[ENTRETIEN] Cédric Anger & Guillaume canet

Aborder un fait divers criminel au cinéma est toujours un exercice de haute voltige pour tout cinéaste, déjà ne serait-ce qu’en termes de narration et de mise en scène, ensuite sur l’élaboration d’un point de vue inédit qui viendrait contrebalancer les lourdeurs du film-dossier. Dans le cas du troisième long-métrage de Cédric Anger (également scénariste cette année sur L’homme qu’on aimait trop d’André Téchiné), centré sur la fameuse affaire du « tueur fou de l’Oise » qui avait défrayé la chronique à la fin des années 70, on ne peut pas dire que le résultat nous ait franchement convaincu. Notre entretien avec le réalisateur et son acteur principal Guillaume Canet a néanmoins permis d’obtenir de nombreuses réponses sur la conception d’un film certes plus qu’inégal, mais blindé d’une batterie d’intentions louables sur l’exploration d’un cas inédit de folie criminelle. Et surtout, de déterminer comment un tel rôle, difficile à incarner en tant que tel, a pu prendre chair à ce point-là sur grand écran grâce à son interprète. La parole est à la défense…

Courte-Focale : Pourquoi vous est venue l’idée d’adapter ce fait divers en particulier ?

Cédric Anger : Tout est parti de l’affaire criminelle à proprement parler, que j’avais trouvée assez dingue et qui, au travers du livre d’Yvan Stefanovitch (d’après lequel on a tiré le scénario), m’a permis tout de suite de déceler un personnage fascinant à filmer. Le fait de voir un criminel et un gendarme réunis par la même personne, le fait de voir tout à coup un serial-killer dire à ses victimes « Attention, je vais vous faire mal ! » pour ensuite le voir rendre victime à ses victimes à l’hôpital en leur demandant des informations sur l’agresseur… Ce n’est pas très commun comme affaire ! Je visualisais donc déjà une histoire en matière de séquences, mais aussi et surtout un personnage dont j’avais tout de suite très envie de faire le portrait. J’ai d’ailleurs en envie très vite de le suivre plutôt que d’être dans la traque, plutôt que de suivre ceux qui enquêtent sur lui. En général, si l’on prend le parti pris de la traque, le serial-killer va grossir dans l’imaginaire du spectateur tant qu’il n’a pas été arrêté ou identifié. Or, ce qui m’intéressait chez lui, c’était de montrer sa fébrilité et ses faiblesses, mais aussi son côté « brouillon ». Cela le rend à mon sens infiniment plus violent et perturbant qu’un serial-killer de cinéma qui tuerait en fonction d’un certain rituel. Alors, certes, il y a eu certes plusieurs films qui ont eu ce parti pris-là, mais ce n’était pas celui que je souhaitais adopter.

Par rapport aux deux autres films que vous aviez faits (Le tueur et L’avocat), ce film-là semble être tout aussi comportementaliste, mais aussi plus axé sur l’ambiguïté du personnage principal, dans le sens où celui-ci reste ici à l’état de mystère. Etait-ce là ce que vous souhaitiez creuser avec ce personnage ?

C.A : Disons que mon goût de cinéma m’oriente souvent vers des personnages assez mystérieux, voire pas forcément sympathiques. Traditionnellement, on disait souvent qu’au cinéma, le personnage principal devait être le spectateur « en mieux » et que la caractérisation du méchant était orientée vers le second rôle. Aujourd’hui, le spectateur est plus adulte, et je pense que l’on peut prendre le personnage négatif comme axe principal du récit. Plus on accompagne ce personnage, plus on peut trouver chez lui une humanité, quelque chose d’ordinaire, voire même une certaine compassion. C’était en tout cas le pari à réussir avec ce personnage-là. De plus, le fait de commencer comme un film de genre (on découvre Guillaume pas à pas, car, au départ, on ne voit pas son visage, etc…) et de dériver progressivement vers un contexte plus réaliste allait me permettre de le rendre plus réel, plus incarné. Du coup, il y avait l’occasion d’en faire avant tout un caractère plutôt qu’une figure de film de genre.

Guillaume, avec le film d’André Téchiné cette année, est-ce que c’est votre période « méchants du cinéma français », qui plus est dans des adaptations de faits divers ?

