Magic Magic

REALISATION : Sebastián Silva
PRODUCTION : Braven Films, Killer Films, Rip Cord Productions
AVEC : Juno Temple, Michael Cera, Emily Browning, Agustín Silva, Catalina Sandino Moreno
SCENARIO : Sebastián Silva
PHOTOGRAPHIE : Christopher Doyle, Glenn Kaplan
MONTAGE : Jacob Craycroft, Alex Rodriguez
BANDE ORIGINALE : Daniel Bensi, Saunder Jurriaans
ORIGINE : Etats-Unis, Chili
GENRE : Thriller
DATE DE SORTIE : 28 août 2013
DUREE : 1h37
BANDE-ANNONCE

Synopsis : Pendant ses vacances au Chili, Alicia, une jeune américaine réservée, se retrouve embarquée par sa cousine Sara et sa bande d’amis sur une île isolée. Personne ne fait vraiment d’effort pour intégrer Alicia. Elle se replie de plus en plus sur elle-même et commence à perdre peu à peu ses facultés mentales sans que le groupe n’y prenne garde…

Le Chilien Sebastián Silva, déjà remarqué avec La Nana (2009) et Les vieux Chats (2010), s’est assuré avec Magic Magic une médiatisation d’une autre ampleur en embarquant trois figures hollywoodiennes montantes, Juno Temple, Michael Cera et Emily Browning, dans un décor étranger, le Sud de son Chili natal, pour une déchéance psychologique plutôt bien orchestrée. Cadre accidenté, ancestrale communauté mapuche présente dans le coin, oiseaux rares et bruits assourdissants de la forêt : il suffit au réalisateur de ces quelques éléments qu’il connaît bien pour installer une étrangeté liée au simple cadre de l’intrigue. Son héroïne, l’Américaine Alicia (Temple), en visite chez sa cousine (Browning) et ses amis étudiants au Chili, sera très vite dérangée par cet environnement en plus d’être isolée par un groupe qu’elle peine à cerner. D’emblée, c’est en effet un autre niveau de mystère – relationnel et individuel – qu’installe Silva, soulignant un peu lourdement (miroirs embués, cadrages reléguant les visages hors-champ) une opacité déjà amenée par un traitement narratif troué de toutes parts et des dialogues toujours saisis à la volée, d’une manière qui épouse étroitement le point de vue d’une Alicia toujours plus paumée et instable.

La principale qualité du film est de ne pas rechercher le sensationnel comme le font trop d’opus centrés sur des groupes de jeunes vacanciers, mais au contraire de jouer le plus possible la carte du fuyant, de l’allusif, du flou. Ici, une histoire d’avortement est évoquée à demi-mot, là, une homosexualité refoulée en silence (Michael Cera est particulièrement bon). La tension part de ce trouble affectif ambiant pour monter doucement avec de petits riens : un animal agressif ou abattu, un jeu sur les focales qui empêche de distinguer ce que fait tel personnage à l’arrière-plan, une obscurité récurrente, etc. Dommage que, sur la longueur, l’inspiration de Silva s’essouffle et le traitement de l’image révèle un travail inégal des deux chefs opérateurs qui ont travaillé sur le film, Christopher Doyle (longtemps fidèle de Wong Kar-waï) et Glenn Kaplan, un débutant. Comme signaux de la déchéance psychologique et des troubles croissants de la perception d’Alicia, les flous de l’image sont trop aléatoires pour faire pleinement sens et les plans sont souvent mal raccordés les uns aux autres dans leur traitement graphique, de sorte que le traitement ostentatoire de l’image nous fait parfois « ressortir » du film. Cette fabrication trop maladroite maintient Magic Magic au stade de petite fable angoissante un peu bâclée.

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