Annecy 2023 : 3 films à montrer à vos enfants

L’animation n’est pas réservée aux enfants mais cela n’empêche pas certains films d’être en premier lieu destinés aux bambins. Le festival d’Annecy en a accueillis quelques-uns, à commencer par Sirocco et le royaume des courants d’air qui ouvrait même la semaine des festivaliers !

Un film qui survole ses thématiques

Film d’ouverture de cette édition 2023, Sirocco et le royaume des courants d’air a le malheur d’être plus simpliste que classique. Certes, le film de Benoît Chieux n’est pas le premier à recourir à une structure assez basique : c’est toujours l’histoire d’enfants perdus dans un monde fantastique dont ils doivent trouver l’issue. Leur périple met sur leur chemin divers archétypes : vil maire, jouet vivant rigolo, aventurière, sorcier incompris, etc… Rien de très reprochable en soi mais le long-métrage n’arrive pas à créer de l’émotion à partir de ces clichés. L’histoire tente d’évoquer le deuil, la thérapie par la création ou encore la sororité. Mais le film a constamment l’air de vouloir fuir la lecture psychanalytique de son histoire. Ce choix aurait pu être appréciable tant cette mécanique est usitée et limite la narration. Toutefois, dans le cas présent, cela laisse l’impression d’une œuvre ayant trop peu à raconter. Il ne reste plus que son visuel tout en rondeur, plein de charme avec ses clins d’œil à Paul Grimault et Moebius. C’est appréciable mais sans surprise. Cependant, cet avis sera minoritaire puisque le film a remporté le prix du public pour cette édition.

Vous retrouverez prochainement l’avis d’Anaïs sur Instagram !

(on peine un peu à finaliser le montage de nos reels mais on voit le jour ! Stay tuned…)

Un film qui recycle (mal) les recettes de Disney et Pixar

On s’en doutait et on ne peut pas dire qu’on est déçu : Les Inséparables est assurément le plus mauvais film de la compétition officielle. Le studio nWave rajoute une pierre de plus à sa production opportuniste. Pour un film qui voudrait réfléchir sur les rôles imposés, c’est un comble de ne rien faire de plus que de suivre les recettes fixées par Disney et Pixar. On retrouve ainsi des morceaux de Toy Story pour la dynamique du duo teintée de mythomanie ou encore des Mondes de Ralph pour le désir d’aller à l’encontre des fonctions attitrées. Tout le long-métrage respire la fainéantise et ne suscite l’amusement à aucun moment. On est face à une œuvre de suiveurs qui tentent lamentablement de donner le change. Il n’y a qu’à voir ces piètres variations de styles avec des passages fantastiques en cel shading* qui n’auraient jamais été incluses sans l’existence de Into the Spider-Verse ou Le Chat Potté 2. A fuir.

Un film qui mélange subtilement la stop-motion et la 2D

En comparaison, on défendra sans mal Léo. Nous sommes bien là face à un film destiné aux jeunes enfants. Tout le propos du scénario est verbalisé pour être le plus accessible. Histoire d’achever le tableau, on n’hésite pas à ajouter des petites chansons gentillettes. Mais il faut dire que le propos en question a de quoi séduire ! Jim Capobianco fait le portrait d’un Leonard de Vinci en innovateur à la recherche du secret de l’âme. Évidemment, il découvrira que les machines ingénieuses et les dissections ne sont pas la solution : la clé est le partage et la communication avec l’autre. La morale paraît puérile mais la narration didactique permet d’y ajouter de la nuance. L’innovation est ainsi censée faire avancer le monde dans son ensemble, inspirer les générations futures et nous amener naturellement vers une société meilleure. Il n’y a qu’à voir son projet d’une ville égalitaire mettant au même niveau roi et paysans…  Ce projet se révèle être tout l’inverse des puissants présentés dans le film. Ceux-là ne voient l’innovation que comme un moyen de consolider leur pouvoir et d’asseoir leur supériorité sur autrui. Tout ce discours se révèle charmant d’autant plus qu’il s’accompagne d’un exquis mélange de stop-motion et de 2D.

*Cel shading : quand les dessins 3D adoptent le style des BD et dessins animés, par un contour noir épais, des dégradés simplifiés, etc.

 

 

 

 

 

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