Guillaume Canet : (sourire) Non, pas du tout. C’est une pure coïncidence. Dans ma carrière, je n’ai jamais choisi mes rôles en me basant « Alors là, c’est ma période méchants, puis là, c’est ma période gentils, etc… ». Ce sont à la base des scénarios que je lis, qui me plaisent, qui me donnent envie d’en être et que j’ai envie de raconter. Après, le fait qu’il s’agisse là de deux films inspirés de faits divers reste une coïncidence. Il s’avérait surtout que c’était deux beaux scénarios, écrits par ce monsieur… (il désigne Cédric Anger)

C.A : Ça doit sûrement venir de ça ! Le goût pour les salopards ! (rires)

G.C : Par ailleurs, j’ai joué juste dans le film de Stephen Frears [NDLR : un biopic sur Lance Armstrong, où Canet joue le rôle du médecin corrompu Michele Ferrari], qui est lui aussi basé sur un fait divers et sur un personnage existant. Mais à chaque fois, je fonctionne toujours sur l’histoire. J’ai toujours envie de me mettre au service de celle-ci.

Et lorsque l’on joue un personnage issu d’un fait divers, quelle est la base de votre travail en tant qu’acteur ? Est-ce purement le scénario, ou est-ce aussi un processus de documentation que vous effectuez en amont ?

G.C : Je dirais que cela dépend de la qualité du scénario, à vrai dire. Ce qui est aussi très important, ce sont surtout les informations que l’on peut avoir au travers du scénario. Là, le scénario et la manière dont le personnage est décrit étaient déjà très forts. Et ce qui me semblait intéressant avec ce personnage, c’était de jouer la situation au premier degré, parce qu’il est toujours extrêmement sincère dans ce qu’il est. Quand il est gendarme, il est extrêmement sincère. Il est droit, il est doué, il est volontaire, il sait ce qu’il veut, mais il ne « joue » pas au gendarme. Et dans les moments où il est perdu, il est perdu pour de vrai. Il m’apparaissait intéressant de se rendre compte que cette folie et ce déséquilibre allaient être compréhensibles à travers la rencontre entre ces deux mondes, entre ces deux perceptions. Mais il ne fallait surtout pas tomber dans le piège de la performance, à savoir le fait de jouer un gendarme qui tente de prouver aux autres qu’il est un bon gendarme. Parce que pour moi, ce personnage n’est pas un acteur, mais un vrai gendarme.

C.A : C’est même la première chose que Guillaume m’a dite quand il m’a indiqué qu’il avait très envie de jouer ce personnage. Il voulait jouer un personnage qui ne soit jamais au second degré, qui ne permette pas au spectateur de se dire « Oh là là, il joue bien la comédie, lui ! ». C’est un type auquel on croit lorsqu’il est gendarme. D’ailleurs, le véritable Alain Lamare était comme ça : il a été diagnostiqué schizophrène, cela lui a permis d’échapper à la justice et à la prison, on a découvert qu’il était à fond dans son travail de gendarme, et qu’il était carrément le plus investi de sa brigade ! Le journaliste qui a écrit le livre, Yvan Stefanovitch, a même fait des patrouilles avec lui sur des barrages (où il se trouvait là en tant qu’AFP pour couvrir les agressions dans l’Oise), et il disait que Lamare était le seul gendarme à dire chaque jour « On va l’avoir, ce salaud ! ». C’était le plus motivé, il y croyait à fond. Après, comme tous les bons menteurs, je pense qu’il croyait à son mensonge.

G.C : Mais ça, c’était déjà dans le scénario. Il y avait à la base un personnage qui était très décrit. Après, il y a eu tout le travail avec Cédric, qui s’était déjà énormément documenté, qui avait rencontré plusieurs personnes en rapport avec l’affaire. Ce sont tous ses éléments, sans oublier le livre, qui ont été pour moi une grande source d’inspiration. Après, il y a eu le travail sur l’habit militaire, la manière d’être, le comportement à adopter, le physique à préparer, la gestuelle à définir. Et en outre, je me suis aussi interrogé sur son désir d’être dans les forces spéciales, afin de comprendre ce qu’il aimait exactement là-dedans et de savoir comment sont les personnes qui ont envie d’aller là-bas, etc… Ce sont toutes ces choses-là qui sont venues se greffer petit à petit, mais la base du scénario était déjà extrêmement riche.

