United Red Army

« La révolte… et après ? ». Voici une phrase qui pourrait aisément servir de sous-titre pour ce chef-d’œuvre monumental qu’est United Red Army, mais qui suffirait aussi à illustrer le questionnement intime de son réalisateur Koji Wakamatsu, lequel n’a jamais caché son dégoût de la société japonaise et de toute forme d’autorité. Mener le combat contre le Système, certes, mais à quel prix et dans quel but précis ? C’est tout le sujet du film comme celui qui parcourt une carrière d’une richesse inouïe, sans cesse placée sous le signe de la révolte. Et comme l’annonce encore fraîche de la disparition de Wakamatsu (décédé dans un accident de la route le 17 octobre 2012) laisse désormais un trou béant au sein du vaste paysage de la production cinématographique nippone, justice sera de commencer par revenir sur la carrière de ce génie radical, sa sensibilité d’artiste et son parcours personnel étant des clés décisives pour cerner ce qui l’aura finalement amené à la fabrication d’un tel film. Or, lorsque l’on découvre sa filmographie avec un œil vierge, le choc, voire le dégoût ou la révulsion, provoque un certain impact sur le cortex du cinéphile. Mais pas que : on sent immédiatement une radicalité dans le propos, un désir de souffler sur les braises pour mieux faire réagir et questionner, un peu à l’image de ce que Paul Verhoeven effectuait à travers ses premiers films hollandais. Lors d’un entretien donné à Paris en 2007, le réalisateur mettait les choses au clair : « En tant que cinéaste, ma stratégie est d’être radical dans ma pensée, mais pas dans ma façon de l’exprimer ». Et son parcours personnel témoigne à merveille de ce désir de rester dans la marge : une jeunesse déjà marquée par une certaine forme de rébellion, une intégration dans le milieu des yakuzas dès l’âge de 18 ans, quelques séjours en prison qui viendront accentuer sa colère contre l’autorité, et un retour enragé à travers le cinéma, pour lui la seule activité dans laquelle se venger violemment de ce que l’on hait n’est pas considéré comme un crime. Wakamatsu, le yakuza du 7ème Art ? Oui, sans doute. Surtout que les genres dans lesquels il se sera spécialisé l’auront catalogué comme l’enfant terrible du cinéma nippon : c’est en majorité à travers le pinku eïga, cinéma d’exploitation érotique où le sous-texte politique se mêlent à des scènes d’un sadisme hallucinant, qu’il fait ses armes, en abordant le plus souvent les rapports de domination sous l’angle du sexe et de la violence, tout en conservant la même rage qui n’a jamais cessé de l’habiter. Avec, bien entendu, une confiance absolue envers la croissance d’un désir de révolte chez la jeunesse, qui ne demande qu’à exploser à tout moment.

En France, malgré tout, le cinéaste restera longtemps plus ou moins invisible, sans doute à cause de l’attention critique privilégiant des fleurons de la Nouvelle Vague japonaise comme Yazuhiro Ozu, Nagisa Oshima et Shohei Imamura. D’un point de vue purement médiatique, ses seuls faits d’armes peuvent se résumer en quatre étapes : le scandale né de la présentation des Secrets derrière le mur en 1965 au festival de Berlin (le film créa un incident diplomatique entre l’Allemagne et le Japon), la sortie de L’empire des sens en 1976 (dont il fut le producteur exécutif), l’interdiction aux moins de 18 ans pour son film Quand l’embryon part braconner (réalisé en 1966 et distribué en 2007 dans quelques salles françaises) et l’unanimité critique que la sortie d’United Red Army n’aura pas manqué de susciter en 2009. Quant au reste de sa filmographie, qui compterait plus d’une centaine de films selon la légende, Wakamatsu a avoué lui-même en avoir détruit la moitié il y a longtemps, lorsque le DVD ou toute idée d’un support de conservation pour les œuvres de cinéma n’était encore qu’un rêve. Les quelques coffrets édités par BlaqOut il y a quelques années auront au moins permis d’en extraire quelques-uns des plus beaux fleurons, dont United Red Army peut se prévaloir d’en représenter l’Everest. Un film que le cinéaste aura longtemps évité de réaliser pour une raison précise : au-delà d’un sujet brûlant et polémique (le fiasco du mouvement révolutionnaire mené par l’Armée Rouge Unifiée entre 1960 et 1972), le cinéaste aura bien longtemps subi l’image médiatique d’un ami caché de certains membres de ce mouvement d’extrême-gauche, ne serait-ce qu’en raison de ses idées radicales.

