Get a horse !

C’était l’événement de notre seconde journée de festival. Get a horse, projet mystérieux des studios Disney, présenté en avant-première mondiale en compagnie de quelques-unes de ses têtes pensantes. La plus connue d’entre elles, c’est évidemment Eric Goldberg, entre autres légendaire animateur du Génie dans Aladdin et coréalisateur de Pocahontas avec Mike Gabriel. Devant le public d’une salle des Haras pleine à craquer se dressent également Dorothy McKim et Lauren MacMullan, respectivement productrice et responsable de la restauration du film que nous allons découvrir.
Fondamentalement, nous ne savions pas grand chose de Get a horse. En dehors du fait que Mickey était incarné par Walt Disney lui-même, subsistait le doute quant à la véritable nature du film. Court-métrage totalement original ? Trésor déterré d’on ne sait quelle caverne des archives Disney ? Quelques minutes après avoir redécouvert sur grand écran les premier et troisième cartoons de Mickey (respectivement Plane crazy et Steamboat Willie), le mot « restauration » est donc lâché et nous nous apprêtons à découvrir ce que l’on nous présente ni plus ni moins comme étant le quatrième court-métrage ayant Mickey comme héros et considéré jusque là comme disparu ! Et… en 3D. La surprise est de taille, c’est peu de le dire.

[Bien entendu, ça va spoiler] Les premières images défilent et la joie de redécouvrir des gags typiques de leur époque d’origine est intacte. Toujours ce jeu avec l’anatomie des personnages, ce plaisir communicatif à jouer avec les spécificités du médium animation, à le considérer apte à produire les plus invraisemblables des effets… Le tout au gré de retrouvailles avec toute une galerie de personnages familiers. Le charme opère au gré d’un rythme impeccable et d’images savamment restaurées. Problème : la 3D est d’une insignifiance totale et on ne peut s’empêcher d’en questionner sans cesse l’utilité.
Et soudain, Pat Hibulaire, au gré de ce que l’on croit être un simple gag jouant avec le quatrième mur, envoie Mickey au-delà du premier plan, dans notre direction donc. Autrement dit, sur l’écran de cinéma, lequel se matérialise dans le film, se gondole sous le poids de la souris et… finit par se déchirer. Oui, Mickey est sorti de l’univers 2D n&b dans lequel il était enfermé et débarque sur une estrade située sous l’écran alors matérialisé. Laquelle s’illumine et laisse apparaître le personnage sous une apparence numérique à laquelle on ne s’attendait absolument pas. Vous l’avez compris : toute la présentation orchestrée en amont du film n’était qu’une mise en scène. Get a horse est en réalité un tout nouveau court-métrage et Lauren MacMullan, plus que chargée de sa restauration, en est tout simplement sa réalisatrice.

S’enclenche alors une escalade d’idées jouant de l’interaction entre des personnages toujours présents dans l’arrière-plan en 2D noir & blanc et ceux, en 3D et couleur, l’ayant traversé. Un effet à la fois trop rare sur un écran et qui continue de prouver, tel Paperman à sa manière, qu’il reste un champ des possibles conséquent à défricher en ce qui concerne l’exploitation commune de l’animation traditionnelle et de la 3D. Bien entendu, Get a horse ne prend tout son sens qu’en 3D, laquelle se révèle diablement efficace au détour d’effets de jaillissements et de reliefs saisissants et constitue un spectacle ludique imparable. Et le film de se révéler brillant dans une mise en abyme redonnant une fraîcheur inédite au slapstick. Bien entendu, d’aucuns pourront, à juste titre, ne voir dans ce film que la confirmation des studios d’abandonner définitivement l’animation traditionnelle. C’est aussi là l’envers un brin dépressif de la chose, mais qui fondamentalement se pare d’une certaine logique peu de temps après que les belles promesses de John Lasseter lors de son arrivée chez Disney se révèlent officiellement sans suite. La question est donc de savoir si ce genre de projet, qui en un sens vient contredire une partie de ces récentes annonces, demeurera la seule possibilité pour le dessin animé à la main made in Disney de se montrer de temps à autre. En l’état, on devra s’en contenter.

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