Le personnage s’inflige pas mal de sévices pendant le film : il se flagelle, il se scarifie le bras, il prend un bain d’eau glacée, etc… Est-ce que vous avez cherché à comprendre pourquoi il faisait ça ?

G.C : Bien sûr. Je dirais même que, tout au long du film, mon objectif principal a été de comprendre le personnage et aussi de lui trouver des circonstances atténuantes. Quand on interprète un personnage, il faut toujours un peu « l’aimer ». Alors, bien sûr, c’est toujours très délicat, surtout vu les situations que l’on montre ici, sans parler aussi du rapport aux victimes. Mais ce qui m’intéressait le plus avec ce personnage, c’était l’empathie que l’on peut avoir pour lui. Ce n’est pas un tueur assoiffé de sang qui tue pour tuer, c’est quelqu’un qui souffre. Quand il passe à l’acte, il prévient ses victimes qu’il va leur faire du mal. A plusieurs reprises, il va même jusqu’à les rater alors que c’était un très bon tireur. Dans ces moments-là, ce sont ses émotions qui le perturbent, et cela permettait de comprendre l’état psychologique dans lequel il est. On sait qu’il y a aussi le côté pompier-pyromane qui met le feu à la forêt par pur besoin d’adrénaline, le désir de montrer aux autres gendarmes qu’il est le meilleur même si son grand rêve d’intégrer les commandos a été brisé à la suite d’un refus de sa hiérarchie. Mais tout part ici d’un dérèglement psychologique. Il y a eu évidemment, au travers des discussions que j’ai eu avec Cédric, l’envie de saisir pourquoi il se faisait du mal. Mais je pense que le mal en question est très bien exprimé dans les scènes avec son frère, quand il le voit vomir et qu’il lui indique que c’est une bonne chose de se « purger ». Beaucoup de militaires ont cette façon de penser, et adhèrent à cette idée que tout ce qui passe par la douleur et la souffrance est une bonne chose. Même dans la scène des barbelés, il y a une certaine jouissance mentale dans le fait de s’infliger cette douleur.

C.A : Je pense aussi que l’imaginaire chrétien est très présent là-dedans. Le vrai personnage était comme ça : il avait une vraie forme de droiture. Il y a quelque temps, je lisais des textes de poètes et d’intellectuels qui avaient été au front durant la guerre de 14-18, et qui disaient qu’aller au front, c’est monter en paix. Ce sont des déclarations aberrantes, mais qui partent de choses qui ont été ressenties réellement. On peut aussi retrouver cela dans l’œuvre de Bernanos, par exemple, où le mal peut être synonyme d’extase. On a d’ailleurs gardé une scène que Guillaume a proposée en plein tournage : il s’agit d’un plan où le personnage semble être en extase pendant qu’il se scarifie le bras avec les barbelés. Je pense que ce personnage a un rapport à la souffrance qui naît de son envie de se « purifier ». Mais après, je me contente juste de suivre son comportement sans prétendre donner une explication définitive. La seule certitude que j’avais, c’était de ne jamais comprendre totalement ce personnage. Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, ma première question était « Pourquoi a-t-il fait ça ? ». Aujourd’hui, je n’ai toujours pas la réponse.

Est-ce que vous connaissiez déjà l’affaire avant de lire le scénario ?

G.C : Je la connaissais vaguement, j’en avais entendu parler il y a longtemps, mais là, pour le scénario, je me suis replongé dans l’émission Faites entrer l’accusé ainsi que dans le livre, et c’est comme ça que je me suis progressivement à nouveau intéressé à cette affaire, qui est en soi extraordinaire à suivre.

Comment est-ce que vous avez travaillé sur les décors et les lumières, afin de constituer cette ambiance très lourde et très glauque ? Et vous Guillaume, comment vous êtes-vous servi de ces décors pour incarner votre personnage ?