Ce sera finalement l’existence de trois films sur ce sujet, présentant l’Histoire sous un point de vue bien trop consensuel et simpliste (les révoltés y étaient décrits comme des méchants sans idées), qui servira de déclic à la réalisation d’United Red Army, avec une orientation très claire : pénétrer le contexte de l’époque de façon factuelle et transmettre la « vérité » aux générations futures, sans porter le moindre jugement. Une vision un peu oubliée de ce que pourrait être le « cinéma engagé » ou « d’opposition » : ne pas se limiter à assommer l’audience par un trop-plein d’indignation forcée et ne pas délivrer de message idéologique orienté d’un côté comme de l’autre. Autant dire qu’à travers son objectivité et sa croyance en l’intelligence de son public, Koji Wakamatsu n’est absolument pas Ken Loach. Et pour signer son indépendance face à des studios frileux, l’homme aura accumulé les sacrifices : il hypothèque un petit appartement qui lui servait jusque-là de bureau, il met en vente une salle de cinéma de Nagoya dont il était le gérant et, surtout, il va même jusqu’à détruire sa propre maison pour les besoins de la scène finale. Enragé et révolté jusqu’au bout, même au risque de tout perdre.

L’histoire du film est si touffue qu’il fallait bien une fresque massive de 3h10 pour en capter les tenants et aboutissants. Mais une fois n’est pas coutume, il vaut mieux débuter par la fin : le 19 février 1972, cinq étudiants de l’Armée Rouge Unifiée (une faction d’extrême-gauche prônant la lutte armée) investissent le chalet d’Asama Sanso dans la région de Nagano, et retiennent alors la seule occupante (une simple aubergiste). Cette célèbre prise d’otages, retransmise en direct par les télévisions japonaises de l’époque, prendra fin au bout de neuf jours de siège par les autorités policières, qui aboutira à l’arrestation musclée des cinq étudiants et la libération de l’otage. Peu de temps auparavant, la police avait déjà eu le temps de fouiller leurs anciennes planques, d’arrêter les autres membres (dont les deux leaders) et de deviner l’engrenage meurtrier qui avait été mis en place durant plusieurs années : un groupe de militants révolutionnaires qui, pour de nombreuses raisons, en sont arrivés à s’entretuer par idéologie, dans une ambiance de paranoïa, de peur, de torture et de crime gratuit. Tout part donc de là : comment ces jeunes, fortement marqués par la contestation étudiante au cours des années 70, en sont arrivés là ? L’Histoire n’aura retenu que les agissements stupides d’une bande de jeunes criminels sans foi ni loi, mais Wakamatsu, qui n’a jamais caché sa proximité avec les milieux d’extrême-gauche, cherche à élucider les raisons de ce désastre, sans jouer la carte du fantasme. D’où son idée d’élaborer une structure narrative en trois temps qui lui permet d’englober l’intégralité des faits au sein d’une progression dramatique de très haute volée : la naissance du mouvement révolutionnaire, l’entraînement militaire dans les montagnes, et la prise d’otages qui scellera la fin tragique du groupe.

Conception, développement, destruction : ces trois étapes, désormais usitées lorsqu’un artiste aborde la réussite qui précède la chute (une idée aussi vieille que l’Empire Romain), ne servent pas ici de structure démonstrative, où les faits seraient résumés en détail sans point de vue cinématographique. Tout comme David Fincher l’avait fait avec Zodiac, Wakamatsu va utiliser les faits pour aborder un contexte et révéler des éléments contradictoires. Rien que dans le premier tiers de son film, élaboré un peu à la manière d’un docu-fiction de Peter Watkins, le cinéaste condense un nombre faramineux de faits, de dates, de noms et d’images d’archives d’où émergent peu à peu les protagonistes qui donneront naissance à l’Armée Rouge Unifiée. Une optique de reconstitution historique qui multiplie les repères temporels tout en isolant les points-clés : la signature du traité de sécurité nippo-américain en 1951 qui fut la source de diverses émeutes, la contestation qui s’installe alors contre le système en place, la radicalisation des mouvements gauchistes à partir de 1960, la scission de la ligue nationale des étudiants en une multitude de groupes radicaux, l’occupation de l’université de Tokyo (entre janvier 1969 et février 1970) qui se soldera par l’échec total du mouvement étudiant, et la fuite des étudiants les plus radicaux vers une lutte armée qui ira en crescendo. Ainsi naîtront deux groupuscules clandestins : la Faction Armée Rouge (FAR), dirigée par l’impitoyable Tsuneo Mori, et la Faction Révolutionnaire de Gauche (FRG), dirigée par la vénéneuse Hiroko Nagata, qui mettront leurs forces en commun et fusionneront pour former l’Armée Rouge Unifiée…

