L’autre monde

REALISATION : Gilles Marchand
PRODUCTION : Haut et Court, Canal Plus, France 2 Cinéma
AVEC : Grégoire Leprince-Ringuet, Louise Bourgoin, Melvil Poupaud, Pauline Etienne, Pierre Niney
SCENARIO : Gilles Marchand, Dominik Moll
PHOTOGRAPHIE : Céline Bozon
MONTAGE : Robin Campillo
BANDE ORIGINALE : M83
ORIGINE : Belgique, France
GENRE : Drame, Thriller
DATE DE SORTIE : 14 juillet 2010
DUREE : 1h44
BANDE-ANNONCE

Synopsis : C’est l’été dans le Sud de la France. Gaspard est un adolescent heureux qui partage son temps entre ses amis et sa copine, Marion. Mais Gaspard va rencontrer Audrey et sa vie va basculer. Car Audrey est belle, sombre et double. Sur un jeu en réseau, elle se fait appeler Sam et cherche un partenaire pour mourir. Pour tenter de l’approcher, Gaspard se crée lui aussi un avatar, Gordon, et part la retrouver dans le jeu Black Hole…

Essayer de réhabiliter un film mal accueilli à sa sortie est une chose, tenter de percer en quoi il fut mal reçu en est une autre. Pour le coup, avec L’autre monde, on ne va pas avoir trop de mal à pointer du doigt les erreurs de jugement qui ont conduit le second film de Gilles Marchand à subir les foudres de la critique lors de sa sortie en été 2010. Ce sera même plus facile que prévu : les erreurs, il n’y en a qu’une seule, à vrai dire, et comme toujours, elle réside dans la façon d’appréhender le propos du film. Certes, il y avait de quoi, jugez plutôt : le thème toujours aussi actuel des univers virtuels, un élément déclencheur très polémique en guise de point de départ de l’intrigue (la tentative de suicide d’un tandem de gamers) et une narration de thriller où un garçon normal s’aventure dans un terrain trop dangereux pour lui. Autant dire que les gardiens de la morale n’ont pas manqué de ramener leur fraise pour en remettre une couche sur le sujet, tandis que les paranoïaques de la stigmatisation du virtuel s’en sont donnés à cœur joie pour ne voir dans ce film qu’une énième mise en garde des ados contre les activités online, dont les chimères pixellisées ne seraient qu’un vaste tremplin vers les pires dérives. La découverte du film et les interviews du réalisateur posaient déjà de sérieux doutes sur ce positionnement, mais le revoir à tête reposée, loin de toute considération plus ou moins réac, permet un rejet définitif de ce genre de jugement hâtif.

On ne va donc pas prendre de gants. Non, L’autre monde n’est pas le film d’un cinéaste réac qui serait encore coincé au sein d’une époque révolue. Non, il n’a strictement rien d’un film à message ou à thèse : loin de toute idéologie illustrative, ses partis pris de mise en scène orientent au contraire la narration sur la pente du voyage en terre inconnue, attiré par la face cachée du monde et les choses obscures qu’il peut révéler. Et non, une intrigue basée sur un sujet polémique (souvent pour des raisons aberrantes) n’implique pas pour autant l’existence d’un point de vue moralisateur sur celui-ci. A titre d’analogie, adopter ce genre de lecture reviendrait à considérer Roméo & Juliette ou Le comte de Monte-Cristo comme des apologies respectives du suicide adolescent et de la loi du Talion. Cela parait presque idiot de revenir sur cela, mais vu l’aura négative qui continue encore d’entourer (d’enterrer ?) ce film, il est difficile de se retenir. Ce qui fait marcher Gilles Marchand, cinéaste peu pressé (deux films en sept ans !) et doté d’une vraie singularité, échappe même à toute labellisation : réputé pour avoir fait ses preuves comme scénariste (aussi bien pour Laurent Cantet que pour Dominik Moll), sa patte de réalisateur aura explosé en 2003 avec Qui a tué Bambi ?, bijou d’ambiance et d’angoisse sur une jeune infirmière menacée par un énigmatique chirurgien. Création d’ambiances à la fois sombres et menaçantes, goût du mystère narratif, quête d’un découpage sensoriel : tout concourait à investir un « autre monde » filmique, à la fois tortueux et quasi hybride, loin des conventions de l’auteurisme français ou du cinéma de genre bourrin, dominé par des variations de tonalité et de goûts cinéphiles. Et si L’autre monde amène le style Marchand à atteindre un nouveau stade de perfection, il en va de même pour une influence qui n’avait pas manqué de prendre le dessus par rapport aux autres : le cinéma de David Lynch.

