After school midnighters

Quand trois gamines décident de profiter d’une journée portes ouvertes pour visiter une école et plus particulièrement sa salle de sciences vouée à être détruite, c’est pour mieux la saccager et refaire le portrait de son modèle anatomique à grands coups de crayons. Et peu importe que le mannequin prenne vie passé minuit et décide de se venger de cet affront en invitant le trio à l’After school midnight party : les garces n’en ont cure et s’amuseront comme il faut lors d’une série d’épreuves qui devait leur servir de punition.
Vous le comprendrez assez vite, l’une des gourmandises WTF du festival (avec le mexicain El santos vs. la Tetona mendoza) nous vient du Japon et concerne le premier film de Hitoshi Takekiyo, lequel fait honneur à un pitch sympathiquement débile et parvient à en conserver la tonalité jusque dans ses ultimes minutes. C’est là sa plus grande force que de passer outre toute tentative de psychologie pour mieux trimbaler ses personnages rapidement caractérisés et dont la plupart n’évoluera pour ainsi dire jamais (outre le mannequin et les chipies : un squelette moustachu, une mouche à merde en quête de vengeance, des lapins mafieux à moitié dépecés) dans une série d’aventures improbables qui feront tout le charme du film. On songe dans un premier temps à être embarqués dans une structure héritée du jeu vidéo : trois pièces de l’école représentant trois niveaux et comportant chacune un boss à battre dans le but d’obtenir une médaille en récompense. C’est en réalité pour mieux être surpris devant la multiplication de personnages secondaires ayant chacun une aventure à suivre en parallèle de celle des trois amies. Des péripéties qui ont tendance à faire s’éparpiller le scénario dans des digressions narratives superflues tant celles-ci dévoilent un intérêt pour le moins inégal, même quand elles se permettent d’apporter une légère ambition thématique à un récit qui la sous-exploite totalement par ailleurs (Kunstlijk dans une salle pleine de mannequins démembrés). On ne perd hélas pas en linéarité ce que l’on gagne en dynamisme dans la mesure où un seul gag ou enjeu conditionne l’existence de ce genre de séquences parfois trop longues pour ce qu’elles ont à montrer. Reste que l’ensemble se veut suffisamment homogène et cohérent dans ses intentions puisqu’il n’invite le spectateur qu’à se plonger dans un joyeux bordel joliment maîtrisé.

Car en dépit d’un budget serré limitant toute ambition, principalement en terme de textures, After school midnighters se pare d’une vraie identité visuelle reposant autant sur de jolies idées de mise en scène (le cœur lumineux) que sur un character-design inspiré (Lumière et Dunkelheit) ou de combinaisons bien senties de techniques d’animation. La fusion entre petites touches d’animation à la main et 3D offre un réel apport à l’opposé de quantité d’anime qui ont majoritairement recours au procédé inverse et participe de l’enrichissement visuel de l’univers du film. Pour autant, pas de quoi faire du long-métrage ce qu’il n’est pas : loin du délire déjanté vanté ici et là, ce qu’il n’est qu’en partie (et c’est déjà pas mal étant donné la tristesse d’autres films du festival), After school midnighters est avant tout un premier film sincère mais aux défauts presque trop envahissants. Et si on laissera à chacun le soin d’apprécier ou non son humour (dans le cas de votre serviteur, quelques sourires et c’est tout), son originalité apparente ne dissimule qu’un temps son manque paradoxal de surprises. On laissera tout de même le bénéfice du doute à Hitoshi Takekiyo qui aura au moins su faire de sa galerie de personnages un joli prétexte à une comédie pure et dure un minimum éloignée des standards actuels.

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