoi raconter puis comment le raconter. L’inverse ne marche pas, ma petite Sofia.

Broken city

2 Le plus agaçant avec ce genre de polar pépère et lardé de clichés n’est pas tant d’y voir du mille fois vu que de ne rien trouver à en dire. Cela dit, c’est toujours moins pire que de voir Russell Crowe surjouer les salauds comme une otarie bourrée.

4 Un film noir pépère dans le genre mais solidement construit (et c’est devenu si rare).

Dark skies

1 Poltergeist avec des aliens ? Mouais, pourquoi pas… Avec des frissons plus basiques tu meurs, des personnages archétypaux, et tout un tas de séquences qu’on a l’impression d’avoir déjà vu dans les plus grands classiques du genre ? Euh, non merci…

Diaz

2 Chouette que le cinéma italien remette sa verve contestataire au premier plan depuis quelques années, mais ça devient un peu trop fréquent. Tant est si bien qu’ici, la mise en scène (très prévisible) se révèle moins intéressante que le sujet, en revanche très couillu et porteur d’une colère justifiée envers un système corrompu.

Dragon Gate

2 Tsui Hark se livre à une redite de tout ce qu’il a déjà expérimenté dans le wu xia pian et sa mise en scène ne réussit plus à transcender la notion de chaos qui hantait ses meilleurs films. Malgré une dernière demi-heure bien jouissive, on se lasse de voir un cinéaste aussi important tourner en rond de la sorte.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

2 Quelques délires visuels très liés au plaisir expérimental de la 3D, grisants voire jouissifs, s’extirpent du magma informe du scénario pour se suffire à eux-mêmes comme pur spectacle.
>>> Lire la critique dans notre dossier Berlinale 2012

4 Chaotique, frappadingue, virtuose… oui, on est bien chez Tsui Hark. Et en profiter au cinéma avec de la 3D, ça n’aurait pas été du luxe.

La fille du 14 juillet

2 Un personnage culte (le docteur Placenta), une actrice à tomber (Vimala Pons), des gags absurdes qui font souvent mouche, et un scénario sans queue ni tête, sans doute rédigé de façon instinctive entre deux cuites au whisky… On ne sait pas trop quoi dire d’autre, mais soyons honnêtes, ça aurait pu être pire.

La Grande Boucle

1 Ni pire ni meilleur que les 1246 comédies sur le dépassement de soi que le cinéma français s’acharne à rendre instantanément ringardes avant l’heure. Avec plein d’acteurs vedettes qui n’en finissent plus de se plier aux lois du marketing. On oublie.

The Iceman

2 Michael Shannon est impeccable. Hélas, son jeu est aussi glacial que le film lui-même, ce dernier se limitant à décrire frontalement la folie de ce tueur à gages sans jamais s’y immerger en profondeur. Un jeu de pure surface, en somme.

L’inconnu du lac

5 Si son sens de la fantaisie s’est totalement évaporé, Guiraudie continue malgré tout de dynamiser le cinéma français : le cadre et la mise en scène sont toujours d’une hallucinante beauté, et sa façon d’aborder le désir homosexuel sous l’angle d’un thriller ensoleillé se pare d’un mélange harmonieux de crudité et de justesse.

4 Guiraudie s’apaise dans le délire pour mieux faire monter doucement la pression, tensions sexuelle et criminelle se mêlant jusqu’au vertige.

Joséphine

1 Il ne suffit pas d’appeler un chat Brad Pitt et de transformer Marilou Berry en sous-Bridget Jones pour qu’une daube se mue soudain en comédie branchée.

Man of steel

1 Ouf, Zack Snyder a arrêté de faire des ralentis… Euh, par contre, il fait maintenant des loopings avec sa caméra (ce qui est vite saoulant), il met trop de bruit et de poussière dans chaque plan (ce qui gâche autant la lisibilité que le plaisir) et il doit surtout illustrer un scénario qui aborde trop vite chacun de ses enjeux. Mouais, bof…

1 Even Clark Ken’t save Zack Snyder !

2 C’est bien une origin story à la Nolan, soit un globiboulga scénaristique de (bons) concepts. Frustrant mais désagréable.

La marque des anges

2 Même si elle évite les soucis narratifs d’autrefois en rendant son intrigue fluide et lisible, cette nouvelle adaptation de Grangé reste montée et formatée comme n’importe quelle production EuropaCorp. Côté casting, JoeyStarr tient plutôt bien le haut de l’affiche face à un Gégé qui n’a pas l’air très concerné.

1 Comme d’hab avec Grangé, ça commence plutôt bien et ça finit en eau de boudin. Dommage parce qu’au-delà de l’improbable duo vedette, il y a de beaux moments d’ambiance.

Moi, moche et méchant 2

1 Lui, toujours moche et toujours pas vraiment méchant : la recette n’a pas varié d’un iota. Elle a même empiré, la faute à un script torché à la va-vite et à des gags qui peuplaient la bande-annonce à eux tous seuls.

2 Comme son aîné, c’est absolument sans intérêt… mais l’espionnage à l’esthétisme 60’s est l’un de mes péchés mignons.

My movie project

0 Pourquoi la moitié d’Hollywood est allée se fourvoyer dans une telle bouse à sketches dénuée de toute forme de drôlerie ? Cela restera le plus gros mystère de l’année… Ah, pour info, Hamburger Film Sandwich est sorti en DVD et c’est absolument tordant.

1 Des stars qui font et disent des saloperies pendant 90 minutes. Voilà, c’est tout et c’est juste embarrassant.

Oh boy

3 24 heures dans Berlin en compagnie d’un jeune homme qui passe d’une rencontre à une autre : cela donne une agréable déambulation urbaine, souvent loufoque et imprévisible, sur laquelle toute velléité d’analyse peut être laissée au vestiaire sans le moindre regret. Un joli bol d’air frais.

3 Malgré une structure trop segmentée, le personnage captive et touche en se laissant envahir par le passé pour mieux aller de l’avant. Il peut alors devenir réellement une incarnation de l’âme de Berlin, ville éminemment passionnante.

Pop Redemption

Room 237

5 Les théories délivrées dans ce docu ont beau frôler la masturbation cérébrale, elles participent à faire de Shining un vaste labyrinthe narratif dont le sens se dessine en fonction du schéma interne de celui qui le regarde. Un vertige finalement digne de Kubrick lui-même, qui file la trouille autant qu’il nous retourne le cortex.
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2 L’intérêt du doc, ce ne sont pas les théories fumeuses mais le processus qui a conduit à leurs naissances. Dommage que la démonstration tire en longueur.

Shokuzai, celles qui voulaient oublier

3 Le propos de Kurosawa sur la pénitence et la culpabilité révèle enfin son vrai visage. Cela n’enlève toutefois en rien le sentiment d’avoir un peu perdu son temps devant une oeuvre inaboutie, qui aurait gagné à se recentrer sur son prologue et son épilogue tout en évacuant les quatre parties centrales, finalement bien superflues.

2 Une seconde partie en forme de douche froide. L’histoire se poursuit avec intelligence mais se montre désespérément longuette dans l’exécution.

Star Trek : Into darkness

4 Toujours plus agité (peut-être un peu trop), Abrams transforme l’essai de son reboot en un spectacle ébouriffant, qui applique avec brio le principe de ses personnages : un désir d’exploration poussé à l’extrême jusqu’à repousser les frontières du possible. Autant dire qu’on en prend plein les mirettes.

5 L’action est toujours suspendue à un enjeu émotionnel simple et fort. C’est là que réside le secret d’un film ultra-complexe dans ses rebondissements et qui pourtant réussit à paraître simple. Un cœur sous les couches de CGI, ça se raréfie et ça fait du bien (ça change de l’autre qui a même pas de slip, voir plus haut !).

4 Le remake (raté) est constamment à deux doigts de l’emporter sur le reboot (inspiré).
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Juillet

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

12 heures

1 C’était inévitable : vu que Taken et sa suite ont cartonné aux USA, il fallait bien s’attendre à voir débarquer des décalques. En voici un qui, sans être désagréable à regarder, reste tout de même atrocement quelconque. Et comme souvent dans ce genre de production, ce cher Nicolas Cage fait le minimum syndical.

0 10 minutes de fun au début suivis de 80 minutes d’ennui cosmique. Je suis nul en maths mais le ratio qualitatif semble très mauvais.

13

1 Malgré le souhait louable de créer une passerelle entre auteurisme et cinéma de genre, 13 Tzameti restait un premier film assez bancal. Ce remake américain, mis en boîte par le même réalisateur, se révèle aussi inutile dans son fond qu’insignifiant dans son filmage, ce dernier justifiant largement sa distribution en DTV.

Aya de Yopougon

3 Sans mauvais jeu de mots, le film a un côté beaucoup trop « vignette » pour passionner réellement…

3 Un premier long-métrage plutôt rigolo et attachant mais qui souffre de quelques problèmes d’adaptation, à commencer par son absence concrète d’intrigue et d’enjeux forts.

The Collection

2 La suite du très sadique The Collector. Et une nouvelle preuve qu’à l’instar de la franchise Saw, même une bonne idée de série B peut engendrer des séquelles inférieures qui se contentent de décliner le concept d’origine. Assez fun à regarder, malgré tout, ne serait-ce pour l’inventivité des scènes gore.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

Le Congrès

1 Agaçant de simplisme et de lourdeur, le propos d’Ari Folman sur la numérisation du réel au cinéma frise surtout l’insignifiance dans sa partie “réelle” avant de virer à la tambouille animée sans queue ni tête. Même avec un taux important de THC dans le sang, ce bad trip prétentieux ne fait aucun effet.

4 De charge contre les dérives possibles d’Hollywood, le film glisse vers l’hallucinogène. Comment se retrouver lorsqu’on est submergé, aveuglé par des images-reflets ? Sous l’hallucination, la tristesse submerge et poursuit longtemps après ce très beau trip cinématographique…

5 D’intéressant dans son intro, Le Congrès conduit rapidement à l’implosion cérébrale. Le résultat n’est pas aussi appréhendable que Valse avec Bachir mais non moins dense.