G.C : Merci pour cette question ! Il faut que je précise que cela m’a énormément servi pendant le tournage. Quand j’arrivais sur le plateau, il y avait à chaque fois cette atmosphère qui était très forte. Dans le dossier de presse, j’évoquais souvent que le personnage avait fini par me manquait une fois le tournage terminé. C’est parce qu’à chaque fois, il y avait quelque chose de très jouissif en tant qu’acteur, quand j’arrivais sur le plateau ou dans n’importe quel décor, d’investir cette ambiance purement cinématographique, avec la lumière, les décors, etc… J’étais plongé dans le décor à nouveau, comme si c’était le décor intérieur du personnage, un peu comme l’est déjà son appartement, avec le lit bordé de façon impeccable et la pièce secrète, ou encore l’appartement du vieil homme que je viens voir à un moment donné dans le film, etc… Et quand vous êtes acteur et que vous rentrez dans un décor comme ça, cela aide énormément à se plonger dans cette atmosphère que Cédric a créé dans le film. Pour moi, l’atmosphère est un personnage du film à part entière. Par ailleurs, on me demande souvent si jouer ce personnage ne finissait pas par créer un effet de solitude, et en réalité, ça n’a jamais été le cas : même dans les scènes où je suis seul à l’écran, je n’avais jamais l’impression d’être seul. Cette ambiance devenait alors un partenaire.

C.A : Sur la conception des décors et de la lumière à proprement parler, il fallait d’abord faire un film de climat et d’ambiance, bien évidemment, ce qui rejoint ce que vient de dire Guillaume, tout en y intégrant des réminiscences de ma propre perception de l’époque. Il s’agissait pour moi de me fier à mes impressions plutôt qu’à la stricte réalité. Et puis aussi, je voulais qu’il s’agisse d’une sorte de projection du mental du personnage. A chaque décor, il fallait que l’on sente un lien intrinsèque avec lui, afin que le film devienne une sorte de traversée d’atmosphères reliées à sa psyché. Il fallait capter ses sensations au travers de ces décors. Cela rejoint d’ailleurs le travail sur la lumière, qui est certes réaliste, mais en même temps ancrée dans le mental sombre et renfermé du personnage.

Vu sous cet angle, on peut parler de ces scènes de visions avec les vers de terre…

C.A : Oui, mais là, il s’agit d’une projection purement mentale… En fait, ce que l’on voulait faire avec Thomas Hardmeier [NDLR : le chef opérateur du film] dans les scènes de voitures, qui ont été tournées en travelling, c’était d’avoir une vraie lumière dans le naturel de la caméra portée, pour éviter que l’image paraisse trop figée. Cela témoigne de notre objectif d’avoir une lumière à la fois réaliste et qui, en même temps, puisse raconter un peu autre chose.

Concernant l’affaire en tant que telle, quels ont été les principaux ajouts fictionnels que vous avez choisis d’intégrer dans le scénario, et pourquoi ? Est-ce que la sous-intrigue avec Ana Girardot en faisait partie ?

C.A : Cette sous-intrigue a été inspirée d’éléments réels, à vrai dire. Le livre d’Yvan Stefanovitch est un livre exceptionnel, d’abord parce qu’il suit l’affaire quasiment au jour le jour, ensuite parce qu’il contient des éléments fascinants. Pour utiliser une métaphore, c’est un peu comme les dessins d’enfants où il y a des chiffres sous forme de points (1, 2, 3, 4, 5, etc…). Lorsqu’on les relie, cela donne une matière. Et dans cette affaire criminelle, il y avait des points. Dans les faits, Alain Lamare a eu une histoire avec une fille qui travaillait dans un hôpital psychiatrique, qu’il avait rencontrée en patrouille, et qui s’est occupée ensuite de repasser ses vêtements. Il a fini par sortir avec elle, et la relation s’était mal terminée lorsqu’il a été question d’un mariage. Cette fille se trouvait dans une situation difficile qu’elle avait envie de résoudre en se mariant avec lui, et à ce moment-là, il a été très méchant avec elle. A partir de là, j’ai donc échafaudé une histoire, mais je suis resté fidèle aux points réels de l’affaire. En fait, du côté des interprétations personnelles, il y a surtout la scarification. J’ai appris que Lamare mettait des cailloux dans ses chaussures avant d’aller travailler et qu’on avait aussi retrouvé des barbelés dans son appartement. Il y avait donc un rapport à la souffrance qui était bien là… C’est vrai qu’il y avait tant de choses en plus à raconter sur cet homme, que ce soit les braquages de bureau de poste qu’il a commis, les mises en scène qu’il a élaborées afin de narguer ses collègues gendarmes, etc… On aurait presque pu faire une série sur ce personnage ! Mais plus globalement, j’ai tenu à adapter le fait divers aux codes romanesques, afin de dégager une ligne qui soit celle du film. Mon idée, c’était de pouvoir tracer cette ligne, et d’offrir une unité au film en matière de rythmique et de musique.