OEIL DE LYNCH

A la réflexion, le seul véritable reproche qui aurait pu paraître justifié envers le film réside dans cet apparent surmoi lynchien, puisque Gilles Marchand, loin de s’éloigner de cette influence majeure, aura pris le risque d’aborder un thème précis et de dérouler une structure narrative bien connue, tous deux connectés au mythique Blue Velvet. L’effet de surprise n’est donc pas là, et à vrai dire, on se rend vite compte qu’il n’a même pas lieu d’être. Et l’intrigue, donc ? Quasiment la même que chez Lynch : voici Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet), un jeune homme qui passe de jolies vacances d’été avec sa petite amie Marion (Pauline Etienne) dans le sud de la France, jusqu’au jour où il tombe sur Audrey (Louise Bourgoin), superbe blonde sauvée par Gaspard d’une tentative de suicide et reliée à un personnage sombre nommé Vincent (Melvil Poupaud), en réalité son frère qui manipule en secret les adeptes d’un jeu en ligne nommé Black Hole. Le canevas est connu, les analogies se dessinent : le héros normal (Leprince-Ringuet/MacLachlan), la jeune fille pure (Etienne/Dern), l’objet du désir qui déborde de mystère (Bourgoin/Rossellini) et le pervers machiavélique (Poupaud/Hopper) sont bien là, avec juste une substitution des anciennes formes de perversion (drogue, prostitution, SM) au profit des nouvelles (dissimulation d’identité et suicide collectif par le biais du cyberespace). A première vue, évidemment, on pourrait ricaner de ce genre de remake déguisé d’un thriller lynchien en pleine Côte d’Azur, mais où est le mal à emprunter à ses maîtres si cela consiste à y intégrer sa patte et son point de vue ? Tout comme De Palma n’a jamais cessé de vampiriser Hitchcock pour lui inoculer une dose de perversité plus affirmée (ce qu’il avait fait avec Pulsions par rapport à Psychose), Marchand fait mine de dérouler l’intrigue de Blue Velvet pour la faire très vite diverger sur une autre voie.

Ici, le décalage qu’il installe réside moins dans la révélation progressive de la face sombre de son univers (ce qui rendait le film de Lynch de plus en plus perturbant à chaque scène) que dans un jeu parfaitement équilibré de ping-pong visuel entre deux univers distincts, le tout sous l’angle de la cinéphilie (on y reviendra plus bas). De plus, tout comme le héros de Blue Velvet pénétrait la face cachée d’une petite ville américaine a priori simple et paisible, le héros de L’autre monde intègrera vite un univers virtuel qui ne sera en définitive que la porte ouverte à ses fantasmes. Et là encore, point de jugement moral ou idéologique là-dessus : Marchand va prendre soin de filmer le réel et le jeu de la même manière, comme des représentations inversées (et pourtant si proches) d’un même univers, et son film reste figé aux règles de la fiction, évitant aussi bien la pure retranscription du jeu sur grand écran (quelle en serait l’utilité ?) que l’usage de points d’alerte signifiant le passage d’un monde à l’autre (la fluidité reste le maître-mot du montage). La triple théorie de Gilles Marchand reste en définitive la même que celle de David Lynch : le monde est bizarre, la frontière entre la réalité et le fantasme n’est qu’une vue de l’esprit, et la face cachée du monde réel, forcément la plus sombre, est toujours celle dans laquelle le cinéphile, effrayé et séduit à la fois, aime à se lover.