Crazy Joe

2 Jason assure toujours dans son numéro traditionnel et la réalisation de Steven Knight est assez élégante pour ne pas décevoir : la recette marche encore des deux côtés, on aimerait simplement qu’elle évolue un peu pour ne pas se lasser trop vite.

4 Knight manque de maturité dans sa mise en scène mais revendique au moins des vraies envies de cinéma. Et puis, son travail scénaristique demeure toujours aussi brillant.

Dans la tête de Charles Swan III

1 Il aura donc fallu douze ans à Roman Coppola pour torcher un come-back aussi mou du genou, insignifiant et globalement bâclé. Difficile à admettre, même si la prestation assez grandiose de Charlie Sheen mérite à elle seule le détour (et le plus grand respect).
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2 Roman Coppola a de drôles de bestiaux qui lui grouillent dans la tête et il les retrouve imprimées sur pellicule quand il se réveille le matin.

Fanny

3 Bien que Fanny soit l’oeuvre la plus émotionnellement chargée de la trilogie, Daniel Auteuil en restitue parfois l’impact des dilemmes sans éviter une certaine lourdeur théâtrale. Cela ne l’empêche pas d’aboutir au final à un superbe revival de l’oeuvre de Pagnol, et de nous donner envie de voir César au plus vite…

Frances Ha

4 La cinéphile évidente de Baumbach a beau le pousser parfois à citer ses maîtres (Allen, Carax, Cassavetes…), la folie qui se dégage de cette chronique douce-amère agit comme une irrésistible tornade. Dans son rôle d’éponge hipster qui titube à plein régime, sa muse céleste Greta Gerwig mérite une pluie d’Oscars.

4 L’avancée par petites touches prive de grand moment mais débouche sur l’idée de remises en cause nécessaires de notre regard sur la vie. Joli.

Gold

2 Il manque une dynamique de fond autre que la fadeur d’un portrait de femme tardif pour donner du souffle à ce western mineur et pantouflard.

Le grand méchant loup

1 Ce qui fonctionnait à mort dans La personne aux deux personnes tourne ici au désastre, à cause d’un casting calamiteux, d’un sujet poussiéreux (l’adultère c’est mal : oh punaise !) et d’un scénario qui, à force de faire le grand écart entre Yves Robert (sans la justesse) et Blake Edwards (sans la folie), subit le pire des claquages.

Grigris

2 Le fait de juxtaposer un par un tous les passages obligés du mélodrame misérabiliste (précisément ce que Haroun avait su contourner dans ses précédents films) n’aboutit qu’à un film banal et sans grand intérêt. Le cinéaste conserve cependant un sens du cadre et de la mise en scène qui fait toujours une belle impression.

2 L’agrégation de composantes trop disparates empêche ici Saleh-Haroun de tirer son histoire vers la fable ou la tragédie comme auparavant. Reste un indéniable talent dans la composition des plans.
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Insaisissables

4 Le cinéma est affaire de magie et de croyance envers le pouvoir de l’illusion : une loi immuable que Leterrier applique avec brio dans ce thriller conceptuel, plus malin que prévu et gavé de tours de passe-passe stupéfiants à rendre jaloux David Copperfield. Un plaisir très simple qui se savoure plus qu’il ne s’explique.
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4 Le Prestige pour les nuls… mais c’est quand même très fun.

2 Tellement prévisible dans ses intentions que j’ai passé la majorité de mon temps à rechercher les rebondissements à venir. Et j’en ai trouvé.

Le jour attendra

0 Le polar marchalien est bel et bien devenu une caricature à lui tout seul, avec tout ce que ça comporte de violence gratuite, de clichetons grossiers, de frime clinquante et de personnages esquintés à n’en plus finir. 92 minutes de torture physique et psychologique qui sonnent comme le degré zéro du polar français.

Marius

4 Chez Daniel Auteuil, ce n’est pas juste une admiration pour l’oeuvre de Pagnol qui existe, c’est un amour sincère pour un texte, un univers, une époque et une atmosphère. Tout ce qui fait de Marius un prototype idéal de cinéma populaire, chaleureux à plus d’un titre et jamais avare en idées de mise en scène.

Meteora

4 Curieux film, où de petites animations d’images iconiques s’incrustent dans un ascétisme pictural à la Bruno Dumont. Cela ne rend pas le film aussi bouleversant que prévu, mais en fait néanmoins une expérience digne d’intérêt, riche en plans magnifiques, qui sait utiliser la forme pour transcender le fond.

4 Mystique et tellurique, animation fantaisiste et réalisme cru s’équilibrent pour transcender par la forme le dilemme moral des personnages d’amants sacrilèges.
>>> Lire notre dossier Berlinale 2012

Metro Manila

1 Vous saviez, vous, que les pauvres étaient des gens pauvres vivant dans une pauvrissime pauvreté ? Merci, Ellis, de réparer notre ignorance.

Monstres Academy

2 Après la cata Rebelle, les gars de Pixar relèvent un tantinet le niveau avec une préquelle d’un de leurs films les moins glorieux. Technique et divertissement sont là, mais il y a tout de même de quoi s’inquiéter pour l’avenir : Pixar serait-il devenue une usine comme les autres, en plus d’être définitivement en panne d’idées ?

2 Il y a quelque chose d’insupportable à voir l’Usine à Rêves d’hier se contenter aujourd’hui de « faire le boulot ».

2 Pas particulièrement désagréable à suivre ou dénué de qualités visuelles mais c’est juste désespérément inutile et sans intérêt.

2 Pixar reste Pixar sur une multitude de points. Mais surtout pas sur l’humour et la manière de raconter son histoire.

Pacific Rim

6 Au-delà des émotions et de la chair humaine qu’il parvient à rendre plus incarnée que jamais au cœur des machines, le spectacle de Pacific Rim touche à un degré de sidération si stratosphérique que l’on frise plus d’une fois la commotion cérébrale. Plus que jamais, Del Toro a amplement mérité son statut de demi-dieu.

5 Sur un peu plus de 2h sont saisies les conséquences humaines et techniques, politiques et intimes d’un cataclysme. Maître du découpage, Del Toro est partout à la fois, autour de géants et dans les coeurs des hommes. Un spectacle total d’une rare maîtrise.

5 A une intro foireuse près, on tient là un exemplaire grand spectacle traité avec sérieux et talent où la simplicité de l’histoire se compense par le parfait dosage de ses composantes.

5 Pas mal de petits soucis pénibles mais qui ne sont rien face à un sentiment que très peu de cinéastes arrivent à faire naître chez leur spectateur, et encore moins à un tel niveau de puissance : L’EXALTATION.

Paris à tout prix

1 Reem Kherici a beau être une fille sublime, ses débuts de réalisatrice ne sont qu’une vilaine escroquerie : pas de scènes drôles dans son scénario, pas d’idées originales à l’horizon, et pour avoir osé un décalque inavoué de Fatal (dans lequel elle jouait), elle a quand même fait très fort.

R.I.P.D

1 Aucune projection de presse n’a été organisée pour cette bouillabaisse de poncifs éculés, lorgnant (très mal) du côté de Men in Black et déjà récompensée d’un méga-bide outre-Atlantique. Une action tout à fait justifiable lorsque l’on découvre le résultat.

1 Jeff Bridges s’amuse et pour le coup nous amuse. Le reste de l’équipe s’est absenté pour aller à l’enterrement de la franchise.

Rampart

1 Trop de polars urbains ces derniers temps, pas vrai ? Hélas… Même avec un Woody Harrelson toujours aussi classe lorsqu’il joue les allumés, le film reste à peu près aussi sage qu’un Dark Blue et même son discours critique sur le système policier américain semble avoir dix ans de retard.

Les reines du ring

0 L’énième prototype de la comédie française moche, mal écrite, mal jouée, sans point de vue de mise en scène et consternante à tous les niveaux de fabrication. Quant au catch, ça passe souvent sur la TNT et c’est largement plus chouette à regarder.

Les stagiaires

0 Sur le fond, c’est comme Monstres Academy, mais en pire. Sur la forme, c’est juste une publicité déguisée à 58 millions pour Google, conçue sur mesure pour deux acteurs si nuls et casse-couilles qu’on a juste envie de leur péter la gueule avec un extincteur façon Irréversible. Fuyez à tout prix !

Texas chainsaw 3D

2 Tout pourrait donner envie de détester cette suite directe du film de Tobe Hooper. Sauf que voilà : malgré une 3D superflue et un grand nombre d’incohérences vis-vis de la saga, la singularité de cet épisode très gore réside dans les variations de point de vue qu’il impose humblement à la mythologie originelle. Pas trop mal.

1 Faire une suite directe au film original, ça consistait donc à faire un mauvais remake de The Devil’s Rejects ? Heureusement, le casting féminin est (bien) en forme.

World War Z

1 Le film d’horreur propre et chirurgical : Paul Anderson l’avait inventé avec Resident Evil, Marc Forster le perpétue avec World War Z. Pour les spectateurs 100% voraces et carnivores, ce n’est donc pas la bonne adresse. Pour ceux qui veulent voir un blockbuster original… euh, c’est pareil.

2 Le film est à l’image de sa déplorable production. Il demeure juste quelques beaux restes de ce qui devait être une variation ingénieuse du roman original.
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Wolverine, le combat de l’immortel

1 Entre deux scènes d’action sans punch, quel intérêt peut-il y avoir à regarder le glouton philosopher lourdement sur sa condition de freak, apprendre à enfiler un kimono, découvrir une théorie sur les baguettes chinoises ou lâcher une punchline avec le charisme d’un pneu ? En ce qui me concerne, aucun…

3 Comme pour Iron Man 3, le spectacle est trop formaté et trimballe son lot de connerie. Mais le savoureux contexte japonais et l’honorable travail de Mangold sauvent l’entreprise.
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Août

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

Alabama Monroe

4 Le propos est simpliste et la fascination du cinéaste pour l’Amérique un peu trop insistante. Mais face à des émotions universelles et des acteurs dont on tombe amoureux dès qu’ils apparaissent à l’écran, toute résistance est inutile. Très bonne surprise de la part du réalisateur de La merditude des choses.

3 La maladresse de plusieurs passages isolés et la surenchère de la narration sont les dommages collatéraux d’une belle générosité.