Tous ces éléments ont beau être indiqués et juxtaposés avec une précision journalistique assez rare, c’est bien de cinéma qu’il s’agit. La première astuce de Wakamatsu est de susciter le doute sur la dimension documentaire du récit : si les photos et les images d’archives abondent en masse, la mise en place de cartons significatifs à la Godard et de séquences de reconstitution installent le film dans un cadre fictionnel extrêmement instable. Du coup, bien que le contexte soit clairement identifié et la chronologie établie, le réalisateur élabore un chaos plastique d’une grande complexité, qui marque surtout son choix judicieux de ne pas révéler le socle idéologique (si tant est qu’il existe vraiment) qui aura engendré la contestation étudiante : on perçoit déjà que les étudiants sont plus occupés à se diviser en factions opposées qu’à s’organiser contre un ennemi commun, que leurs revendications diffèrent sur des détails plus ou moins infimes (la révolte doit-elle être immédiate ou progressive ?), que la jeune génération militante est incapable de s’entendre avec l’ancienne, et que tous ne sont plus que des silhouettes abstraites dont on peine à cerner le schéma idéologique qui les définit. D’autant que l’artificialité des séquences de reconstitution, très éloignées des archives et prenant place dans des décors assez cheap (notons un bar assez irréel où l’on entend « Le temps des cerises »), révèle une grammaire et une esthétique assez paradoxales. Au bout du compte, on perçoit alors un écart très clair entre le désir de révolte originel (incarné par les images d’archives) et l’idéologie révolutionnaire qui n’aura de cesse de pervertir celui-ci, ce que les scènes de reconstitution illustrent à la perfection. Et une fois encore, Wakamatsu ne juge rien. Il reste factuel sur le fond, sa mise en scène n’étant qu’un révélateur.

Beaucoup plus différente et davantage rétrécie sur les individus (ici retranchés dans un lieu unique), la seconde partie du film installe très rapidement une graduation dans l’horreur. Alors qu’une partie des membres de la FAR s’en vont rejoindre les camps d’entraînement au Liban, les membres de l’Armée Rouge Unifiée fuient les cités urbaines et se retranchent dans une baraque isolée au cœur des montagnes de la préfecture de Yamanashi, afin de débuter leur entraînement militaire. C’est là que, sous l’impulsion de leurs deux leaders (le couple infernal formé par Mori et Nagata), le groupe va peu à peu retourner son désir de révolte contre lui-même : chacun se voit alors contraint de se justifier, de faire sa propre « autocritique », de révéler sa propre impureté afin de souligner son appartenance à une vraie révolution (« Par la critique mutuelle, chacun acquiert une conscience communiste »). La machine totalitaire se met alors en marche, multipliant les purges, les tortures et les exterminations avec une cruauté parfois insoutenable, et c’est là que le film révèle son thème central : illustrer de façon objective la dérive d’un groupuscule politique (ici assimilable à une secte) qui aura poussé trop loin la radicalisation de son idéologie, si loin qu’il aura fini par reproduire le dispositif répressif et anti-démocratique contre lequel il s’était insurgé à la base.

Ce que l’on avait abordé il y a peu au sein des documentaires de Rithy Panh se cristallise une fois de plus ici : l’apparition d’un leader charismatique qui scande les dogmes (« Fais ton autocritique ! », un ordre si répété qu’il finit par filer la nausée) donne chair à un schéma de terreur absolue, laquelle s’insinue dans les esprits à travers la puissance du verbe et de la rhétorique, et fait glisser un collectif soudé par un idéal politique sur la pente du totalitarisme. Dans ces instants, Koji Wakamatsu tire parti de son manque de moyens en restreignant son action dans un canevas de huis clos oppressant, où seuls le jeu des acteurs et la scénographie suffisent à porter la mise en scène. Sa réalisation se focalise alors aussi bien sur des plans d’ensembles que sur des gros plans traumatisants (voir le regard perçant de Nagata ou les pleurs sur le visage tuméfié de Toyama), et lui-même choisit de dépasser la limite en laissant les séquences délimiter elles-mêmes leur début et leur fin en fonction du jeu des acteurs, lesquels sont bien sûr poussés au bout de leurs capacités (un peu à l’image de ce que Kechiche avait fait dans Vénus noire).

De ces instants de terreur théâtrale d’où finit par se dégager une incroyable folie autoritaire, le réalisateur cristallise les craintes soulignés dans sa première partie en filmant un authentique cirque de la révolte, où tout transpire le simulacre : il n’y a qu’à voir les étapes de l’entraînement (chanter l’Internationale, courir dans les bois, simuler un tir armé, etc…) ou observer les attitudes de certains membres (ceux qui adoptent une attitude frivole ou critique seront les premières victimes des purges) pour deviner à quel point le chantage et la paranoïa ont déjà gangrené le groupe dès sa constitution, ce que l’on avait déjà perçu dans la première partie. Même sa constitution évoque un dysfonctionnement certain : bien avant que Tsuneo Mori ne devienne le leader du groupe, le film avait déjà pris le soin de le décrire comme un lâche, ayant pris la fuite lors d’une manifestation étudiante à Tokyo, et par ailleurs, si la jeune Toyama aura choisi d’intégrer le groupe, c’est moins par conviction idéologique que pour suivre l’exemple de sa meilleure amie (amante ?), déjà très engagée dans la révolution. Ou comment un collectif soudé pour des raisons individuelles se désintègre pour des motifs absurdes. L’agonie de ces jeunes utopistes, renforcée par le requiem à la guitare électrique composé par Jim O’Rourke (l’ancien guitariste du groupe Sonic Youth), n’en est alors que plus bouleversante.