LE TROUBLE DU VERTIGE

Il convient d’utiliser les guillemets si l’on souhaite aborder la séparation entre « réel » et « virtuel » dans ce film : en effet, comme on l’évoquait ci-dessus, Marchand ne vise pas à accentuer la séparation entre les deux niveaux, mais au contraire à susciter le doute sur celle-ci, voir à l’anéantir de façon pure et simple. Mieux vaut commencer par analyser les deux espaces du film. D’abord, le monde réel. Rien de spécial, à première vue : des décors authentiques, ancrés dans un contexte français et moderne qui transpire la crédibilité à tous les coins du cadre (on aura d’ailleurs reconnu les environs de Marseille), à base de soleil, de scooters, de plages, de détente estivale et de vie provinciale. Ici, Gaspard prend du bon temps avec Marion et ses potes tout en étant marqué par la tentation : la première évoque avec lui le désir d’avoir enfin un rapport sexuel tandis que les seconds (enfin, surtout un en particulier) le gavent de questions sur cette relation. Si l’on ajoute à cela quelques enjeux sans relief apparent, dont les mises en garde répétées du père de Marion (réticent à l’idée que sa fille traîne avec un garçon moins fragile qu’elle), on pourrait croire à un épisode luxueux de Plus belle la vie. On se rend vite compte que tous ces éléments de sitcom ressemblent moins à du remplissage qu’à un piège, et ce pour deux raisons : d’abord par le fait que le réel échappe ici au tableau morose (pour ne pas dire caricatural) d’un décor urbain dominé par la grisâtre pour s’incarner en vitrine ensoleillée et idyllique (là où l’inverse n’aurait fait qu’appuyer la dichotomie), ensuite parce que chaque composante du monde réel semble se miroiter au sein même du monde virtuel dès lors que celui-ci débarque sans crier gare au sein même de la narration (ce que le générique de début, alternant prises de vue réelles et images de synthèse, illustre sans aucune ambiguïté).

En clair, si le réel semble ici couler de source, l’irruption soudaine du virtuel tend à en fragiliser le moindre détail, à multiplier les passerelles et à abolir les frontières. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Gilles Marchand prend soin de filmer des lieux à la beauté esthétique fascinante, pour ne pas dire fantasmatique : les décors exotiques et ensoleillés du sud de la France, alliés aux mouvements virtuoses de la caméra et à un jeu brillant sur les cadrages géométriques et les lignes de fuite, définissent à leur manière une contamination discrète mais perceptible du réel par le virtuel. Citons un exemple frappant : le gigantesque escalier (cadré en plongée verticale) qui mène à l’appartement de Gaspard sera revu un peu plus loin dans le virtuel (mais cadré cette fois-ci dans une optique inversée), sous la forme d’un dédale de marches menant à la scène où l’avatar d’Audrey chante son récital mélancolique. Il en est de même pour les lieux visités aussi bien dans le monde réel que dans le jeu, qui sont basés sur le même concept : en général vides de monde, investis par les personnages en temps réel au gré de leurs déplacements dans le cadre. Le volume humain et la nervosité qui lui est propre ne s’installent finalement que lorsque le décor en question se révèle propice à une certaine tension, surtout sexuelle : dans la réalité, cela se traduit par des plages et des piscines où s’épanouissent les personnages (sans oublier les duels de voitures où l’on joue à se faire peur), et dans le virtuel, il faut chercher du côté des clubs privés et des rues bondées de prostituées.