American Nightmare

0 Conserver le titre original aurait été une meilleure preuve d’honnêteté vis-à-vis du spectateur. Et déjà que ce dernier aura du mal à croire une seule seconde au synopsis…

2 Un vrai sujet traité de la manière la plus standardisée imaginable. Ça donne bien envie de purger sa frustration sur les responsables de cet échec.

L’aube rouge

1 Après les Russes, les Nord-Coréens sont désormais la nouvelle cible à dézinguer. Perpétuer cet anticommunisme primaire est à la limite de l’anachronisme, avoir osé un remake du nanar militariste de John Milius était juste une idée à la con.

1 Y a de la belle pyrotechnie… mais filmée tout en shakycam imbuvable et incrustée dans une histoire faisant constamment ressortir la débilité du pitch.

Conjuring : les dossiers Warren

2 Entre deux Insidious, James Wan persiste dans le (train-)train fantôme où de généreuses montées de trouille sont suivies par une dégringolade dans la série Z. Reste une mise en scène assez efficace…

3 Un peu plus bancal qu’Insidious mais l’impression générale reste la même : classique mais bougrement efficace.

3 James Wan s’offre son Amityville 2 avant de bifurquer vers le film d’exorcisme. Et comme d’habitude avec le cinéaste le plus frustrant de sa génération, ce qui aurait pu et dû être brillant se perd dans des excès de zèle aussi inoffensifs qu’exaspérants.

Le dernier pub avant la fin du monde

5 Pour achever en beauté sa trilogie « Cornetto », Edgar Wright réussit à signer un exemple rêvé de geek-movie dégénéré, véritable ode à la biture, à l’imperfection et au pilonnage sans pitié de l’uniformisation. Assez déjanté et grandiose pour donner envie de se pinter la gueule après la projection.

5 Chez Edgar Wright et ses copains, les émotions sont comme la culture : plus ça brasse large, mieux c’est.

4 Faute de se montrer émouvant (pure question de sensibilité), le dernier Edgar Wright envoie du gros poney quand il s’agit d’humour et d’action. Je n’en attendais pas moins de sa part.

Les derniers jours

2 OK, les frères Pastor sont sacrément doués pour la mise en scène, mais pour un second essai après Infectés, on espérait autre chose qu’une redite appliquée sur la thématique du virus et de la fin du monde. Au final, ces Derniers jours ne font hélas pas le poids face à ceux des frères Larrieu.

4 Du post-apo solidement mis en scène, frais et émouvant. Des redites comme ça, j’en mangerais par palettes au petit déjeuner.

Drift

2 Il est préférable de ne pas voir ce film en espérant y trouver des scènes de surf : elles sont aussi rares que bien filmées. Mais il ressort malgré tout de ce DTV très soigné (et hélas trop bavard) un attachement bien réel pour ses personnages et un certain goût du dépaysement exotique. En cette période de vacances, ça peut suffire.

Elysium

2 On ne pouvait pas espérer pire : non seulement le scénario ressemble à celui d’une série B écrite à la va-vite et chargée de poncifs éculés, mais Blomkamp se livre surtout à une redite caricaturale de District 9, dont toutes les ambitions se ressentent uniquement dans la production design et les effets spéciaux.

2 On espérait plus d’ampleur dans la SF sociale après District 9. Blomkamp tient une longue installation d’1h puis lâche tout. Décevant.

5 Se débarrassant de tout aspect gimmick, Blomkamp balance une série B haut de gamme visuellement grandiose et directe dans ses intentions.

4 Peut-être en deçà de District 9 sur le plan émotionnel, en tout cas bien moins surprenant, Elysium reste un passionnant spectacle de SF au rythme impressionnant.

Les flingueuses

1 Deux présences à relever dans cette comédie insignifiante : celle de Sandra Bullock me rappelle que Gravity sort dans deux mois, et celle de Melissa McCarthy me rappelle que cette actrice risque fort de remporter l’Oscar de l’actrice la plus vulgaire de la galaxie… Allez, Sandra, envoie-nous dans l’espace…

1 Intrigue : néant. Timing comique : néant. Mise en scène : néant. Actrices principales : font ce qu’elles peuvent avec le néant aux alentours.

Grand Central

5 Sujet risqué sur un double risque (la contamination nucléaire d’un côté, le désir amoureux de l’autre), ici traité avec brio par une réalisatrice téméraire qui se fixe sur du concret pour mieux orienter sa mise en scène, à la fois épurée et puissamment sensitive, vers une radioscopie inédite des rapports humains. Vraiment balèze.

4 En ne reculant pas devant le romanesque, Zlotowski peut ramener son histoire au cadre surprenant vers une sorte de pureté fondamentale. Ce n’est pas parfait, mais une tentative d’ampleur fait d’autant plus plaisir à voir que la démarche manquait à la production française depuis quelque temps.
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Imogène

1 Pour tous ceux que Paris a tout prix n’aurait pas encore épuisés dans le ressassement du thème du retour aux sources, cette comédie indépendante américaine peut faire figure d’hamburger réchauffé. De plus, dès que Kristen Wiig se prend au sérieux, elle se révèle très mauvaise.

Jeune & Jolie

1 Pourquoi cette peste casse-burnes de 17 ans se prostitue ? Ozon ne le dit jamais et tente de dissimuler son absence de propos sous le prétexte d’un film focalisé sur le mystère de l’adolescence. Du coup, on en arrive à croire que son dérapage sur la Croisette aurait donné un film plus intéressant que celui-ci.
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4 Une fille se laisse langoureusement basculer dans un insaisissable mélange de volupté et d’absence au monde. L’onde de choc que cela provoque est saisie avec attention… et une certaine grâce.

Jobs

1 Le syndrome du film-Wikipédia continue de frapper, et ce n’est pas cette interminable séance de cirage de pompes qui va changer les choses. Sinon, Ashton Kutcher joue bien. Voilà.

1 Heureusement que Steve Jobs était fan de Bob Dylan. ça donne au moins une qualité à cette monumentale séance de léchage de cul.

Kick-Ass 2

3 Faute d’un vrai cinéaste aux commandes, le scénario et la mise en scène de cette suite sont à l’image de Kick-Ass : bâclés et esquintés. Encore heureux qu’ils aient mis le paquet sur la violence trash et décomplexée : ça procure toujours un plaisir XXL.

3 Déséquilibré et gavé de fautes de gout, cette suite n’est absolument pas au niveau de son aîné. La réflexion est sacrifiée sur l’autel du fun décomplexé mais celui-ci arrive au moins à marcher.

1 Une négation du premier opus. Et de mise en scène par la même occasion.

Lone Ranger

3 Cuisinée cette fois-ci à la sauce ranch, la recette Depp/Verbinski/Bruckheimer ne varie pourtant pas d’un iota. Au moins, le trio nous offre un rythme soutenu, une série de beaux plans leoniens et même un climax final ultra-jouissif, histoire de ne pas nous faire quitter ces 150 minutes sur une vilaine grimace.

0 Un benêt + un grimaceur en mode « jeu automatique » + des tas de trucs qui explosent. Ça vous rappelle quelque chose ? Eh ben c’est pire.

3 Verbinski repousse encore un peu plus sa démesure et sa mégalomanie. Du coup, l’excessive durée de la chose finit par nuire à un spectacle pourtant solidement emballé et loin d’être con dans ses intentions.

Magic Magic

3 Silva fait du sous-Polanski, dénué d’ambiguïté sous-jacente et parcouru par un flou intégral, tant visuel que narratif, qui ne mène à rien de précis. Au moins, il sait créer une certaine angoisse par des moyens purement sensitifs, et c’est déjà très bien.

3 Faire sourdre l’angoisse de trois fois rien sur 1h30, c’est pas mal. Mais cette petite expérience un peu étrange est si vite oubliée…
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3 Se sait mystérieux, et surtout tient à le montrer. Quitte à ne rien dire.

Michael Kohlhaas

5 D’une impressionnante rigueur formelle, le nouvel opus d’Arnaud des Pallières forme une épure magistrale de la nouvelle de Kleist et abolit tout repère géographique pour ne conserver que l’essentiel : une réflexion ouverte sur le thème de la justice. Les plans sont si beaux que l’expérience touche parfois au sublime.
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>>> Lire notre entretien avec le réalisateur Arnaud des Pallières

4 Dans les meilleurs moments, Des Pallières ne raconte son histoire qu’avec de la lumière, des éléments déchaînés et un visage accidenté.

Percy Jackson – La mer des monstres

1 Et ça poursuit sa réinvention gogol de la mythologie grecque façon sous-Harry Potter. Vaguement amusant au douzième degré.

Oggy et les cafards – le film

3 Pas de dialogues, juste un fabuleux travail sur le son et une animation au top qui donne à ce slapstick cartoonesque de jolies doses d’hilarité. Pas sûr qu’il était nécessaire d’étirer l’ensemble jusqu’à atteindre 1h30, mais le résultat est très sympathique.

1 Trois kilotonnes d’idées visuelles et sonores qui ne fonctionnent jamais, mais qui ont toujours ce semi-mérite de contrer l’ennui tout le long de la séance.

RED 2

2 Bonne nouvelle : c’est déjà plus drôle et plus rythmé que le n°1. Mauvaise nouvelle : c’est trop gourmand et bordélique en plus de se limiter à du véhicule promo pour stars has been.

2 Certes, c’est plus dynamique que son prédécesseur, mais ça reste aussi palpitant qu’une visite à tata Yvonne dans sa maison de retraite.

Les salauds

5 Lynch n’est jamais très loin dans cet ovni punk, quasi pulsionnel, où Claire Denis sonde les mystères du désir à travers un style toujours aussi puissant, prompt à déstructurer le récit au profit d’un délicieux vertige narratif et sensoriel. Pas de propos réel, juste des bribes de vies qui forment un terrifiant puzzle. Gare au choc.

1 Claire Denis multiplie en vain les thématiques en espérant que leur entrechoquement saisisse quelque chose du monde d’aujourd’hui ou « de l’Homme » (wow). Elle n’a rien à dire, mais elle le dit très sérieusement.
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Welcome to the Punch

1 Au menu de ce polar visuellement soigné et produit par Ridley Scott : un pudding d’enjeux scénaristiques déjà rebattus, persemé de personnages burnés comme il faut, avec son coulis de péripéties à couper le souffle d’un asthmatique.