Au-delà de l’insoutenable (ici aussi bien physique que mental), Wakamatsu effectue donc la critique la plus radicale de tous les systèmes répressifs, et nous prive surtout de toute empathie vis-à-vis des bourreaux : aucune identification possible, juste le souhait de rester à hauteur de l’humain et des actes sans opérer de percée subjective, de confronter des forces contraires, et de ne jamais surligner l’origine de cette violence. Ce qui peut frapper le plus reste l’impression trompeuse d’avoir apparemment livré un pamphlet critique vis-à-vis de la lutte armée et de toute forme d’idéologie révolutionnaire : ceci est totalement faux, car, si réquisitoire il y a, il est clairement contre l’aveuglement idéologique. Cela se vérifie sans difficulté lors de la prise d’otages finale, durant laquelle, en étant enfin confrontés à la réalité (ils sont assiégés par des forces extérieures) et beaucoup plus ouverts sur celle-ci, les derniers militants du groupe font enfin la seule véritable autocritique qu’ils auraient dû faire il y a bien longtemps : « Nous n’avions aucun courage ». L’un des plans les plus évocateurs du film était au diapason de ce constat tragique : on y voyait les membres du groupe en train de marcher tout droit dans une tempête de neige, sans direction claire, avec les images de leurs camarades exécutés qui apparaissent en surimpression sur l’écran, le tout sous un air de violon mélancolique qui renforçait encore l’absurdité de leur lutte. Du coup, que le film soit militant ou pas n’a aucune importance, tant il est évident que Wakamatsu jette ici un regard avant tout rétrospectif sur cette période et recherche la lucidité à force de disséquer un tel processus de destruction et de paranoïa. Autant dire qu’on en sort avec une sacrée boule au fond de la gorge et un début de larmes au bord des yeux.

C’est précisément au travers de tous ces détails qu’United Red Army porte le cinéma de Koji Wakamatsu au zénith de ses possibilités : si l’on peut laisser de côté le fait qu’il s’agissait du film le plus vital de sa carrière (ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il évoquait souvent sa difficulté à le réaliser), on peut clairement y voir un condensé de sa pensée artistique (oser et provoquer pour chercher la vérité, même si elle dérange), un raccourci sidérant de la radicalité formelle et esthétique qui parcourait tout son cinéma (chaque plan est porteur d’une dizaine d’idées), un équilibre beaucoup plus affirmé entre le genre populaire et l’expérimentation avant-gardiste (durant tout le film, on pense autant à Jean-Luc Godard qu’à Fritz Lang), un tableau frontal et complexe de cette révolte humaine qu’il chérissait depuis toujours et, plus que tout, un hommage rendu à ces jeunes utopistes à peine sortis de l’adolescence qui rêvaient si fort du changement qu’ils ont finalement signé leur propre perte. Tout au long de sa filmographie, Wakamatsu ne jugeait jamais ses personnages : il se contentait de les filmer tels qu’ils étaient, avec leurs doutes, leurs ambiguïtés, leurs contradictions, leurs bons et leurs mauvais côtés. Et son désir de révolte en faveur des générations futures (auxquelles ce film est très clairement destiné) passe par la radicalisation et l’agitation des esprits. Raccourci magistral sur l’interpénétration entre la fiction et la réalité, la première permettant d’accompagner la seconde dans l’espoir d’y créer un début de réflexion. C’est ça, le cinéma de Koji Wakamatsu. Ou plutôt, c’était ça, avant son décès tragique et inattendu. Non, le cinéma japonais ne sera plus jamais le même…

« Je ne changerai jamais, je resterai toujours contre le pouvoir »
Koji Wakamatsu (1936-2012)

Réalisation : Koji Wakamatsu
Scénario : Masayuki Kakegawa, Asako Ôtomo, Koji Wakamatsu
Production : Koji Wakamatsu, Asako Ôtomo, Noriko Ozaki
Bande originale : Jim O’Rourke
Photographie : Tomohiko Tsuji
Montage : Koji Wakamatsu
Origine : Japon
Date de sortie : 6 mai 2009

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