Concrètement, le réalisateur renoue avec l’approche d’Olivier Assayas sur Demonlover : la fiction traverse le réel et le virtuel à la manière d’une ligne médiane qui ne se courberait jamais, et la fusion des deux espaces vise à recomposer une réalité plus trouble, plus tangible, où le jeu naturaliste des acteurs évolue peu à peu vers une sorte d’apesanteur psychologique. Signe de cette évolution, l’effacement de la distinction réel/virtuel au profit d’un entre-deux que le découpage porte à un degré de fluidité sidérant s’incarne aussi dans l’érotisme dingue des images. On oublie parfois que l’une des facultés du 7ème Art consiste à utiliser la beauté d’un plan et ce qu’elle dégage pour créer de véritables stimulateurs internes, propices à la plus forte des jouissances. Avec L’autre monde, on est servi au-delà des espérances, entre la captation d’un décor estival et blindé de détails identifiables qui sollicitent nos cinq sens (soleil, chaleur, plage, mer turquoise, chairs humaines en sueur, etc…), la puissance corporelle dégagée par les acteurs (en particulier Louise Bourgoin), l’opacité esthétique qui parcourt chaque strate du jeu Black Hole (revoir le film au format Blu-Ray permet d’en mesurer davantage l’impact) et les nappes d’électro planante composées par le groupe M83.

Sur ce dernier point, on aura d’ailleurs droit à l’écoute brève d’une chanson du groupe, qualifiée par Audrey de « plus belle chanson du monde ». Encore une fausse piste, bien sûr : ce qui pourrait passer pour de l’autopromotion flatteuse agit là encore sur le cortex et les sens si l’on accepte d’adopter le même système de perception que le héros (en gros, fermer les yeux et se laisser traverser par les sonorités), d’autant que le morceau est effectivement sublime. Tout le film est à l’image de ce morceau : un déluge de sensorialité qui puise son origine dans chaque élément de mise en scène, qui efface les certitudes au lieu de les brouiller, qui se ressent plus qu’il ne s’explique et qui invite le spectateur à se laisser pénétrer par le rythme, à épouser pleinement cette atmosphère de mystère et de danger, à ne plus chercher à différencier le réel du virtuel. Si bien qu’au final, en restant soudé à ce mouvement de va-et-vient entre les deux régimes de réalité, Gilles Marchand touche du doigt la finalité d’une pure expérience de cinéma : naviguer et flotter dans un océan d’incertitudes, où l’intuitif et la sensation prennent le dessus sur l’intellect et la raison. Avec, pour point d’orgue de cette ballade flottante, un paysage de plage grisâtre en 3D, au bord d’un océan strié de néons bleutés, devant lequel les avatars de nos deux protagonistes partagent en silence leur mélancolie de l’existence.

STAIRWAY TO HEAVEN

Sorte de Second Life clinique et supra-futuriste, le jeu Black Hole tend très clairement à s’éloigner du contexte coloré et surchargé des jeux en réseaux traditionnels pour dévoiler au contraire une esthétique assez minimaliste, sobre et élégante, marquée avant tout par le goût du design et finalement très inhabituelle pour un cadre de réalité virtuelle. Mais surtout, il se perçoit vite comme n’étant rien d’autre que la face cachée d’une réalité de plus en plus virtuelle, aussi bien dans son allure que dans l’opacité des rapports humains qui la composent (d’un côté comme de l’autre, les personnages ne savent pas toujours comment se parler ou s’aborder). Dans le réel comme dans le jeu, chacun semble dans un état second, et c’est là que, bien plus que celle des autres acteurs (pourtant excellents) qui composent le casting, la présence de Louise Bourgoin forme un atout inattendu.