Septembre

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

2 Guns

1 Ce que l’on voit sur l’affiche est une mise en abyme : un money-shot (le seul du film) avec du cash éparpillé dans les airs. Parfaite définition d’un film qui tente de condenser (très mal) pas moins de trente années de buddy-movies débiles.

2 L’histoire où plane le spectre de Peckinpah aurait fait les beaux jours d’un Tony Scott. Là, on a juste un buddy movie con-con mais rigolo.

Les amants du Texas

1 On peut déjà parler de « filon sudiste » exploité par les indé méricains ! Le film se voudrait malickien, il est juste vaguement flottant (au mauvais sens du terme). Il se voudrait simple voire minimaliste, il est juste vide.

La bataille de Solferino

2 Intéressant parallèle entre deux formes d’hystérie en désaccord (une société et une famille), mais à cause d’une mise en scène aléatoire et d’un ramassis d’acteurs mauvais comme des cochons, le propos a bien du mal à se frayer un chemin dans cette foule saoulante.

4 Le plus saisissant, c’est cette circulation de tension de l’intimité à la foule. Ces moments électriques, qui démontrent la qualité du montage, excusent bien des lourdeurs…

Blue Jasmine

4 Woody n’est jamais aussi surdoué que lorsqu’il injecte une dose massive de cruauté dans sa dissection des rapports humains et des mécanismes sociaux. Rebelote avec ce très beau cru 2013, où l’on rit jaune face à une Cate Blanchett fracassée et fracassante.
>>> Lire la critique-express

4 Woody Allen rouvre son cinéma à la société de son temps pour en capter les ravages dans l’intime. Cruellement drôle et drôlement désespéré.

Citadel

1 De ce premier film aux raisonnances très personnelles pour son cinéaste, on ne sauvera qu’un joli travail sur l’image et le son. Pour le reste, entre un scénario qui dérape sur des pistes narratives qu’il ne maîtrise jamais et un sous-texte sociopolitique qui fait pièce ajoutée, Citadel ne mérite pas sa réputation d’œuvre-choc.
>>> Lire le compte-rendu des Hallucinations Collectives 2013

Copains pour toujours 2

1 Entre blagues de pipi-caca, Taylor Lautner en connard de service et clichés éculés qui font peine à voir, cette suite inutile peine à nous dégainer un sourire. Très dispensable, à moins d’avoir deux ans d’âge mental.

5 You don’t have to be smart to laugh at farts, but you have to be stupid not to.

La danza de la realidad

2 Le très grand Alejandro Jodorowsky tire hélas sa révérence sur une autobiographie déguisée mais bancale, où le ressassement remplace l’imagination. Très loin du film-somme tant espéré.
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4 Ré-enchanter, re-dramatiser sa propre enfance : Jodorowsky avait peut-être besoin de ça pour trouver cette paix sublime et communicative en fin de parcours…

Elle s’en va

2 Le plus captivant, c’est peut-être d’observer la grande Catherine : proche et lointaine, parfois trop souveraine pour faire croire au banal.

Gibraltar

3 Solidement documenté, le scénario fonce hélas beaucoup trop vite pour aborder le fascinant contexte géopolitique qu’il met en place. Ce qui n’empêche pas Julien Leclercq de signer enfin un film ambitieux et porté par un vrai bon casting.
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2 Largement supérieur aux précédents efforts de Leclercq mais cette qualité est plus à mettre au compte de la construction du scénario que de la téléfilmesque réalisation.

Headhunters

1 Il n’y a rien de pire que de voir un sujet de thriller intéressant réduit en purée par une première partie aussi morne et mollassonne qu’une série allemande. Encore plus lorsque la seconde partie accélère soudain le rythme pour partir littéralement en sucette.

Ilo Ilo

2 Anthony Chen s’est limité à fictionnaliser ses souvenirs d’enfance au détriment d’un vrai désir de cinéma : tout ce qui ressort de son scénario n’est rien de plus que l’éternel catalogue de clichés sur la crise socio-économique.

3 Ce qu’Anthony Chen capte par son humble chronique familiale, c’est rien moins qu’un étouffement social des 90’s dont la résonance perdure.

Les invincibles

0 Six scénaristes pour torcher une comédie franchouillarde et laborieuse sur un tournoi de pétanque, le tout commis par le tâcheron de RTT… Non mais, sérieux, c’est quoi ce bordel ?

Jimmy P.

1 Entre voir Desplechin signer un ersatz de cinoche indépendant américain et subir deux heures de psychothérapie verbeuse, difficile de déterminer ce qui est le pire. On s’en fiche un peu, à vrai dire…
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4 Desplechin radicalise son approche de la parole, omniprésente et forte, tout en l’aérant par une forme classique et solaire à l’américaine.

2 Deux acteurs discutent pendant deux heures. Heureusement, ils sont excellents parce qu’il y a rien de bien motivant à part ça.

Lettre à Momo

1 Entre des pompages exaspérants à la filmo miyazakienne, un humour très lourd et un scénario bancal qui dévie sans cesse de sa trajectoire, on attend en vain que le récit se mette vraiment à démarrer. De la part du réalisateur du magnifique Jin-Roh, la déception est immense.

5 Un brin tire-larme par moment mais c’est bien peu de chose par rapport à la justesse de l’ensemble.

5 Éternelles thématiques transcendées par un parfait traitement du fantastique et une animation à tomber. Les larmes sont offertes.

Ma vie avec Liberace

3 Moins orageux et éclatant que prévu, ce biopic (dé)culotté d’une tragédie amoureuse de Liberace reste au niveau d’un luxueux téléfilm, à la fois queer et bling-bling. A voir surtout pour la prestation ahurissante de Michael Douglas.

4 Dans ce beau mélodrame, le flétrissement le dispute sans cesse à l’éclat, l’avilissement à l’accomplissement. On en sort avec la gueule de bois.

3 Passion et obsession étant au coeur du film, l’approche à froid de Soderbergh n’était peut-être pas la plus adéquate. Au moins, elle tient la route et ne tombe pas dans un mauvais goût facile.

Le majordome

2 Ceci aurait pu être LE film capable d’opérer un raccourci brillant de l’Histoire des Etats-Unis à travers le prisme de l’évolution des liens entre communautés. Mais avec le manque de subtilité qui caractérise Lee Daniels, on ne récolte juste qu’un biopic pesant et finalement très négligé en terme de mise en scène.

3 C’est quand son personnage-titre passe outre la passivité qu’on exige de lui que Lee Daniels parvient à capter beaucoup en en montrant peu. Quitte à ne pas se montrer toujours très finaud.

Miele

2 Peut-être à force de craindre une maladresse dans le traitement de son sujet délicat, Valeria Golino n’aboutit qu’à une oeuvre trop timide qui se réfugie dans des tics formels incompréhensibles et de petits éléments insignifiants.

Les Miller, une famille en herbe

3 L’équilibre entre trashitude pure et narration convenue est très harmonieux, mais bon courage pour y trouver la moindre originalité dans l’humour comme dans la mise en scène. Bon point : Jennifer Aniston met le feu à la pellicule.

2 Il fallait s’en douter, la comédie drôle parce que trashsubversiveolalacommentilsontoséfaireça de l’année, ne possède pas l’ombre de la queue d’un tout petit truc juste dévoilé en bord cadre qui mériterait, même par mégarde, n’importe lequel des qualificatifs qui lui ont été attribués pour en vanter la transgression.

Moi & toi

1 Plus il vieillit, plus Bertolucci semble chercher à rajeunir. Ce n’est hélas pas le cas de son cinéma, aujourd’hui peu évolutif, à l’image de cet énième huis clos sentimental, filmé et découpé comme une sitcom télévisuelle sans le moindre relief.

No pain no gain

5 Avec ses personnages débiles gavés à une utopie qui l’est encore plus, Michael Bay lorgne du côté des frères Coen (en mode dégénéré) et ose une désidéalisation outrancière du rêve américain. Un entrisme casse-gueule qui lui permet néanmoins de signer son film le plus sincère depuis Bad boys II.

0 Michael Bay a essayé de « réfléchir » 2s sur le culte américain du self-made-man et la pratique excessive du personal training. Puis, son neurone a brûlé. Il s’est alors rabattu sur de basses moqueries à l’encontre de ses personnages presque aussi bêtes que lui.

5 Toujours fidèle à sa folie visuelle, Bay balance une bonne grosse expérience sensorielle où le rêve américain transparaît dans tout ce qu’il a d’exaltant, hilarant et terrifiant. Awesome !

5 Pour la seconde fois après The island, Bay montre qu’il sait installer une atmosphère. Pour la première fois, il la tient jusqu’au bout et en constante cohérence avec le parcours intime de ses personnages.

Players

3 L’idée d’explorer les bas-fonds du monde des paris en ligne donne au film ses meilleures scènes, tandis que le reste se savoure sans peine comme un divertissement agréable, bien que prévisible à tous les niveaux.

Riddick

2 Vin Diesel dégage toujours un charisme fou lorsqu’il incarne cette tête brûlée de Riddick, mais ce come-back tant désiré n’est qu’un décalque à peine avoué de Pitch black, qui plus est doté des mêmes travers (laideur visuelle, production design cheap, personnages stéréotypés, etc…).

3 Même avec un script fonctionnant à l’économie, le manque de moyens crève l’écran et est souvent insupportable. Regrettable tant Twohy et Diesel n’ont pas bradé leur talents.

Rush

4 Pour la première fois, un film sur la Formule 1 se solde par une sacrée réussite, précisément parce que ce sport n’est ici qu’une toile de fond à un fascinant duel psychologique, auquel la mise en scène survoltée de Ron Howard confère ici une vraie dynamique émotionnelle.

2 Il y a une vraie base émotionnelle dans le projet mais en priviligiant un prétendu travail sur les personnages, le résultat se fait plat et insipide. Du Ron Howard pur jus.

Tip Top

0 On pourrait décrire ce truc comme du Guillaume Nicloux (sans ambiguïté) filmé par un Quentin Dupieux bourré (sans humour). Mais plus simplement, ça n’a rien de « tip-top » : c’est juste bourré de tics et complètement toc.