Vous mentionnez justement la musique. Dès l’écriture du scénario, aviez-vous déjà pensé à cette musique qui est très présente tout au long du film ?

C.A : Oui, c’était déjà présent à l’écriture. J’avais deux références en tête : soit les musiques de Benjamin Britten ou d’Arvo Pärt (qui sont des musiques très contemporaines mais pas tellement mélodiques), soit une musique beaucoup plus électro. J’ai essayé cette dernière sur les premières séquences, et cela faisait très film de genre, voire trop. On n’était plus dans le portrait du personnage. On était alors dans le « genre », avec tout ce que cela peut impliquer de références, d’éléments connotés, etc… Or, la musique devait refléter les sensations du personnage, et pas quelque chose de cinéphile ou je ne sais quoi. Donc, tout de suite, je suis allé vers des musiques plus posées, plus classiques, qui permettaient de comprendre et de ressentir ce que vivait le personnage. Après, il est vrai que, quand on pose une musique sur une scène, on peut s’interroger sur la nécessité de la rajouter et sur son effet véritable sur la scène en question. Mais dans notre cas, on s’est aperçu que c’était encore mieux avec cette musique.

Il y a un plan très marquant dans le film, c’est celui qui ouvre et qui referme le film : on y voit alors un tableau de femme dans la chambre du protagoniste. Quel sens souhaitiez-vous donner à cette image, et aviez-vous prévu dès le départ d’inclure cette « boucle » dans la narration ?

C.A : Oui, tout à fait, la boucle était prévue. Après, pour ce qui est du « sens », je n’aime pas enfermer les films dans un sens en particulier. J’aime bien laisser des portes ouvertes et qu’il y ait plusieurs interprétations possibles. L’idée de faire cette boucle vient du fait que je pensais que le spectateur allait ressentir différemment le regard de cette femme à la fin du film, surtout au vu de tout ce qu’il venait de vivre pendant deux heures.

G.C : Mais la photo est vraie, je le précise ! Lamare avait vraiment cette image chez lui…

C.A : C’était même la première chose que l’on voyait quand on rentrait chez lui. Il s’agissait d’une photo très marquante de David Hamilton. Les photos d’Hamilton sont en général plus lascives et ne regardent pas leur spectateur, alors que celle-ci donnait l’effet inverse. Du coup, cela me donnait très envie de la filmer.

Guillaume, pour revenir à la question de la souffrance, comment s’était passé le jour de tournage où vous avez dû plonger dans ce lac glacé ?

G.C : Quand on a très envie de faire une scène, on a tout de suite envie de bien la faire. Après, c’est vrai que tourner cette scène l’après-midi était plus facile que de la tourner le soir. En plus, j’étais plutôt chouchouté : l’équipe avait préparé une tente chauffée, avec une couverture…

C.A : C’est surtout qu’on était seulement à la troisième semaine de tournage, il ne fallait surtout pas que tu tombes malade ! (rires)

G.C : On a tourné le film dans un temps très court (environ 36 jours), et il ne fallait effectivement pas que je tombe malade. L’eau était à 3°C, j’avais une combinaison sur moi pour me protéger, mais le pire, c’était l’effet de cette température glaciale sur la tête, qui provoque le vertige et donne à ressentir la compression du froid dans les tempes. Dans la scène où je sors de l’eau et où je tombe dans la boue, ce n’est pas du tout du chiqué, je lutte pour arriver au bord de l’étang… Oui, c’était assez difficile… (sourire)

Propos recueillis à Lyon le 3 novembre 2014 par Guillaume Gas et Guillaume Perret. Un grand merci à Candice Pelletier du cinéma Pathé Bellecour, ainsi qu’à Florence Salfati de Judaïciné dont certaines questions ont été reprises ici.

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