Certes, il n’est plus un secret pour personne de voir en elle une beauté comme le cinéma français n’en révèle que trop rarement, et sa plastique affolante reste à elle seule un spectacle magnifique, d’autant que la miss s’est déjà révélée très crédible chez Anne Fontaine ou Frédéric Beigbeder. Or, son rôle dans L’autre monde lui confère une aura stupéfiante, un peu comme si l’incarnation d’un être ambigu et mystérieux jusqu’au bout, uniquement définissable par son corps de rêve et son schéma interne difficile à cerner, en faisait quelque chose d’indéfinissable, un mystère jamais transcendé. Inutile pour elle de se lancer dans de longues diatribes verbales, sa simple présence dans le cadre crée d’emblée un vrai trouble en même temps qu’elle semble révéler une certaine fêlure, ce que Gilles Marchand semble avoir perçu depuis le début chez elle. L’actrice devient alors virtuelle, trop belle et trop mystérieuse pour être réelle, désireuse de garder son fantasme d’un éden numérisé jusque dans la mort, et cela ajoute encore au trouble réel/virtuel en le déplaçant sur le terrain de l’incarnation charnelle (voir l’excellente accroche présente sur l’affiche : « Elle est inaccessible, son avatar ne l’est pas »).

En outre, son personnage aura vite fait de devenir l’épicentre d’un propos plus souterrain, traduisant la lutte entre Eros et Thanatos sous un angle sexy et moderne. De toute façon, bien au-delà de la notion du réseau social propre au jeu en ligne, Marchand s’attache avant tout à épouser des états pulsionnels et à montrer le pouvoir d’attraction de l’inconnu. Ici, Gaspard utilise son avatar dans le seul but d’attirer Audrey vers lui, sans se douter que l’avatar de celle-ci cache un terrible piège tendu par Vincent, ce dernier cherchant à protéger sa sœur en manipulant tous ceux qui utilisent le virtuel comme d’un outil pour l’approcher. Pour autant, s’il réussira à en sortir vivant, ce ne sera hélas pas le cas d’Audrey : déjà vidée de toute énergie interne, cette jolie poupée blonde ne peut effacer son désir d’avancer vers le danger et, désormais sans âme sœur qui lui servirait de camarade pour le grand saut, atteindra finalement cet « autre monde » tant désiré (la mort).

Pour finir, en complément de cette faculté à s’immerger dans les méandres de l’inconscient, Gilles Marchand réussit également à rendre le réel fantasmatique par le biais de sa cinéphilie, et ce en l’intégrant au cœur même du processus visuel du film. Si le souvenir de Blue Velvet tend bien évidemment à monopoliser l’attention, les clins d’œil ne manquent toutefois jamais de s’incarner dans la plupart des séquences, sous forme de flashs ou de déflagrations soudaines, entre un concert d’opéra mélancolique digne de Mulholland Drive (renvoyant au club Silencio qui faisait basculer ses deux héroïnes lynchiennes dans le spleen absolu), des duels suicidaires à base de voitures survoltées qui évoquent les films de James Dean, ou encore ce plan du bain de minuit de Louise Bourgoin dans une piscine, repris sur l’affiche du film, où l’on croit revivre des bribes du visionnage de Something’s got to give (le dernier film, hélas inachevé, de Marilyn Monroe). Tout sauf gratuits, ces clins d’œil sont comme des balises qui, en s’installant dans le monde réel comme dans le virtuel, contribuent surtout à faire du cinéphile le véritable sujet d’expérience du film, confrontant ses propres réminiscences à de nouvelles approches fantasmatiques rendues possibles par cette perte de repères voulue par le cinéaste. En cela, et ce de la première à la dernière seconde, le film aura su éviter tous les pièges (dont celui de se livrer à des leçons de morale) pour ne voir dans le monde virtuel qu’une porte d’accès vers un horizon quasiment infini de pulsions et de fantasmes cinéphiles, le tout conçu par un cinéaste surdoué qui nous tient en hypnose comme un serpent manipulé par un joueur de flûte. Durant 1h44, le voyage aura été beau, inquiétant, mystérieux, envoûtant à plus d’un titre. Et ça s’arrête là.

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