2 C’est sympa de faire mumuse niveau ton et rythme, mais très agaçant quand, entre deux gags, on se donne l’air de parler de choses sérieuses…
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Tirez la langue, Mademoiselle

4 La critique Axelle Ropert accomplit encore des miracles avec ce superbe deuxième film, dont la mise en scène d’une rare douceur accentue la proximité avec ces trois personnages rêveurs, incarnés par des acteurs magnifiques. On en sort apaisé et durablement ému.

Vic + Flo ont vu un ours

2 Encore un petit monde que Denis Côté observe mi-amusé, mi-compatissant, mais qui peine à s’ouvrir sur le grand.

White House Down

1 Roland a encore repris une surdose de son cocktail Coca/Nesquik/Budweiser, réalise son film comme s’il cassait ses Lego avant même d’y avoir joué, et glorifie la génération YouTube au passage. Au moins, c’est plus drôle que la purge d’Antoine Fuqua.

1 C’est le grand retour du Emmerich des 90’s et de l’actionner patriotico-neuneu… mais je suis trop vieux pour ces conneries.

2 Le plaisir (certes relatif) de l’instant, voilà tout ce que tonton Emmerich cherche à assouvir. Teubé, laid et toujours plus généreux dans l’improbable, son petit dernier remplit parfaitement son contrat en ce sens. Next.

You’re next

1 Un énième home invasion balisé au possible où le potentiel de la mise en scène est ruiné par une ambiance hystérique crispante.

1 De trop rares idées louables survivent comme elles peuvent au milieu d’une stupidité hallucinante contaminant aussi bien le récit que la mise en scène.

Octobre

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

9 mois ferme

4 Enfin libéré de la naïveté gonflante de ses précédents films, Dupontel fonce tête baissée dans l’humour déjanté au détriment de tout propos. Il en tire ainsi son film le plus franc, d’une ahurissante drôlerie et épaulé par une Sandrine Kiberlain comme on ne l’avait jamais vue.

4 Maladroit par-ci, un peu laid par-là, le film est surtout furieusement drôle, admirablement rythmé et si maîtrisé dans le tragi-comique…

4 Un brin bancal dans l’intrigue mais de la comédie française avec des idées, des bons acteurs et de la mise en scène, c’est trop rare pour jouer les difficiles.

After school midnighters

3 Taré mais pas trop. Mais largement de quoi laisser le bénéfice du doute à son réalisateur, lequel parvient à faire exister une galerie de personnages sympathiquement fucked-up.
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As I lay dying

2 S’il finit par lasser, le split-screen densifie une épopée somme toute simple, suspend le temps dans une atmosphère gracieusement mortifère.
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Blood Ties

2 La contribution de James Gray n’a visiblement servi qu’à garnir le scénario de quelques poncifs éculés du genre. Canet a beau crier son amour aux 70’s à tous les étages (la bande-son est exaspérante), il ne fait que réaliser son film de gangsters comme s’il reluquait avec amour un vieux meuble couvert de poussière. A quoi bon ?

3 De son histoire au casting en passant par l’esthétique, Blood Ties a tout pour être excellent. Sauf qu’il a été réalisé par un gosse qui croit pouvoir faire comme les grands.

C’est la fin

1 Le plus agaçant, c’est qu’on a l’impression de voir un excellent concept de mise en abyme comique transformé en télé-réalité bouseuse qui part en vrille lorsqu’elle ne fait pas juste du surplace. Encore un high-concept trop énorme pour être assumé jusqu’au bout, et ça commence à bien faire…

3 L’étonnement qui sauve cette farce de la lourdeur des moments attendus, il est dû à un équilibre précaire entre futilité et jusqu’auboutisme. Les deux sont juste jouissifs !

4 Une comédie drôle, plutôt correctement foutue et respectant le genre investi. Après Machete Kills, ça fait du bien.

4 Du Rogen / Goldberg dans le texte, bourré de défauts mais, crois-le tu crois-le tu pas, c’est drôle. Visionnage sous perfusion de bières chaudement recommandé.

Casa de mi padre

4 Will Ferrell continue sur sa lancée en restant fidèle à son humour décalé, et on s’en plaindra pas : si l’on parle un peu l’espagnol, la moindre ligne de dialogue de ce gros délire tex-mex suffit à étirer les zygomatiques façon stretching.

4 Le pastiche perd en intérêt dès lors qu’il dévoile trop ouvertement ses mécaniques, mais se veut paradoxalement suffisamment bien foutu pour laisser place au génie d’un Ferrell toujours impeccable.

Un château en Italie

0 Valeria continue de jouer comme si elle avait avalé un tube entier de Xanax, le tout avec une réalisation morne et une image sinistre, à l’image d’un scénario qui semble branché sur respirateur artificiel. Sortir de la salle équivaut à s’extraire d’un cercueil.

1 On ne sait toujours pas ce que Valeria Bruni Tedeschi veut raconter d’elle. Sa maladresse débouche sur une autodérision sympa mais surtout sur de l’ennui…

Le coeur des hommes 3

1 Toujours les blagues beauf, les femmes au plumard, la vulgarité en bandoulière, la bande-son piochée à l’aveuglette dans l’iPod de Marc Esposito et la même piscine d’été pour finir sur quatre mecs décontractés du gland. Ni pire ni meilleur qu’avant.

La confrérie des larmes

0 Ne cherchez plus : on tient enfin la résolution finale la plus conne de la décennie. Il fallait bien ça pour étoffer d’une pointe de « génie » ce mauvais ersatz d’une intrigue à la Grangé, dont la totalité de scènes repousse les limites du ridicule. Nanar majuscule.

1 Quelques bonnes idées parsèment le film et auraient mérité un autre traitement que celui, téléfilmesque, appliqué. Quant à la fin, même Grangé en aurait eu honte.

Diana

2 Du téléfilm lisse et niaiseux dans lequel Hirshbiegel tente d’injecter un peu de ce qu’on nomme le cinéma.

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet

4 Parler d’un voyage extravagant est très exagéré quand on voit les péripéties qui le composent. Pour le reste, dix idées par plan de la part d’un Jeunet toujours aussi fort, lequel met son talent au service d’un beau film, simple, optimiste et chaleureux.

4 Alors que son précédent film affichait les limites de son cinéma, Jeunet effectue là un beau retour en offrant une merveilleuse plongée dans le monde de l’enfance.

Eyjafjallajökull

4 Non seulement le titre du film peut aider à gagner haut la main au Scrabble, mais surtout, Alexandre Coffre fait preuve d’une vraie méchanceté. Sans que le taux d’hilarité ne baisse, ici maintenu à haut niveau par un tandem d’acteurs aussi tarés que volcaniques.
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0 L’angoisse -dont-on-ne-peut-prononcer-le-nom.

Fonzy

Gravity

7 Kubrick et Kalatozov ne sont pas morts : ils ont juste longtemps dérivé dans l’espace, vers l’infini et au-delà, pour finir par fusionner en une entité parfaite du nom d’Alfonso Cuaron. Tout comme le fœtus de 2001 prophétisait un nouveau stade de l’humanité, Cuaron inaugure une nouvelle ère pour le 7ème Art. Le futur est là.
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6 Cuarón ouvre un nouvel espace pour le cinéma, très haut, tout là-haut, et le referme presque aussitôt tant il y dit déjà tout. Faire avancer autant le spectacle et en même temps livrer une des plus belles réflexions sur l’Homme de l’Histoire du cinéma : respect éternel.

6 Comme le dit Georges, c’est toute une histoire.

4 Strictement rien à reprocher à cet objet absolument brillant à tous les niveaux mais qui ne m’a pas fait vivre une seule seconde ce qu’il prétend ouvertement (peut-être trop) orchestrer.

Heimat

4 Edgar Reitz, le grand « raconteur » de l’Allemagne, est de retour ! Le premier volet, déjà bluffant visuellement, en appelle trop clairement un second en posant lentement ses enjeux sans en tirer assez. Dans le second, chaque moment peut alors se charger d’une admirable densité émotionnelle.
>>> Lire notre entretien avec le réalisateur

Insidious Chapitre 2

3 L’intrigue de cette suite directe s’immerge totalement dans l’au-delà bizarroïde qui parasitait un peu les dernières scènes du premier film. Pour le reste, la recette James Wan a beau ne pas varier d’un iota, elle conserve un impact saisissant pour mettre le trouillomètre à zéro.

1 Le premier Insidious prenant pour modèle Poltergeist, Wan fait logiquement une suite façon Poltergeist 2. Grotesque, calamiteux et inutilement surexplicatif…

Jasmine

1 Quelques très beaux moments n’empêchent pas l’introspection – quand on n’y est pas pris – de devenir presque obscène. En tout cas plombante.

0 Une voix off servant à nous raconter quelque chose pendant que les mains du réalisateur fabriquent des personnages en pâte à modeler. Et il y a même un peu d’animation parfois !

The lords of Salem

3 Rob Zombie tourne désormais un peu en rond, bloqué dans son univers hardcore sans réussir à le faire évoluer. Pour autant, au cœur de ce gros bordel mêlant ésotérisme et trip psychédélique, sa subversion reste intacte, de même qu’une virtuosité toujours aussi stupéfiante du cadre et du découpage.

3 Zombie livre une ode à un mal insidieux et viscéral. Cela n’excuse toutefois pas un rythme mou et des penchants pour le ridicule.

Machete kills

4 Toutes les idées dingues qui manquaient au premier film, Rodriguez les injecte à la queue leu leu dans cette suite déjantée et bordélique à souhait, assumant ainsi la dimension portnawak de son cinéma mal élevé (et mal branlé). Le troisième épisode promet déjà d’être absolument grandiose.

2 Incompétent, condescendant et cynique, Rodriguez se pose plus que jamais comme le frère maléfique de Tarantino. A peine rigolo pour sa connerie et son irresponsabilité. Puis y a Mad Mel !

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

2 Il faut attendre le dernier quart d’heure pour que le film aborde enfin de plein fouet sa vraie thématique, ce qu’il ne fait jamais dans l’heure qui précède, se contentant d’une poignée de séquences anodines et convenues pour les matins de Gulli.

