Annecy 2016 : le programme

Cette année, abandonnée je suis par le grand chef qui couvrira le festival pour sa chaîne Youtube Anima. Je suis donc seule maître à bord, tremblez ! Mais entrons rapidement dans le vif du sujet…

Premier contact avec le festival 2016 : son affiche et son thème. Vous l’aurez compris, cette année, la France sera à l’honneur et il faut avouer qu’on a vu plus folichon. Si cela permettra des rétrospectives intéressantes et une jolie mise en valeur du patrimoine français, il sera toutefois malaisé de nouer un lien entre cette coloration hexagonale et la programmation. L’an dernier, il était par exemple plus facile d’aborder certains films en se concentrant sur le point de vue de leurs héroïnes féminines, d’autant plus que de nombreuses oeuvres leur faisaient alors la part belle (Miss Hokusai, Avril et le Monde truqué, Tout en haut du monde, Rocks in my pockets, etc) mais je réfléchis peut-être de manière opportuniste, en vue de futurs articles analytiques. Eh quoi, je n’attendais tout de même pas que le festival me mâche le travail ? C’est donc un peu perdu qu’on se plonge dans une sélection éparse sans pouvoir s’y orienter par le biais de son thème. Mais peu importe, la fleur au fusil, on s’attelle à la tâche à coup de lecture de pitchs et de visionnage de teasing, se laissant séduire par les premiers visuels… Ou pas.

Alors, quelles attentes pour Annecy 2016 ? Du côté des long-métrages, vous me direz sûrement qu’il y a Ma Vie de Courgette en compétition et qui a fait sensation à Cannes, eh bien vous avez raison car en à peine quelques secondes, la bande-annonce se veut aussi drôle que charmante. Dès lors, on trépigne d’impatience. Ensuite, on note en séance d’ouverture la projection de La Tortue rouge, sous l’aura bienfaitrice de Ghibli. Pour ce qui est de la leçon de cinéma de Del Toro, annoncée de longue date, voici un aperçu de mon état à l’ouverture des réservations :

Cependant, ceux qui ont pu lire l’un ou l’autre de mes articles connaissent mon amour pour les grandes aventures contemplatives. L’an dernier, j’avais totalement succombé à Tout en haut du monde et ses aplats de couleur, rien de tel ici. Par conséquent, mon petit coeur n’a pas vibré immédiatement en découvrant les films projetés. Aucun ne semble réellement sortir du lot, excepté peut-être Psiconautas qui m’intrigue énormément. Les jours passent et l’attente de ce film commence à grandir dans mon être, comme si le temps avait la capacité de catalyser les envies. Le film franco-espagnol pourrait bien nous envoûter par son univers aussi sombre que décalé car un univers post-apocalyptique comme celui-ci, vous n’en avez sûrement jamais vu. En revanche, je peinerais à vous citer d’autres oeuvres tant mes espoirs sont diffus (diffus mais pas nécessairement déçus). Certains pitchs m’ont séduite mais leur bande-annonce m’a repoussée (Capture the flag) et d’autres comme Bilal, Kai, The Anthem of the heart, Un Rêve solaire, Gamba, Nuts ou Window Horses semblent prometteurs mais il est difficile de savoir à quoi s’attendre. Et finalement, c’est tant mieux car ce festival sera peut-être celui de toutes les surprises ! Cette année, nous vous promettons aussi un intérêt pour les court-métrages en compétition ; devant la densité du festival, nous les avions mis de côté l’année passée, cette fois, nous ne faillirons pas.

Cocoricooo

Si l’an dernier Adama marquait une première pour l’animation française sur l’île de la Réunion, on remarque que le pari est renouvelé pour l’année de la France, en effet le réalisateur Jean-François Laguionie, amoureux de la Bretagne, y a fait produire le film. C’est une certitude : on ressortira de Louise en hiver les cheveux en pagaille et avec le goût de l’embruns sur les papilles.

Un cadeau venu du pays du Soleil Levant

Cadeau majeur de cette édition aux passionnés d’animation japonaise : en première française, la projection de la version restaurée et en 4K de Belladonna. On rappelle que ce chef-d’oeuvre de 1973, réalisé par Eiichi Yamamoto, appartient à une trilogie culte de films érotiques produite par Osamu Tezuka.

