Douglas Sirk : Un mélodrame critique à Hollywood

Le mélodrame comme outil d’un cinéma politique,
une radicalisation de Sirk à Fassbinder (1/2)

AVANT-PROPOS

En entretien, un journaliste évoquait à Rainer Werner Fassbinder le « courage de faire des mélodrames ». Il est vrai qu’un genre aussi décrié tout au long de son histoire a quelque chose de peu « noble » qui peut rebuter l’artiste en quête de reconnaissance. Peut-être faut-il n’avoir rien à perdre pour « oser » le mélodrame. Les biographies de Douglas Sirk et de Rainer Werner Fassbinder sont même si douloureuses qu’elles nous inspirent une hypothèse terrible : peut-être faut-il « brûler » pour faire un cinéma flamboyant, être passionné pour signer des œuvres exaltées, quitte à paraître excessif voire ridicule à certains. A ceux qui possèdent ce que Fassbinder appelle « cette triste supériorité, chez les humains, de celui qui aime le moins. »

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INTRODUCTION : LE MÉLODRAME, TOUTE UNE HISTOIRE DU CINEMA

« Ce n’est qu’un mélo… » : il n’est pas rare, encore aujourd’hui, qu’une œuvre cinématographique soit qualifiée péjorativement de mélodrame. Le mélodrame a « mauvais genre » et essuie régulièrement les critiques suivantes :