4 S’il est un charmant petit film, ce n’est pas parce qu’il a quelque chose à dire. C’est surtout parce qu’il le dit bien.
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Malavita

4 Luc Besson continue de se rêver cinéaste américain, mais réussit enfin à emballer un bon film après tant de sales dégâts : sa comédie mafieuse ne manque pas d’une solide écriture et d’un casting royal, le tout parcouru par un zeste d’autoparodie et sous le parrainage de tonton Scorsese. Fuck !

1 Luc, c’est pas juste en foutant Scorsese à la prod et De Niro au casting que ta pseudo-suite foireuse des Affranchis allait fonctionner.

Metallica through the never

1 Le son de Metallica fait toujours un sacré effet, mais l’ajout d’une sous-intrigue sans consistance fait de cette captation de concert un résultat hybride, bancal et dénué d’intérêt. A réserver aux fans hardcore.

The mortal instruments

0 Un gros shaker de 2h10 où l’on a mélangé les enjeux d’Underworld, un épisode de Twilight (peu importe lequel), un clip SM de Mylène Farmer et une pub pour parfum Paco Rabanne. Je vous laisse imaginer la monstruosité qui en découle.

Northwest

2 L’existence de la trilogie Pusher rend ce petit film obsolète et souvent prévisible dans son traitement naturaliste. Rien de honteux à remarquer dans la mise en scène comme dans l’intrigue, cela dit, de même qu’une scène finale assez intense.

Nos Héros sont morts ce soir

1 A force de brasser (mal) les influences pour se chercher un style, le film a l’air d’un sous-Becker, d’un sous-Lynch, d’un sous-tout.

Omar

4 Pur film d’action, de tension et de mise en scène sur l’enfermement progressif d’un homme, pris au piège d’une situation où confiance et trahison ne se différencient plus trop. Réalisation au cordeau, avec une tension maximale qui ne se relâche jamais tout au long d’un scénario diabolique.

4 On redoute un parallèle trop plan-plan entre le sentimental et le politique, jusqu’à ce que le tout monte en gamme avec une belle puissance.
>>> Lire notre entretien avec le réalisateur

Parkland

Planes

2 Un banal spin-off de Cars, bêta sur son propos, bâclé dans sa narration et prévisible à tous les niveaux. On ne sauvera qu’une poignée de scènes aériennes, qui nous mettent un peu la tête à l’envers.

1 Comme attendu, ça capitalise sans vergogne (ni imagination) sur Cars. La certaine qualité de fabrication des séquences de vol ne peut excuser une entreprise si insignifiante.

Prince of Texas

3 Deux paumés tracent littéralement leur route dans ce joli film minimal et déceptif qui pâtit un peu de sa modestie…

Prisoners

5 Plus qu’un simple thriller, Denis Villeneuve nous plonge dans un abîme inouï de perversité et de trouille permanente, qui n’exclut pas la lecture mythologique et qui dessine la plus obsessionnelle des quêtes : saisir le visage du mal. La scène finale fait l’effet d’un nœud coulant sur la gorge.

3 C’est d’une facture indéniablement bonne, mais l’écriture perd en puissance des portraits de personnages et du sous-texte politique ce qu’elle cherche en purs effets de manche et en efficacité un peu pompière.

4 A force de multiplier les points de vue, Villeneuve finit par diluer la portée émotionnelle de son propos. Un choix regrettable au regard de la maîtrise de l’objet.

Salvo

2 Ce polar mafieux sicilien mâtiné de mélodrame commence fort, puis se repose sur le travail visuel du chef op’ pour faire durer l’attente d’un redémarrage illusoire de l’intrigue.

Shérif Jackson

1 Ne surtout pas se fier à la bande-annonce : ce western décalé s’avère si bâclé dans sa narration et si erratique dans ses enjeux dramatiques qu’il constitue une très vilaine arnaque. L’art de se la jouer décontracté quand on est en fait très coincé du cul, en somme.

Snowpiercer

2 Les craintes se sont avérées justes : malgré un visuel qui claque, la fable sociale de Bong Joon-ho s’enferme sans cesse dans le manichéisme le plus irritant, le symbolisme le plus lourd et les incohérences les plus grossières. On ne croit à rien, malgré un dernier quart d’heure qui ferait presque effet.

2 Déception quand l’épique qu’on attendait ne se limite qu’à quelques saillies dans une oeuvre trop figée dans sa maîtrise programmatique.

5 Bong Joon-Ho offre là une brillante adaptation reprenant les composantes de forme et de fond de la BD pour les restituer selon une nouvelle perspective.
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4 La gestion de l’espace de Bong Joon-Ho fait des merveilles dans cet idéal d’adaptation, le cinéaste s’appropriant totalement la BD jusque dans quelques partis-pris de mise en scène typiques du monsieur et qui, hélas, me laissent toujours songeur.

Soleil trompeur 2 : L’exode

5 Mikhalkov prolonge Soleil trompeur par une fresque guerrière aux moyens démesurés qui laisse exploser son dégoût du stalinisme et son sens d’une mise en scène opératique. La lourdeur a beau parfois s’incruster dans cette œuvre de sang et de cendres, le geste de cinéma reste impressionnant.

Soleil trompeur 3 : La citadelle

5 Après la destruction vient l’heure de la renaissance. Le triptyque de Mikhalkov s’achève toutefois sur un bilan des plus douloureux, où la réconciliation amène aussi à la séparation, et prend surtout le risque (payant) de vriller notre approche des enjeux souterrains qui le composent. Une apogée parfaite.

La tendresse

2 Titre programmatique : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ouf : quelques détails font mouche et que le duo Marilyne Canto/Olivier Gourmet est si bon !

Thor, le monde des ténèbres

2 Vous pensiez que le réal de Game of Thrones allait faire mieux que le machin signé Kenneth Branagh ? Mouais… C’est déjà moins chiant, un peu plus soigné mais ça ne vole toujours pas très haut.

1 Vous pensiez que le réal de Game Of Thrones allait faire mieux que le machin signé Kenneth Branagh ? Loupé. C’est même encore plus chiant, insipide et ridicule.

Turbo

1 Du mille fois vu qui commet surtout la grosse gaffe de sortir une semaine après Planes (même histoire, même propos, mêmes enjeux, mêmes défauts). Cela dit, une autre date de sortie n’aurait rien changé au problème.

1 Après leurs deux dernières réussites, Dreamworks est fier aujourd’hui de nous offrir le plus grand festival de facepalm de l’année. 90 minutes de pur embarras pour petits et grands.

3 De vrais efforts dans la mise en scène rendent tout à fait regardable un Dreamworks moins plombé que de coutume par ses tics habituels et constamment dans l’ombre de grands films auxquels il fait régulièrement penser sans pour autant leur arriver à la cheville.

La vie d’Adèle

6 Il y a toute la vie dans ce chef-d’œuvre, où Kechiche dévoile une vérité des sentiments et des rapports humains jamais ressentie au cinéma, tout au long de trois heures surchargées d’émotions déchirantes. L’expérience cisaille le cœur et les tripes, et c’est sûr, on n’oubliera jamais ce film.
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6 Le film est à la hauteur de son titre : il fait croire dur comme fer qu’on vit un âge d’or où le cinéma peut tout transcender. Tout. La vie.

2 Un triple bravo aux monteurs qui ont su livrer un film de trois heures plutôt énergique à partir d’une multitude de rushs constitués uniquement de gros plans sur des acteurs disant des banalités.

2 Un peu de ceci. Et beaucoup de cela. En tout cas ce soir, c’est spaghettis !

La vie domestique

0 Le regard face caméra de Devos dans le plan final entérine l’objectif du film : nous inciter à voir le quotidien de la classe moyenne comme un boulet qu’il faudra pourtant traîner en boucle. On pourrait dire que c’est affligeant, on préfèrera juste s’interroger sur l’existence d’un film pareil.

0 Remake fadasse et maladroit d’un tiers de The Hours. Le compositeur est allé jusqu’à plagier Philip Glass. Tout y est affligeant sauf Emmanuelle Devos.

Novembre

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

Aftershock

0 Pour résumer l’affaire, ça picole (beaucoup) et ça saigne (très peu), le tout torché à la truelle avec un cochon-tirelire en guise de budget. Aucun regret à passer son chemin pour investir au contraire dans le futur achat DVD du dernier film d’Edgar Wright.

Battle of the year

0 Ca sue tellement le mille fois-vu, les enjeux consensuels et les clichés éculés par tous les trous de pellicule que je n’ai même pas envie d’en dire davantage.

Blue exorcist – Le film

4 Plutôt ambitieux dans sa mise en scène et à la direction artistique parfois sublime, le film dévoile suffisamment d’atouts pour ne jamais se laisser flinguer par son relatif manque d’originalité.

Borgman

4 Fable décalée et zarbie où un danger incertain inocule peu à peu son venin dans le quotidien, Borgman s’impose surtout en variation stimulante de Théorème avec le capitalisme dans sa ligne de mire. Sans doute l’ovni le plus barré de cet automne.

4 L’alliance de la maîtrise et de l’incongruité ne fait pas qu’interloquer et séduire, elle cible une certaine folie du monde moderne où le capitalisme dicte sa loi jusque dans l’intime.

Capitaine Phillips

3 La mise en scène de Greengrass réussit à maintenir la tension et à accroître le stress du début à la fin, mais hélas, comme souvent dans ce genre de survival inspiré d’une histoire vraie, elle ne recycle que des enjeux rebattus et des péripéties prévisibles à la lecture même du synopsis.

5 Diffractant lieux, témoins et perceptions, Greengrass n’est pas seulement un brillant orchestrateur et un maître de l’immersion dans l’action. Il évalue sans insistance inutile les dégâts d’un système unique.

3 Le film survit uniquement grâce aux grands pouvoirs immersifs de la mise en scène. A côté, le traitement de cette histoire vraie est aussi limite que limité.

Cartel

1 Au banquet des suicides artistiques, Ridley Scott décroche cette année une place de choix : une intrigue nébuleuse et des enjeux incompréhensibles, doublés d’une récitation littérale du verbiage symbolique de Cormac McCarthy, font passer le visionnage de Cartel pour une épreuve.
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2 Dans le texte, c’est du Cormac McCarthy savoureux et fascinant comme il se doit. Dans la forme, c’est de l’illustration inintéressante ne transcendant jamais le ton verbeux du script.

