Repo! The Genetic Opera

REALISATION : Darren Lynn Bousman
PRODUCTION : Lionsgate, Twisted Pictures
AVEC : Alexa Vega, Anthony Stewart Head, Terrance Zdunich, Paul Sorvino, Paris Hilton, Bill Moseley, Nivek Ogre, Sarah Brightman, Sarah Power, Nina Dobrev
SCENARIO : Darren Smith, Terrance Zdunich
PHOTOGRAPHIE : Joseph White
MONTAGE : Harvey Rosenstock
BANDE ORIGINALE : Darren Smith, Terrance Zdunich
ORIGINE : Etats-Unis
GENRE : Horreur, Musical, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 25 avril 2008 (USA)
DUREE : 1h38
BANDE-ANNONCE

Synopsis : Dans un futur proche, une épidémie provoquant un dysfonctionnement des organes dévaste la planète. Plus de dix millions de personnes décèdent à la suite de cette épidémie. La panique éclate et les scientifiques établissent fébrilement des plans pour une récolte d’organes. Rupture de la tragédie, GeneCo, une société de biotechnologie aux multi-billions de dollars, émerge. GeneCo prévoit la transplantation d’organes par profit. En plus des options de financement, GeneCo se réserve le droit d’appliquer des mesures en cas de non-paiement, y compris la repossession. Pour ceux qui ne peuvent pas suivre leurs paiements d’organe, la collecte est de la responsabilité de l’autorité « Repo man », qualifiés de « Legal Assassins » par GeneCo. Cette repossession des organes entraînera inévitablement pour le mauvais payeur… la mort !

Un opéra-rock à l’esthétique très Sin City du pauvre, réalisé par le mou du bulbe derrière quatre films Saw, avec Paris Hilton et la gamine casse-burnes de Spy Kids dans les rôles principaux : vous en avez toujours rêvé ?… Non ?… Eh bien, ils l’ont fait quand même !

À quoi un film doit-il d’être qualifié de « culte » ? A sa façon de définir un genre à lui tout seul ? A l’empreinte indélébile qui laisse dans l’esprit des uns et des autres ? Aux débats et aux controverses qu’il n’en finit pas de susciter chez des fans et des détracteurs ramant à se mettre d’accord ? Faites votre choix. Toutefois, si l’on s’en tient à nos souvenirs de cinéphile, il faut remonter en 1975 pour trouver un film qui aura su donner à ce mot ses lettres de noblesse : The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman, opéra-rock aussi déviant que déjanté, rempli à ras bord de travelos hurleurs, d’éphèbes paumés, de bossus danseurs, de lingerie fine et de références aux vieux films d’horreur. Au-delà d’une proposition de cinéma qui avait le bon côté de ne ressembler à rien, il fallait surtout y voir un grand écart parfaitement assumé entre le Grand-Guignol et le musical sous acide, riche d’une science de l’audace et du mauvais goût capable de transcender les époques et les genres. Et par la suite, hormis un mémorable Phantom of the Paradise signé Brian De Palma et le trop méconnu Reefer Madness d’Andy Fickman, peu de films furent capables de réitérer le même exploit. De là à dire que Repo! The Genetic Opera aurait sa place dans cette liste, il y a un fossé qu’on ne franchira pas. Tout comme il serait bien difficile de prétendre qu’en un seul film, son illustre réalisateur Darren Lynn Bousman ne porterait plus aussi bien son nom de famille. Révolution conceptuelle pour les uns, précis de torture auditive pour les autres, cet ovni totalement lézardé de la cafetière va diviser, mettre cornées et tympans à très rude épreuve, jusqu’à valider au centuple cette idée pas si bête que le hasard et l’inconscience pèsent très lourd dans la création d’une œuvre culte. Osons donc le dire : vous n’êtes pas prêts pour Repo! The Genetic Opera. Parce qu’au départ, on ne trouve pas les mots pour décrire un truc pareil.

Ce truc pas possible a tout de même une origine bien concrète. A la base, tout est à puiser dans un vieux show musical de dix minutes créé en 2002 par Darren Smith et Terrance Zdunich, intitulé The Necro-Merchant’s Debt et projeté dans des clubs de rock de Los Angeles. Les deux zigotos ayant rêvé dès le départ de faire évoluer leur création vers une production à grande échelle, le résultat devint un opéra de trois quarts d’heure nommé Repo!, mis en scène par un clippeur débutant (Bousman, donc) et projeté à guichets fermés durant plusieurs semaines dans des théâtres d’Hollywood et de Broadway. Il aura fallu attendre que Bousman enchaîne trois suites d’une célèbre franchise orientée torture-porn (vous savez laquelle…) pour que les huiles de LionsGate puissent enfin l’autoriser à réaliser son plus grand rêve : adapter Repo! sur grand écran. Pas facile, en effet, de greenlighter un projet aussi cataclysmique sur le papier, dans lequel une intrigue shakespearienne à base de destins familiaux tragiques s’intègre dans une obscure dystopie sur le trafic d’organes. Histoire de simplifier les choses, disons qu’on se retrouve ici dans un futur à mi-chemin entre Blade Runner, Sin City et un songe craignos de Mylène Farmer, où de vastes cimetières côtoient des lieux de prostitution, où tout individu est en pièces détachées, où la saisie d’organes a valeur de Patriot Act et où son trafic