Après un passage au Japon, un détour par l’Océan pacifique ne sera pas non plus de refus, et ce, via les premières images de Vaiana, la légende du bout du monde qui s’annonce peut-être comme la nouvelle Odyssée. Au souffle maritime de Louise en hiver succédera donc un vent d’océan, et pas le moins épique.
Et on vous le dit déjà, on frétille d’impatience à l’idée de rencontrer John Musker et Ron Clements, les illustres réalisateurs, d’Aladdin, La Petite Sirène et d’autres légendes Disney.

Il serait bien vain d’en dire plus ou de se documenter à outrance sur la programmation ; lui asséner des projections mentales reviendrait à étouffer la naïveté enfantine qui nous anime à la découverte de nouveaux univers. On se contentera donc de vous guider brièvement à travers la liste des films en compétition qui, vous l’aurez compris, se veut particulièrement éclectique.

25 April : La Nouvelle-Zélande s’intéresse à un pan de son histoire qu’on aborde peu en France : l’invasion de Gallipoli en Turquie. L’esthétique nous rappelle la bande-dessinée et les expériences des soldats nous parviennent à travers de souvenirs éphémères, comme des souvenirs qui ressurgiraient, tellement plus vivants que des images d’archives impersonnelles.

La Guerre des tuques 3D : Ce remake reprend un des plus grands succès populaires des années 80 au Québec, réalisé par André Melançon. Avouons que je n’en avais jamais entendu parler mais qu’inévitablement, il me rappelle La Guerre des boutons. L’adaptation des grandes sagas familiales continue de battre son plein, en France nous avions justement eu deux remakes de ce dernier et Annecy 2015 nous avait permis de découvrir Doraemon en 3D, un délicat équilibre à trouver en respect de l’esprit originel et modernité. Une comédie à voir en famille qui pourra faire écho aux autres récits initiatiques projetés cette saison.

La transition est toute trouvée pour parler de Ma Vie de courgette :
Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.”

Ovationné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, on sent immédiatement qu’il fait partie de ceux auxquels il est dur de résister. Céline Sciamma (Tomboy) se colle au scénario et on retrouve l’univers plastique de Claude Barras à la réalisation. À la lumière des déclarations de cet habitué des court-métrages jeune public, on comprend l’extrême importance de la stop-motion qui matérialise un certain réalisme social.

For me, there is a close, obvious relationship between the background social realism of the subject and the very concrete shape of the top-motion animation, rooted in the material reality of the shooting. It is a very demanding technique as, unlike digital techniques, we cannot change anything after shooting.

Claude Barras. Et quand le scénario prend vie à l’écran par des techniques profondément cinématographiques, on aime ça.

La Jeune Fille sans mains
“En des temps difficiles, un meunier vend sa fille au Diable. Protégée par sa pureté, elle lui échappe mais est privée de ses mains. Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Un long périple vers la lumière…”
Pour nous rappeler que les contes peuvent être aussi doux que cruels… Ou quand la douceur du fusain caresse l’âpreté du papier.

Psiconautas, the Forgotten Children
“Deux adolescents, Birdboy et Dinki, survivent à la catastrophe écologique qui a dévasté leur île. Birdboy est profondément affecté par la disparition de son père et rongé par le mal-être. Dinky décide de quitter les lieux et entreprend un voyage risqué dans cet univers sombre et hostile, avec l’espoir que son ami oiseau l’accompagne.”
Les Espagnols ont pour habitude de faire du cinéma de genre et de bien le faire, ça ne les empêche pas de toujours réussir à nous surprendre à travers leurs univers hauts en couleur. La bande-annonce nous laisse sans voix.

Seoul Station
Le seul long-métrage asiatique en compétition, en espérant qu’ils ne nous donnera pas envie de bouffer notre voisin…

Window Horses
“Une jeune poétesse canadienne dont les parents sont chinois et persan se rend en Iran pour participer à un festival de poésie.”
Ce film d’animation est adapté d’un roman graphique écrit par Ann Marie Fleming, alias, la réalisatrice connue pour ses engagements sociaux. Financé presque intégralement de manière participative, il interroge le langage et le rapport à l’autre.

Sheep and Wolves
“Dans un pays magique lointain vit un troupeau de moutons insouciants, mais leur vie pastorale est interrompue quand une meute de loups monte le camp dans un ravin tout près. Gray, le favori de la meute, un idiot désespéré, relève le défi de devenir le chef, mais il va faire face à un léger contretemps, et finir dans le corps d’un… bélier !”
On préfèrera découvrir le WIP de Croc-Blanc, dont le seul pitch est déjà bien plus prometteur.

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Et vous, quelles sont vos envies et favoris ?

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