Dracula 3D

0 Avant, quand Dario expérimentait tout avec sa caméra, c’était grandiose. Aujourd’hui, il se contente non pas de tutoyer le Z, mais de lui faire carrément l’amour. Un cinéaste mort-vivant qui ferait mieux de laisser tomber une bonne fois pour toutes.

Le dernier des injustes

En solitaire

Evasion

3 Pas sûr qu’une version 2.0 de Fortress s’imposait, mais cette série B comme Burnée ne manque ni d’efficacité ni de punchlines jouissives. Détail à retenir : Schwarzie en fait des tonnes (tant mieux) alors que Stallone reste inexpressif (tant pis).

2 Il y a vingt ans une telle rencontre au sommet faisait fantasmer. Aujourd’hui, c’est fort dispensable.

Les garçons et Guillaume, à table !

1 Pas sûr qu’on se réjouisse de voir un acteur pourtant hilarant nous offrir sa psychanalyse sur grand écran, encore plus quand il ne nous file pas soixante euros à la fin de la séance. Alors oui, on rigole parfois, mais c’est surtout très superficiel.

3 C’est drôle, attachant mais surestimé : on passe vite sur une narration maladroite et ce que Gallienne cède de vulgaire, de bateau…
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>>> Lire notre entretien avec Guillaume Gallienne

La grâce

4 Un exil vers l’immensité où s’installe vite le besoin d’instaurer une distance avec les autres : au sein d’un décor stupéfiant de beauté visuelle, le réalisateur du Libre arbitre sait installer une tension progressive et conférer à cet état de grâce tant recherché la dimension d’un leurre glacial.

Hunger games, l’embrasement

1 Toujours les mêmes défauts, toujours le même triangle amoureux à la Twilight aussi débile que les enjeux du scénario, toujours le même manichéisme outré, et toujours la même envie d’envoyer le chef costumier à l’asile. Reste que le prochain épisode promet toutefois d’être plus intense…

2 Nettement plus cinégénique que son prédécesseur mais bon, sans un Verhoeven ou consort aux commandes, le propos ne progressera jamais.

Il était temps

3 Le dispositif narratif à la Un jour sans fin trouve vite ses limites dans la dernière demi-heure, mais même avec le plus artificiel des sujets, Richard Curtis n’a décidément pas son pareil pour nous toucher en plein cœur. On lui pardonne sans problème.

3 Un Curtis en mode pépère, qui se moque pas mal des incohérences que peut engendrer son postulat. Mais si la partie comédie s’en accommode bien, c’est loin d’être le cas dès lors que l’émotion est censée surgir, tuée dans l’œuf par les ficelles grossières du procédé.

L’image manquante

5 Si l’image du génocide khmer reste introuvable, elle brûle si fort dans les mémoires que Rithy Panh décide de la recréer par la magie du cinéma. Pari réussi, tant cette “image manquante” semble désormais se cristalliser sur l’écran à force de faire revivre le passé avec tant de précision. Impressionnant.

4 Les régimes d’images s’affrontent : il n’y a pas de vérité, que du cinéma. Celui de Panh atteint ici un sommet d’évocation avec trois fois rien.
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The immigrant

2 Marion Cotillard trouve ici son plus grand rôle, et c’est peu dire qu’elle sidère par l’intensité de son jeu. Mais elle est hélas le seul point fort d’un film académique, pesant, prévisible et finalement avare en idées de mise en scène. De la part de James Gray, on ne s’attendait pas à ça.

5 L’histoire est retorse : c’est celle d’un écart tragique entre la droiture d’une madone dans l’altérité et l’effondrement d’un diablotin dans l’amour. Sous des dehors toujours classiques, l’un des films les plus passionnants de son auteur.
>>> Lire notre entretien avec James Gray

5 Gray nous gratifie d’un mélodrame restituant toute la grâce et le charme du genre. En sus, on a droit à l’un des plus beaux plans finaux du cinéma.

Inside Llewyn Davies

3 Entre une première partie quasi parfaite et une seconde partie qui tourne à vide, cet énième mélodrame existentiel prouve que le style des frangins Coen, bien que maîtrisé à tous les niveaux, finit par se mordre la queue à force de répéter les mêmes effets et de dérouler la même litanie de dialogues décalés.

4 Ouvrant l’itinéraire de leur personnage recroquevillé à la grandeur de la mythologie grecque (Ulysse et Sisyphe) et à la mélancolie des chants de marins irlandais (une racine directe de la folk music), les Coen consolent leur perdant en lui faisant gagner le coeur du spectateur.

5 Il y a de ces films dont on sort en se disant juste que c’est exactement pour ça que l’on va au cinéma.

Last vegas

La malédiction de Chucky

0 Après deux épisodes jouissifs à plus d’un titre, Don Mancini fait marche arrière avec un concentré de slasher mou du genou qui sonne comme un véritable foutage de gueule. Idéal pour ronfler grassement entre deux meurtres sans inventivité. C’est vraiment la honte.

2 Retour au train-train des premiers opus dans lesquels Don Mancini part piocher quelques ingrédients qu’il met en scène comme si les 25 ans écoulés depuis n’avaient jamais existé.

La marche

0 La Marche, à trop reposer sur des schémas de scénario du conservatisme le plus plombant, devient un film qui fait gravement du surplace !

Le médecin de la famille

2 Une famille a, sans le savoir, l’un des plus grands criminels de l’Histoire dans son entourage. Le sujet avait du potentiel, mais c’est désespérément plat. Le cinéma sud-américain – on s’en rend compte – peut être académique lui aussi !

Mes séances de lutte

2 A ma gauche, une femme. A ma droite, un homme. Résumé du match : se jauger par du blabla théorique comme dans un mauvais Godard, avant de se cogner et de se rouler par terre comme dans un mauvais Chéreau. Résultat du match : une égalité plutôt embarrassante entre le corps-à-corps charnel et la branlette intello.

Quai d’Orsay

4 Tavernier filme un microcosme à la Brazil, où énarques et technocrates jouent au plus malin (ou au plus con ?) par le biais du langage coup de poing. Tellement délirant que ça vire à l’absurde façon Ionesco, avec un Thierry Lhermitte largement césarisable.

2 Le film a beau ériger le mouvement et la ferveur en thèmes centraux raccordant mal des saynètes éparses, il paraît étonnamment figé, glacé.
>>> Lire notre entretien avec Bertrand Tavernier

4 Très (trop ?) bien rythmé, le décryptage politique de Tavernier se savoure tout autant pour son absurdité que pour sa pertinence.

Les rencontres d’après minuit

5 Yann Gonzalez aura accompli ici un stupéfiant geste de cinéma : revisiter des genres fétichistes sous l’angle du fantasme décalé et explorer son propos sur la jouissance par un montage purement musical, porteur d’une mélancolie déchirante. Résultat : un premier film électrique.

4 Les maladresses et les lourdeurs ne sont que les dommages collatéraux d’un geste fantasque et d’une belle générosité, parfois étourdissant.

La stratégie Ender

1 Suis-je le seul à considérer ce scénario comme un étalage de clichés fascistoïdes ? Suis-je le seul à m’alarmer du fait qu’il soit abordé avec le plus grand sérieux ? Suis-je le seul à voir dans sa fin bâclée un gros foutage de gueule ?

2 Gavin Hood possède la compréhension du roman mais est incapable d’en traduire toute la profondeur par des moyens cinématographiques.
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2 Sa structure narrative est le principal défaut d’un film paradoxal, faisant évoluer son intrigue toutes les deux minutes au mépris de toute cohérence et subtilité pendant que Gavin Hood se surpasse pour rendre le résultat aussi mou que possible.

La Vénus à la fourrure

4 Même s’il frise l’excès d’autocitation, Polanski ose se mettre en abîme dans un huis clos drôle et fantasmatique, basé sur un trouble réalité/fiction qui procure un sacré vertige. Redevenue l’objet sexy-SM de Lunes de fiel, Emmanuelle Seigner est une déesse.

4 Tous les excès du jeu et de la forme sont là pour niveler et entremêler réalité, fiction et autobiographie jusqu’à un vertige jouissif. Pas seulement un brillant exercice de style, mais une belle preuve de l’humilité et du sens de l’auto-dérision d’un grand artiste.
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5 En juxtaposant constamment jeux érotiques, analyse d’une collaboration artistique et ambiance résolument fantastique, Polanski signe une expérience vertigineuse.

Décembre

 


Guillaume Gas


Gustave Shaïmi


Matthieu Ruard


Guillaume Lasvigne

100% cachemire

1 Lemercier déverse son venin indistinctement pour ne chercher que trop tard à réparer tant de maladresses en s’enlisant dans la mièvrerie. Raté.

2 automnes 3 hivers

3 Le film ne marche jamais mieux que lorsqu’il regarde à côté de ce qu’il raconte (de bateau) : toutes ces petites maladresses observées avec tendresse.

The ABC’s of death

2 Un réalisateur pour chaque lettre de l’alphabet, 26 façons de mourir : un film à sketchs qui, comme toujours, alterne tout et n’importe quoi, mais qui donne parfois vie à quelques mises à mort réjouissantes. Les segments de Xavier Gens et du tandem Forzani/Cattet sont les plus réussis.

The agent

2 Dès que ça pète et ça flingue, on s’éclate. Le reste du temps, on s’endort, vu qu’on a déjà vu ça cent fois. Un DTV correct dont même l’élégance de la mise en scène ne suffit pas à camoufler le manque d’inspiration.

Albator, corsaire de l’espace

2 La production design claque et le capitaine a une classe folle. Mais comme sur ses Appleseed, le travail d’Aramaki est gorgé d’inepties et d’une prétention pompeuse.

Angélique

2 Cette Angélique 2.0 ne s’imposait pas du tout si c’était pour lui faire respecter toute la check-list des lourdeurs établies par les usines EuropaCorp, mais un casting très réussi et quelques jolies velléités de mise en scène ne passent pas inaperçus, malgré tout.

All is lost

4 Une certaine idée de la solitude d’un être accroché à son instinct de survie. Simple, beau et surtout poignant de par la richesse d’expressivité du visage-paysage de Robert Redford, acteur toujours aussi prodigieux.

4 Seuls comptent le temps du corps et l’expressivité du visage : c’est bien assez pour composer un beau chant d’espoir, confié au grand soliste Robert Redford.

Bad Grandpa

0 Des gros mots. De la vulgarité d’un autre âge. Des prouts. Du caca sur les murs. Des testicules de vieux qui pendent. Et zéro cinéma. Voilà.

La bataille de Tabatô

1 Une belle photo et un vague Orphée inversé ne sauvent pas cette série de situations lâchement reliées pour parler des fantômes de la guerre.

Carrie, la vengeance

0 Le film original n’était déjà pas terrible, ce remake n’apporte strictement rien de neuf, si ce n’est une cascade de scènes au-delà du ridicule et le casting le plus calamiteux de l’année. Pauvre Carrie…

1 On nous promettait une nouvelle adaptation plus proche du roman. On récolte un remake auquel on a apposé une mentalité bien pensante. Monde de merde.

Casse-tête chinois

4 Quoi de mieux pour clôturer la saga que de capturer le bordel dans l’endroit le plus bordélique de la planète ? Klapisch renoue avec l’effervescence qui animait déjà son héros dans L’auberge espagnole, limite ses effets de style lourdauds et signe une conclusion tout à fait à la hauteur des attentes.

3 Choisir une ville-monde comme horizon au bordel monstre de son personnage, c’est trouver une jolie conclusion à toute une chronique inégale mais malgré tout attachante.
>>> Lire l’entretien avec Cédric Klapisch et Audrey Tautou

3 Dynamique mais inconsistant, amusant mais gentillet. Bref, la trilogie est au moins constante.

Le cinquième pouvoir

4 Finalement assez éloigné du film-dossier fade et appliqué, ce thriller stressant à souhait décrypte très finement l’ambiguïté de Julian Assange comme la finalité du réseau Wikileaks, soumise au final à des enjeux humains et politiques qui dépassent sa portée révolutionnaire.

Le démantèlement

1 Le cinéaste québécois dit vouloir faire du mélodrame mais zappe l’exaltation nécessaire et ne réussit qu’à être plombant, à peine sauvé par son acteur.

Don Jon

5 Gordon-Levitt sodomise sans capote la comédie romantique US. Son éjaculation de jeune cinéaste constitue un sacré défouloir, à la fois trash, hilarant et surtout bien moins con que ça en a l’air. Oreilles chastes, âmes pieuses et cul-bénits du dimanche, barrez-vous !

1 Lourd, répétitif et, pour couronner le tout, faux-cul ! [Bruitage corbeille]

2 Les quelques mignonnes envolées formelles et verbales ont beau essayer de faire croire le contraire, le premier long de Joseph Gordon-Levitt se révèle aussi coincé que désespérément banal.

Le géant égoïste

4 Le film dépasse la trivialité de son sujet (deux gosses tentent de s’en tirer par des trafics de cuivre) par des accès de tendresse qui, au milieu de la violence alentour, détonnent et bouleversent.

Un havre de paix

1 Si les précédentes adaptations de Nicholas Sparks ne vous ont pas encore saoulé par leur excès de niaiserie, en voici une nouvelle qui n’a strictement rien de neuf à offrir. Et si vous pensiez y trouver la patte d’un vrai cinéaste, sachez juste que c’est ce tâcheron de Lasse Hallström qui réalise la chose.

Henri

3 Yolande Moreau a commis ici une belle erreur : appeler son film Henri alors qu’il s’agit du seul personnage qui n’existe quasiment pas. Pour autant, elle réussit à émouvoir par la pureté de sa mise en scène et la beauté de ses images, non dénuées de poésie.

2 Yolande Moreau a toujours quelques jolies petites idées mais le tout est trop lâchement écrit pour captiver et toucher sur la durée.
>>> Lire l’entretien avec Yolande Moreau

Le Hobbit, la désolation de Smaug

1 Le constat est terrible : à force de rendre ses ficelles narratives de plus en plus grossières, de rester figé sur des enjeux débiles et d’enrober le tout dans un cocon visuel des plus atroces, Peter Jackson ridiculise pour de bon l’univers de Tolkien en même temps qu’il en détruit la portée émotionnelle. Vite, qu’on en finisse…

2 Les problèmes de récit se confirment pour cette saga mal foutue à ce niveau-là. Le plaisir épisodique de grandes scènes d’action est indéniable, mais la cristallisation des enjeux fait défaut, au profit d’effets d’annonce. Au point qu’au-delà de la débauche de moyens, le film a parfois un côté carrément cheap.

5 Un peu cafouilleux aux entournures, ce second volet est pourtant bien le parfait prolongement thématique et visuel de son prédecesseur. Et vite, un oscar pour Benedict Cumberbatch !
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3 La version longue sera visible d’ici une dizaine de mois. D’ici là, soyons clairs : ce film incapable de faire exister ses personnages et de nous impliquer émotionnellement n’a jamais existé. JAMAIS.

La jalousie

4 Le cinéma de Garrel poursuit sa quête de la poésie des sentiments, mais s’illumine enfin par un récit tendre et positif, prompt à réchauffer les coeurs. La très courte durée du film en fait presque une étoile filante qui illumine une filmographie jusque-là aux allures de ciel maussade.

2 Garrel semble consacrer deux tiers de son métrage à de simples transitions, à du remplissage. Dingue pour 1h17 de film à ellipses béantes, non ?

Je fais le mort

1 Et un de plus ! Le génial François Damiens intègre cette année la longue liste des acteurs comiques surdoués qui virent bankable en s’aventurant dans ce que le cinéma français peut faire de plus pauvre. Elle est loin, la belle époque de Dikkenek !

Loulou, l’incroyable secret

4 L’univers graphique de Solotareff, riche en personnages décalés et en paysages colorés, continue d’être un puits inépuisable d’émerveillement sur grand écran. Son surréalisme et son humour passent comme une lettre à la poste, pour le plaisir des petits et des grands. Un petit régal à ne pas rater.

Le loup de Wall Street

6 Un Casino en mode cocaïno-monétaire, avec une paire Scorsese/DiCaprio shootée comme jamais : le premier filme le cirque financier comme une colossale partouze de l’excès, menée par le second qui joue comme s’il frisait l’orgasme à chaque scène. Imitons-le.

3 Le style est ronronnant et ça tire toujours en longueur quand Marty voit les choses en grand sans avoir beaucoup d’idées pour tenir la route. Reste que c’est indéniablement maîtrisé et plaisant à regarder.

6 Au côté de No Pain No Gain, Scorsese signe l’autre grand démontage en règle de l’idéologie des 90’s. Extrême, fou furieux et pourtant toujours pertinent. C’te claque !

The lunchbox

3 Cette attachante romance culinaire sait très bien parler de grandes choses en ayant l’air de ne parler que de petites et, dans le fond, célèbre l’essentiel : le goût de vivre.

Mandela : Un long chemin vers la liberté

2 Chadwick évite de se montrer outrageusement pontifiant mais ça ne l’empêche pas de se conforter dans un académisme fainéant sur les bords.

La reine des neiges

3 Disney retourne à la case qui a forgé sa marque de fabrique : univers féerique, chansons lourdes et scénario calibré de tous les côtés. On y trouve pourtant son compte sur le terrain de l’animation (très soignée) comme sur celui des idées visuelles qui viennent parfois nous titiller les orbites. Pas mal.

4 En dépit de ses ambitions, le scénario est trop souvent perfectible pour convaincre. Décevant surtout vis-à-vis d’un spectacle au savoir-faire évident.
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4 Le meilleur Disney depuis Lilo & Stitch a beau réserver son lot de frustrations, il sait aussi orchestrer de savoureuses séquences d’action et de comédie musicale. Ça commençait à manquer.

Rêves d’or

4 Entre poésie et éclats violents mais jamais complaisants (parce que toujours respectueux du point de vue des personnages), des gosses se heurtent aux frontières violentes du monde d’aujourd’hui. Touchant.

Suzanne

1 La première heure abuse des ellipses au point de ne faire exister aucun de ses personnages, et il faut attendre le dernier quart d’heure pour que ce brouillon de drame sur les erreurs d’une jeune femme puisse enfin révéler un peu de consistance. Beaucoup trop tard, hélas…

4 Dans le courant « récit sentimental à la française », le film trouve sa voie propre, dans la douceur, la fuite elliptique et le choc. Beau.
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>>> Lire l’entretien avec Katell Quillévéré

Tel père, tel fils

4 Entre le lien établi et le lien de sang, que choisir, comment et pourquoi ? Sur deux heures, Kore-Eda explore chaque détail d’un sujet éminemment délicat avec une acuité sidérante, sans que sa mise en scène, hélas encore un peu terne, ne réussisse à nous y impliquer totalement au niveau émotionnel.

3 On est un peu déçu que les enfants ne trouvent pas de plus grande place chez l’un de ceux qui les avaient pourtant les mieux regardés ces dernières années. L’aspect le plus intéressant de ce mélo qui traite sagement son sujet est peut-être cette transmission nationale d’une hantise de l’échec…

4 L’histoire est peut-être déjà vue mais Hirokazu Kore-eda rappelle constamment que l’important est la justesse avec laquelle elle est contée.

A touch of sin

5 L’amertume sereine a laissé la place à la colère : Jia Zhang-ke radicalise son portrait d’une Chine en mutation par le prisme d’une violence qui bouleverse ici quatre destins plus reliés qu’ils n’en ont l’air. Une œuvre forte et salutaire, hautement subversive dans le contexte actuel.

5 En une imposante fresque en plusieurs tableaux, Jia Zhang-ke utilise la variété des tons et des genres cinématographiques pour communiquer à un public plus large sa vision acerbe de la Chine contemporaine. Dans le fond, c’est une crème de cinéma politique.
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Zulu

4 Polar intense aux allures de descente aux enfers, Zulu révèle une densité rare en couplant le fait divers au contexte post-apartheïd, et tient en haleine le long d’une intrigue de plus en plus sombre. Casting parfait, dominé de très loin par un Orlando Bloom méconnaissable.

4 Salle continue à perfectionner sa mise en scène et offre un polar rudement bien ficelé qui réussi à parler pas trop bêtement de la situation sud-africaine.